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S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim]

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Lance M. LarianLance M. Larian


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MessageSujet: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyVen 13 Sep - 18:01

– Tu as lu le dossier que je t'ai donné pour le débat télévisé de demain ?
La douce voix de Bellone traverse l'ouverture de ma porte. Je suspens ma main armée d'une fléchette dans l'air. Mes yeux passent de la belle cible que j'ai accrochée au mur (elle est géniale, elle fait des petites lumières bleues quand je la touche et me crie de sa voie monocorde de machine que je suis un winner) au dernier dossier de la pile qui menace de glisser de mon bureau.
– C'était lequel déjà ?
– Les plans économiques de ta campagne.
– On en a déjà parlé, je vais improviser, comme un dieu, tu sais bien.
– C'est ça.
Je lance la fléchette, en plein dans le mile. La cible clignote en déclenchant une petite musique aigre tapageuse et en chantonnant « You are the best ! »
– Je sais Martha, merci Martha.
Je m'ennuie. Je cherche une autre fléchette dans mon tiroir, mais elles sont toutes plantées dans la cible ou à terre. J'attrape le dossier, je feuillette trois pages en soupirant. Je compte moins de dix secondes pour avoir mal à la tête. Ceci n'est guère distrayant. Pour faire le malin devant les médias, il est important de sortir des chiffres. En tout cas, c'est ce qu'on prétend. Je crois connaître l'essentiel et je n'ai jamais estimé que les encyclopédies sur pattes faisaient de bons orateurs. Faire l'intelligent n'a jamais rendu personne proche des gens. En fait, les gens pensent surtout que vous êtes intelligent parce qu'ils ne comprennent rien de ce que vous racontez sur un air profond de personne qui connaît tous les mystères de la vie. Mais vous savez, personne n'aime ces gens. Et si je me retrouve confronté à l'un d'eux, je sais que je n'en ferai qu'une bouchée, car tout le monde n'attend que de les voir ridiculiser. Je ne suis pas là pour faire en sorte que les gens se sentent minables à côté de moi, je suis là pour être leur vengeur, l'esprit habile qui triomphera des escrocs qui ont un logiciel informatique à la place d'un cerveau aguerri par des millénaires d'expérience pratique. Je suis venu pour la guerre, pas pour la paperasse. Et, de toute façon, je connais mon programme, il est essentiellement de moi. Je ne vois pas de ce que Bellone veut que je fasse… Je regarde le chiffre au bas de la dernière page. 40. 40 pages. Je suis sûr qu'elle ne les a pas plus lues que moi, cette gourgandine. Je vais en avoir pour la journée. Et je n'ai pas que ça à faire. Je dois… J'hésite entre battre mon record au casse-brique ou faire un footing. Non, je plaisante, j'ai mieux. En retournant le bazar de mon tiroir, j'extirpe triomphalement un revolver pour jeu vidéo. Je n'ai pas compris tout de suite l'intérêt des jeux vidéo, mais, après une année dans ce monde où on ne peut plus défier personne dans un combat mortel et loyal à l'épée, surtout quand on doit tenir une image politique saine, c'est une activité tristement indispensable. Mon nouveau stagiaire pousse justement la porte. Je le pointe avec le viseur.

– Plus un geste, Jimbo ! Tu es à ma merci ! Je parie un cheesburger que c'est Crystal qui t'envoie. Et comme j'ai gagné, tu me dois un cheesburger.

J'avais bien compris au « c'est ça » de Bellone qu'elle allait contre-attaquer avec le technique spéciale « délégation du travail ». Elle avait donc demandé au nouveau de récupérer le dossier. C'était elle qui l'avait choisi d'ailleurs, sous le prétexte que mes critères de sélection concernant les assistants laissaient à désirer. La plupart étaient de faibles esprits qui me mangeaient dans la main et angoissaient dès que je prenais un ton autoritaire. Je les trouvais très distrayants mais il était vrai que je devais souvent repasser derrière leur travail en leur expliquant avec un ton paternaliste pourquoi ils étaient stupides et comment, grâce à moi, ils étaient heureusement sur la voie du progrès. Peut-être que Bellone en avait assez de me voir traumatiser des petits jeunes, mais ils constituaient 60 % de mon loisir ici. Et, sans ce loisir, je n'étais qu'un pauvre hère sans but. En effet, Jim avait deux défauts, que l'autre folle envisageait comme des qualités : il ne devenait pas tout suintant dès que je le chambrais, et je n'avais pas à repasser sur son travail la plupart du temps. Quand je lui tendais un dossier comme c'était présentement le cas en lui disant :

– Tu peux me réduire cette chose venue du tréfonds des enfers en une seule page, en privilégiant les informations pointues qui feront polémique.

Je sais qu'il le fera et qu'il ne reviendra pas, comme les autres en général, avec 10 pages en me disant qu'il n'avait pas pu faire plus court tant il y avait de choses soi disant essentielles dans ce fatras indigeste d'informations. Ce qui signifiait que, si je voulais critiquer ses choix, je devais moi-même me taper les 40 pages, ce qui n'avait rien de très amusant. En plus, je n'étais même pas sûr d'avoir un cheesburger, malgré ma victoire indéniable à mon pari.

– Tu as une heure. – Je souris. Je suis très sérieux. – Après, je t'attends sur le ring pour jouer à Mortal Kombat dans à la cafétaria. Et je te préviens, Johnny Cage est à moi !

Car oui, j'avais fait installer un grand écran avec des consoles dans la cafétéria de mon étage. Je ne pouvais pas m'amuser avec Jim tant qu'il restait dans son rôle de stagiaire parfait, donc, il était de mon devoir, pour mon propre bien au travail, de trouver une parade.

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Dernière édition par Lance M. Larian le Sam 4 Jan - 19:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyDim 3 Nov - 17:49

Jim avait compris depuis son enfance que contourner les règles offrait beaucoup plus de chances de réussite que leur résister de front. Il lui avait tout de même fallu des années avant de maîtriser les bonnes techniques et développer la confiance nécessaire pour s'opposer à ses parents sur les sujets importants. Il était parvenu à les convaincre de le laisser vivre seul plus d'un an plus tôt et plus récemment en brisant calmement leur opposition à une carrière hors du milieu des affaires. Son père lui offrait toujours la résistance la plus rude, mais sa mère lui faisait longuement payer chaque victoire. Tous deux étaient très attachés à leurs idéaux, mais M. Crowley acceptait plus facilement un changement de plan bien justifié, tant qu'il restait mineur. Jim livrait petite bataille après petite bataille en laissant croire qu'il n'y avait pas de guerre réelle. Mais il avait de plus en plus de mal à poursuivre les buts de sa famille. Le monde avait plus à offrir que des négociations budgétaires et des soirées mondaines où tout le monde se hait avec le sourire.

Officiellement, les études en politique étaient un ajout à son programme scolaire centré sur les affaires. Une éducation diversifiée était difficile à refuser de la part de ses parents. Il aurait ensuite amplement le temps de subtilement orienter sa carrière plutôt vers ce domaine que vers celui des affaires. Il souhaitait avant tout s'offrir une voie plus stimulante, mais s'éloigner de ses parents et de leur entreprise le motivait aussi. Était-ce de l'ingratitude de vouloir avoir sa propre vie? Il ne voulait ni les blesser ni leur faire honte, et il agissait lentement en s'assurant qu'ils approuvaient chacun de ses choix, mais il avait besoin d'autre chose que ce qu'ils lui promettaient et imposaient depuis son enfance.

Parmi les meilleurs étudiants de son programme, Jim n'avait pas eu de mal à décrocher des entretiens pour des stages. On l'avait d'ailleurs sélectionné pour un poste à la mairie. Il l'avait caché à ses parents, car l'offre pour le parti politique de Lance Larian l'intéressait davantage. Merwyn Caerwyn était l'une des rares célébrités non divines en politique. De tous les partis, il était le bon choix pour une créature qui désirait bâtir un réseau solide dans ce domaine. Mais pour une fois, Jim n'avait pas envie de prendre la décision évidente. Il voulait de vrais défis.

M. Crowley avait récolté des informations sur plusieurs dieux et les avait partagées avec son fils. Lance Larian était le dieu romain Mars. Il n'utilisait pas de dispositif pour cacher son identité aux autres êtres magiques, ce qui avait fait conclure à M. Crowley qu'il faisait partie des dieux les moins subtils et les plus inconscients. Jim pensait plutôt qu'un dieu de la guerre ne fonctionnait pas sur un système de peur et de protection comme le faisaient la majorité des felidae. Il ne craignait certainement pas les affrontements.

Jim avait temporairement laissé tomber l'entreprise de ses parents pour se concentrer sur son stage en parallèle de ses études. Après maintenant trois semaines à travailler pour Larian, il s'était familiarisé avec ses nouveaux collègues, mais aussi avec un patron plus coloré que prévu. Mars agissait le plus souvent en grand enfant, mais Jim ne se faisait pas d'illusions : le chef du parti montrait une vivacité d'esprit redoutable.

Jim passa la porte entrouverte du bureau de son patron pour aller chercher un dossier à revoir et réécrire – il en avait déjà fait quelques-uns et s'en sortait plutôt bien – sans frapper. Se retrouvant menacé d'un pistolet de jeu vidéo, il s'immobilisa avec amusement et leva les mains.

-Pari gagné ou non, je suis sous la menace. Je n'ai pas le choix d'accepter les conditions.

Il lui avait demandé trois fois de laisser tomber le surnom Jimbo, mais c'était peine perdue. Comme avec Frederik. Certains combats ne valaient pas la peine d'être menés. Melany s'était bien moquée de lui quand il le lui avait raconté et elle utilisait maintenant elle aussi ce surnom pour l'ennuyer. Ce qui fonctionnait.

Quarante pages en une page, la tâche semblait impossible, mais c'était sans compter deux aspects : la transformation de l'information en schémas et listes et l'utilisation fourbe du recto-verso.

-En supposant que j'arrive à lire une page par minute, ça me laisse vingt minutes pour me déplacer, accomplir le travail, l'imprimer et le faire approuver par Mme Wise. C'est une demande malhonnête, dit-il avec un petit sourire.

En prenant le dossier, il ajouta :

-Il me faut du temps aussi pour aller chercher le cheeseburger. À plus tard, M. Larian.

***

En un peu moins de trois heures, Jim fut de retour auprès de son patron avec un cheeseburger et une seule feuille pour remplacer l'épais dossier qui lui avait été confié.

-Est-ce que ma prochaine tâche est réellement une partie de Mortal Kombat?

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MessageSujet: Re: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyVen 29 Nov - 13:24

En trois semaines, j'ai eu du progrès avec Jimbo, de réelles améliorations. Puisque son travail est tristement correct, je me suis penché sur son intégration sociale, chose que je n'ai jamais eu le temps de faire avec les précédents stagiaires. Impossible d'instaurer un genre de complicité avec une personne qu'il fallait corriger tous les jours et dont le travail n'avait de cesse de vous décevoir. Ils arrivaient dans mon bureau en tremblant, et repartaient en tremblant. Il m'est arrivé de faire couler quelques larmes, bien involontairement. Mais je ne suis pas un monstre, face à ces situations extrêmes, j'essaye toujours de faire un geste bienveillant en offrant un donut ou un chocolat chaud en compensation, et de bien expliquer que mon but n'a jamais été d'être méchant. Cependant, les stagiaires revenaient toujours en tremblant. Ils voulaient me faire passer pour un tortionnaire quand j'essayais juste de les faire progresser. Était-ce ma faute si les universités offraient des diplômes à n'importe qui pour des raisons de quota ? J'étais bien obligé de compléter leur formation, et, afin de ne pas leur faire perdre trop de temps, de leur signifier que le fait qu'ils puissent travailler chez moi était certainement dû à un trop grand laxisme de l'enseignement moderne qui valorisait la connaissance avant la compétence, qu'ils ne seraient sans doute jamais bon à rien dans ce genre de poste et devaient sérieusement envisager une reconversion dans une voie moins exigeante mais tout aussi stimulante, comme la plomberie. Il n'y avait rien de tragique à être ouvrier, le véritable drame, c'était de faire perdre son temps aux autres et de passer sa vie à briller par son inutilité en touchant un salaire non-mérité. Je n'appelais pas ça une attitude responsable de leur part.

Jim, comme je le disais, n'avait pas l'occasion d'être déstabilisé par mes reproches. Il avait une certaine confiance en ses capacités, un ego à l'évidence plus élevé que la moyenne, et, malgré mes tentatives, je n'avais pas réussi à le faire douter. Au contraire, il n'hésitait pas à contester mes ordres s'il les trouvait irréalistes, chose qui n'était pas acceptable dans les codes du travail. La plupart des patrons avaient des exigences exagérées. Le rôle de l'employé était de hocher la tête et de s'angoisser pour respecter au mieux les objectifs, puis de s'excuser de ne pas avoir pu terminer à temps et expliquer, à ce moment seulement, que la tâche demanderait peut-être quelques jours supplémentaires. Bien sûr, j'avais tendance à augmenter considérablement la difficulté en donnant des délais délirants. Et alors ? C'était la règle communément acceptée. Aucun stagiaire n'aurait dû revenir dessus. Mais Jim se le permettait, et, s'il le faisait avec un autre patron, il aurait pu se faire sévèrement remonter. Je le lui avais déjà exprimé pour lui signifier à quel point il avait de la chance d'avoir un tuteur comme moi, qui valorisait la réflexion indépendante plutôt que l'exécution irréfléchie, tout en précisant que je pouvais changer d'avis à tout moment.

A son entrée, il ne se laissa pas surprendre par mon arme menaçante et joua assez rapidement le jeu imprévu en levant les mains. Pas de protestation au sujet de son surnom cette fois. Je lui avais bien assez expliqué qu'il n'était pas autorisé à discuter les décisions de son supérieur, qui l'appelait comme il l'estimait pertinent. Jimbo était-il plus pertinent que Jim ? Sans doute. Ce n'était pas discutable, il n'avait pas mon expérience ni mon poste, il comprendrait un jour, s'il y avait quelque chose à comprendre. Oui, le petit stagiaire résistait un peu plus que les autres, mais il restait amusant de le contrarier et de voir, peu à peu, l'évolution de son comportement pour trouver une solution. J'étais l'ennemi, il devait trouver un moyen de me contourner. La soumission simple ne fonctionnait pas. La contestation ne fonctionnait pas. J'étais curieux, de manière cruelle, certainement, de sa capacité à trouver des parades pour sauver sa fierté. Et, quoiqu'en disent de fâcheux bien-pensants, il s'agissait d'une partie essentielle de la formation. La guerre n'avait pas disparue, on faisait la guerre tous les jours, mais sous d'autres apparences. Il fallait apprendre à faire face, il fallait être stratège et mener à son tour la guerre. Et Jim avait décidé de mener le combat en me contestant calmement et en osant dire, après une petite démonstration mathématique que j'étais un individu malhonnête. Je ricane légèrement.

– Attention, Jimbo. Je te propose de travailler 1h, tu demandes à faire 3h. Je ménage ton temps de travail, je t'accordes même du temps de loisir et d'improductivité, et tu demandes à en faire plus. Et je serais, moi, malhonnête ?

Je lève les sourcils d'un air consterné. Il n'y a pas de piège. Il n'y a aucun piège. Si je donne 1h, c'est que j'attends un travail d'1h. Jim aurait pu revenir avec un travail bâclé en me disant qu'il ne pouvait mieux faire en si peu de temps, mais il craignait sans doute que je l'accuse d'être mauvais. Mais, d'un autre côté, peut-être avais-je besoin de lui pour des sujets plus importants, peut-être avais-je réellement calculé et décidé qu'un travail d'1h me conviendrait. Qu'en savait-il ? Ce stagiaire était un sujet étrange, posé entre deux profils. D'un côté, il gardait la volonté du travail bien fait du lèche-botte qui pensait briller en étant perçu toute sa carrière comme un brave exécutant. De l'autre, il cherchait à se rebeller, à prendre un statut de petit chef, sans le je m'en foutisme habituel que l'on pouvait attendre d'un esprit indépendant. Ceux-là m'auraient vraiment rendu un travail bâclé en 1h en me disant avec un grand sourire hypocrite que c'était terminé. Ceux-là, par ailleurs, avaient tendance à garder un beau sourire et à claquer la porte très vite sans revenir. Il n'y avait pas de place pour plusieurs chefs. J'étais le chef. En plus, il acceptait de me faire plaisir avec un cheeseburger ! N'était-ce pas merveilleux ? Curieux, mais merveilleux. C'était un cas intéressant, tellement contradictoire qu'il y avait certainement quelque chose d'amusant à en tirer.

**

Il revint, comme promis, selon le temps de travail qu'il s'était fixé, à quelques minutes près. J'en étais vaguement ennuyé car il m'avait fallu trouver comment occuper deux heures de temps libre imprévues. En trois heures, j'avais reçu plusieurs personnes, ce qui avait impliqué l'ouverture de quelques bouteilles. Jim pose la feuille sur mon bureau avec le cheeseburger et me demande très sérieusement si nous allons vraiment jouer à Mortal Kombat.

– Tout dépend, as-tu toujours envie d'y jouer ? Ou as-tu un autre jeu à proposer ?

J'attrape le cheeseburger et l'ouvre, puis je le tends à Jim.

– Tu as faim, non ? Les mâles chassent pour leurs petits ou leurs femelles. Sauf erreur, je ne pense pas être l'un des deux.

C'était bien gentil à Jim de vouloir se plier à mes caprices du moment, mais ce n'était pas la réponse exacte au genre de problème social que je lui avais posé. D'un point de vue social, manger seul devant lui me rendrait impoli. En réalité, j'aurais surtout l'image moi-même d'un être faible en acceptant sa nourriture et en mangeant seul devant lui. Même si, dans les lois humaines, je serais le profiteur, et lui l'exploité. Or, ce n'était pas bon pour lui d'avoir l'air d'un exploité. En bref, cette situation n'était bonne pour aucun d'entre nous. Il aurait fallu apporter deux cheeseburger, un pour lui, un pour moi, pour créer une vraie relation virile et égale.

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MessageSujet: Re: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyLun 20 Jan - 19:49

Les parents de Jim réussissaient. Leurs carrières respectives, leur réputation et leur intégration sociale suscitaient envie et respect, autant auprès des felidae que dans la société officiellement humaine. Jim ne pouvait leur reprocher de souhaiter pour lui une existence lancée dans la même direction, même s’ils étaient étouffants et qu’ils manquaient d’ouverture. Il était parvenu à les convaincre de le laisser toucher à la politique, mais il avait dû user de subtilité et, surtout, leur garantir qu’il n’abandonnait pas complètement le chemin tracé pour lui. Il ne servait à rien de les brusquer avec des projets avant qu’ils se concrétisent.

La place de Jim dans l’entreprise de ses parents était en retrait. Il ne s’avançait que lorsque son père le lui indiquait et ne le contredisait jamais publiquement. Il devait le soutenir même quand il avait tort, ce qu’il faisait toujours, mais avec très peu d’enthousiasme. Former une équipe importait davantage que prendre chaque fois la meilleure décision, parce qu’on camouflait plus facilement une erreur que le manque de cohésion. M. Crowley le laissait briller sur des projets choisis, mais Jim n’avait, comme dans toute sphère de sa vie, qu’une liberté mesurée.

Le nouvel emploi de Jim lui permettait d’évoluer loin du regard pesant de ses parents. Il avait pris goût à son autonomie depuis son départ du nid familial et cernait davantage les entraves de sa famille avec un peu de distance. Il se comportait avec professionnalisme et respect envers ses patrons et collègues, mais il s’autorisait plus de mordant qu’en tant que bras droit de son père. Il avait attendu la deuxième semaine de son stage pour contredire son patron après une demande irréaliste. Jim agissait toujours avec finesse, l’expérience lui ayant appris à marcher sur des œufs en tout temps pour contrer la mauvaise foi de ses parents dès qu’il leur tenait tête. Risquer un conflit avec son patron l’angoissait, mais il n’explorait pas cette carrière pour y reproduire les mêmes limitations qu’en travaillant avec son père. S’il vexait M. Larian, il n’aurait qu’à chercher un autre stage. Avec la réputation que les stagiaires précédents de Larian lui avaient faite auprès des autres étudiants, Jim n’aurait pas besoin de grandes explications pour justifier son départ auprès de ses professeurs. Mme Crowley, qui s’était inquiétée de sa proximité avec un puissant dieu romain, se réjouirait probablement même assez pour le laisser tranquille. Ses résultats scolaires et son nom lui assuraient encore plusieurs options de stages.

En plus des bizarreries de M. Larian, Jim devait satisfaite les attentes de Mme Wise, beaucoup plus sérieuse. S’il n’avait eu à gérer que le premier, il aurait probablement ajusté sa manière de travailler, de la même manière qu’il ravalait ses objections quand son père exigeait une apparente soumission devant les clients. Pris entre des attentes contradictoires, Jim devait trouver des compromis et adapter ses solutions. Son patron jouait les bouffons, mais il essayait surtout de le piéger. Jim le devinait trop intelligent pour ignorer à ce point les besoins de son parti et les capacités des gens. Il le faisait donc exprès. Les raisons de son attitude n’étaient pas claires, mais Jim restait sur ses gardes tout en essayant de jouer le jeu aussi.

-Je m’y connais peu en jeux vidéo, donc je n’ai pas d’autres suggestions.

Les passe-temps non productifs n’avait jamais été encouragés chez les Crowley. Jim était donc passé à côté des jeux vidéo durant son enfance et son adolescence. Frederik lui avait fait essayer quelques jeux, mais il était d’un niveau beaucoup plus avancé que lui et Jim était gêné de le ralentir. Avec toutes ses occupations, il avait peu de temps pour s’engager dans un domaine qu’il ne maîtrisait pas. Il avait toutefois téléchargé quelques applis sur son téléphone, pour les moments de fatigue.

Jim ne fit aucun mouvement vers le cheeseburger. Il ne mangeait pas ces trucs. Trop d’aliments gras ensemble, trop de morceaux dégoulinants… Pourquoi les gens s’imposaient-ils ce type de nourriture? S’il avait envie de manger quelque chose d’interdit – ses parents l’avaient habitué à une alimentation saine à coups de culpabilisation –, il préférait de loin une petite pâtisserie hors de prix.

-Non, merci.

Il dut réprimer un soupir à ce délire de mâles et de femelles. On parlait tout de même simplement d’aller acheter à manger.

-Je ne suis pas allé chasser pour plus faible, j’ai honoré un pari. Si vous ne vouliez pas recevoir de nourriture, vous n’aviez qu’à choisir autre chose.

Cette discussion était-elle un test? M. Larian avait demandé le cheeseburger, et maintenant il le faisait chier avec. Discuter les caprices d’un politicien faisait-il partie de ses tâches? Il envisagea de lui dire de le jeter, mais il se méfiait du type de discours qui pourrait suivre, que ce soit sur le gaspillage ou sur une chose inattendue, sans aucun rapport à première vue.

-Voulez-vous que je vous laisse quelques minutes pour lire la feuille ou on passe à ma tâche suivante?

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MessageSujet: Re: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyMer 19 Fév - 19:49

Il disait ne pas s’y connaître en jeux vidéos. Mais, avais-je parlé de jeux vidéo ? Non, je n’avais certainement pas assez si précis. N’importe quel « jeu » aurait fait l’affaire, n’importe quelle activité amusante pouvait, même, devenir un jeu. Ce pauvre Jim manquait cruellement de fantaisie. J’observais sa froideur rigide avec un sourire en coin. Il était inutile d’insister pour un jeu de combat sur écran, j’étais passé à autre chose, je m’étais ennuyé trop longtemps, j’avais bu et, de toute façon, mon adversaire serait probablement mauvais. Il me fallait trouver une source de divertissement plus intense mais je ne m’inquiétais pas pour moi, je trouvais toujours. Cependant, Jim m’avait pas répondu à l’une de mes questions. Il ne m’avait pas dit s’il avait envie de jouer à Mortal Kombat. Encore de la soumission, toujours de la soumission. Je lui avais pourtant posé gentiment la question, il aurait pu estimer que son avis comptait ou, dans le doute, me retourner la question avant d’y répondre, pour savoir quel était mon opinion sur l’activité. Je croise mes bras derrière la tête et me balance en arrière l’air pensif, après lui avoir tendu le cheesburger. Mon expression devient plus profondément songeuse quand il refuse beaucoup plus directement la nourriture que je lui offre, cela avec une petite moue de dédain envers le pauvre pain brioché qui ne m’échappe pas. Donc, les snobismes et les préjugés avaient plus d’importance que ses goûts propres et méritaient, en revanche, que l’on froissât son patron. C’était intrigant, et révélateur, bien entendu. La réponse de ce garçon me confirma qu’il comprenait décidément tout de travers. « Vous n’aviez qu’à choisir autre chose », me dit-il. Je lève un sourcil.

– Te demander autre chose ? Mais pourquoi partir du principe que tu me devais forcément autre chose ? Si je ne voulais pas de nourriture, j’aurais pu ne rien te demander, mais je te remercie de tenir à ce point à faire des courses pour moi, quoique ça n’ait rien à voir avec tes objectifs de stage.

J’avais au moins vu ses lèvres se crisper légèrement en entendant mon discours sur les lois de la nature concernant la chasse. Il avait saisi l’absurdité de mon discours mais n’avait pas su rebondir dessus. Non, il avait préféré me faire une réponse sérieuse à quelque chose qui n’aurait jamais dû l’être et qui, il le savait, ne l’était pas. Et oui, il s’y était tellement perdu qu’il tenait maintenant un discours de parfait esclave, sans doute sans le savoir. Je ne retins pas un éclat de rire joyeusement moqueur. Non, je n’allais certainement pas lire ma feuille maintenant. Je repris mon sérieux en joignant mes mains sur mon bureau et en fixant intensément Jim.

– Non, je ne peux pas lire cette feuille maintenant, nous avons beaucoup trop de problèmes à régler, Jim. Vois-tu, je suis ton responsable, et je ne peux vraiment pas te laisser te conduire de cette manière. Tu n’es pas capable de me dire si tu as envie de jouer à un jeu de bagarre, mais tu sais t’affirmer pour refuser spontanément la nourriture que je t’offre et, je crains que ce ne soit pas normal. J’aime Mortal Kombat et j’aime ce cheesburger. Si tu ne souhaites pas exprimer ton opinion sur une chose, pourquoi le faire sur une autre, et accepter soudain de me vexer ? L’aversion que tu as envers le repas de l’américain moyen vaut-il de mettre en péril tous tes efforts ?

J’aime les imbécilités que je lance sur des coups de tête semblent dérouler un plan parfaitement élaboré. Et je sais toujours m’en sortir pour que ce soit le cas. Je sais rendre utile chaque chose, car n’importe quel élément nouveau entraîne de nouvelles informations, c’est ce qui est tout à fait fascinant avec les êtres dotés d’un minimum d’intelligence, et, plus encore, avec les êtres supérieurement intelligents, car je ne pensais pas avoir devant moins un QI tout juste dans la moyenne, donc plutôt lent, en vérité, ce qui le rendait logiquement supérieur. J’avais inventé « le test du cheesburger » ! Il y avait probablement toute une étude sociologique à écrire sur le sujet. Mais, comme je n’avais certainement pas que ça à faire, je poursuivis dans mon élan en levant le sourcil avec une sorte de pitié consternée.

– Mais enfin, que fais-tu, Jim ? Tu ne peux pas me demander de te traiter en parfait esclave d’un côté et me signifier quelle haute estime de toi tu as de l’autre. Cette attitude n’a absolument aucun sens et ce qui n’a pas de sens, relève de la folie. Tu ne réussiras rien en tenant un rôle seulement à moitié, Jim, il faut choisir, sinon tu te perdras dans tes incohérences. Est-ce qu’une chose incohérente a une chance de survivre ?

Ce monde rendait les gens fous, d’où une certaine hystérie ambiante. Les gens essayaient d’être tout en même temps, des esclaves avec une fierté supérieure et ils souffraient, bien sûr, ils finissaient dépossédés d’eux-même, à ne plus savoir qui ils étaient, à se prendre pour n’importe quoi, à s’inventer n’importe quelles maladies pour justifier une chose très claire, le sentiment de ne plus exister, d’avoir été coupé en deux, en refusant de diagnostiquer les causes. J’avais conscience, évidemment, que la société moderne était souvent comme une prison invisible, et qu’on se heurtait à des murs quand on essayait de vivre en dehors, puisqu’elle ne donnait alors plus ni toit ni nourriture et vous rendait encore pire qu’esclave. Mais, alors, il fallait choisir son parti, accepter son rôle, ne pas chercher à être quelqu’un d’autre. La cohérence était la clé. Et Jim en était loin, même s’il estimait devoir feindre la soumission un temps, il n’était même pas capable de le faire à 100 %. Il n’en était donc pas capable tout court, et le constater m’angoissait pour lui, d’une certaine façon car c’était évident, ça ne servait donc à rien d’insister et de rendre cette situation oppressante pour tout le monde, ou, en tout cas, pour moi si les autres étaient capables de s’aveugler ou de s’en fiche.

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S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim]

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