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S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim]

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Lance M. LarianLance M. Larian


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MessageSujet: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyVen 13 Sep - 18:01

– Tu as lu le dossier que je t'ai donné pour le débat télévisé de demain ?
La douce voix de Bellone traverse l'ouverture de ma porte. Je suspens ma main armée d'une fléchette dans l'air. Mes yeux passent de la belle cible que j'ai accrochée au mur (elle est géniale, elle fait des petites lumières bleues quand je la touche et me crie de sa voie monocorde de machin que je suis un winner) au dernier dossier de la pile qui menace de glisser de mon bureau.
– C'était lequel déjà ?
– Les plans économiques de ta campagne.
– On en a déjà parlé, je vais improviser, comme un dieu, tu sais bien.
– C'est ça.
Je lance la fléchette, en plein dans le mile. La cible clignote en déclenchant une petite musique aigre tapageuse et en chantonnant « You are the best ! »
– Je sais Martha, merci Martha.
Je m'ennuie. Je cherche une autre fléchette dans mon tiroir, mais elles sont toutes plantées dans la cible ou à terre. J'attrape le dossier, je feuillette trois pages en soupirant. Je compte moins de dix secondes pour avoir mal à la tête. Ceci n'est guère distrayant. Pour faire le malin devant les médias, il est important de sortir des chiffres. En tout cas, c'est ce qu'on prétend. Je crois connaître l'essentiel et je n'ai jamais estimé que les encyclopédies sur pattes faisaient de bons orateurs. Faire l'intelligent n'a jamais rendu personne proche des gens. En fait, les gens pensent surtout que vous êtes intelligent parce qu'ils ne comprennent rien de ce que vous racontez sur un air profond de personne qui connaît tous les mystères de la vie. Mais vous savez, personne n'aime ces gens. Et si je me retrouve confronté à l'un d'eux, je sais que je n'en ferai qu'une bouchée, car tout le monde n'attend que de les voir ridiculiser. Je ne suis pas là pour faire en sorte que les gens se sentent minables à côté de moi, je suis là pour être leur vengeur, l'esprit habile qui triomphera des escrocs qui ont un logiciel informatique à la place d'un cerveau aguerri par des millénaires d'expérience pratique. Je suis venu pour la guerre, pas pour la paperasse. Et, de toute façon, je connais mon programme, il est essentiellement de moi. Je ne vois pas de ce que Bellone veut que je fasse… Je regarde le chiffre au bas de la dernière page. 40. 40 pages. Je suis sûr qu'elle ne les a pas plus lues que moi, cette gourgandine. Je vais en avoir pour la journée. Et je n'ai pas que ça à faire. Je dois… J'hésite entre battre mon record au casse-brique ou faire un footing. Non, je plaisante, j'ai mieux. En retournant le bazar de mon tiroir, j'extirpe triomphalement un revolver pour jeu vidéo. Je n'ai pas compris tout de suite l'intérêt des jeux vidéo, mais, après une année dans ce monde où on ne peut plus défier personne dans un combat mortel et loyal à l'épée, surtout quand on doit tenir une image politique saine, c'est une activité tristement indispensable. Mon nouveau stagiaire pousse justement la porte. Je le pointe avec le viseur.

– Plus un geste, Jimbo ! Tu es à ma merci ! Je parie un cheesburger que c'est Crystal qui t'envoie. Et comme j'ai gagné, tu me dois un cheesburger.

J'avais bien compris au « c'est ça » de Bellone qu'elle allait contre-attaquer avec le technique spéciale « délégation du travail ». Elle avait donc demandé au nouveau de récupérer le dossier. C'était elle qui l'avait choisi d'ailleurs, sous le prétexte que mes critères de sélection concernant les assistants laissaient à désirer. La plupart étaient de faibles esprits qui me mangeaient dans la main et angoissaient dès que je prenais un ton autoritaire. Je les trouvais très distrayants mais il était vrai que je devais souvent repasser derrière leur travail en leur expliquant avec un ton paternaliste pourquoi ils étaient stupides et comment, grâce à moi, ils étaient heureusement sur la voie du progrès. Peut-être que Bellone en avait assez de me voir traumatiser des petits jeunes, mais ils constituaient 60 % de mon loisir ici. Et, sans ce loisir, je n'étais qu'un pauvre hère sans but. En effet, Jim avait deux défauts, que l'autre folle envisageait comme des qualités : il ne devenait pas tout suintant dès que je le chambrais, et je n'avais pas à repasser sur son travail la plupart du temps. Quand je lui tendais un dossier comme c'était présentement le cas en lui disant :

– Tu peux me réduire cette chose venue du tréfonds des enfers en une seule page, en privilégiant les informations pointues qui feront polémique.

Je sais qu'il le fera et qu'il ne reviendra pas, comme les autres en général, avec 10 pages en me disant qu'il n'avait pas pu faire plus court tant il y avait de choses soi disant essentielles dans ce fatras indigeste d'informations. Ce qui signifiait que, si je voulais critiquer ses choix, je devais moi-même me taper les 40 pages, ce qui n'avait rien de très amusant. En plus, je n'étais même pas sûr d'avoir un cheesburger, malgré ma victoire indéniable à mon pari.

– Tu as une heure. – Je souris. Je suis très sérieux. – Après, je t'attends sur le ring pour jouer à Mortal Kombat dans à la cafétaria. Et je te préviens, Johnny Cage est à moi !

Car oui, j'avais fait installer un grand écran avec des consoles dans la cafétéria de mon étage. Je ne pouvais pas m'amuser avec Jim tant qu'il restait dans son rôle de stagiaire parfait, donc, il était de mon devoir, pour mon propre bien au travail, de trouver une parade.

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Quant’è bella giovinezza,
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chi vuol esser lieto, sia:
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Dernière édition par Lance M. Larian le Jeu 28 Nov - 19:41, édité 1 fois
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Jim V. CrowleyJim V. Crowley


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Emploi/loisirs : Étudiant à l'Université de New York, stagiaire chez Crowley Industries


Feuille de personnage
Phobie: L'échec
Ambition secrète: Être à la hauteur.

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MessageSujet: Re: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyDim 3 Nov - 17:49

Jim avait compris depuis son enfance que contourner les règles offrait beaucoup plus de chances de réussite que leur résister de front. Il lui avait tout de même fallu des années avant de maîtriser les bonnes techniques et développer la confiance nécessaire pour s'opposer à ses parents sur les sujets importants. Il était parvenu à les convaincre de le laisser vivre seul plus d'un an plus tôt et plus récemment en brisant calmement leur opposition à une carrière hors du milieu des affaires. Son père lui offrait toujours la résistance la plus rude, mais sa mère lui faisait longuement payer chaque victoire. Tous deux étaient très attachés à leurs idéaux, mais M. Crowley acceptait plus facilement un changement de plan bien justifié, tant qu'il restait mineur. Jim livrait petite bataille après petite bataille en laissant croire qu'il n'y avait pas de guerre réelle. Mais il avait de plus en plus de mal à poursuivre les buts de sa famille. Le monde avait plus à offrir que des négociations budgétaires et des soirées mondaines où tout le monde se hait avec le sourire.

Officiellement, les études en politique étaient un ajout à son programme scolaire centré sur les affaires. Une éducation diversifiée était difficile à refuser de la part de ses parents. Il aurait ensuite amplement le temps de subtilement orienter sa carrière plutôt vers ce domaine que vers celui des affaires. Il souhaitait avant tout s'offrir une voie plus stimulante, mais s'éloigner de ses parents et de leur entreprise le motivait aussi. Était-ce de l'ingratitude de vouloir avoir sa propre vie? Il ne voulait ni les blesser ni leur faire honte, et il agissait lentement en s'assurant qu'ils approuvaient chacun de ses choix, mais il avait besoin d'autre chose que ce qu'ils lui promettaient et imposaient depuis son enfance.

Parmi les meilleurs étudiants de son programme, Jim n'avait pas eu de mal à décrocher des entretiens pour des stages. On l'avait d'ailleurs sélectionné pour un poste à la mairie. Il l'avait caché à ses parents, car l'offre pour le parti politique de Lance Larian l'intéressait davantage. Merwyn Caerwyn était l'une des rares célébrités non divines en politique. De tous les partis, il était le bon choix pour une créature qui désirait bâtir un réseau solide dans ce domaine. Mais pour une fois, Jim n'avait pas envie de prendre la décision évidente. Il voulait de vrais défis.

M. Crowley avait récolté des informations sur plusieurs dieux et les avait partagées avec son fils. Lance Larian était le dieu romain Mars. Il n'utilisait pas de dispositif pour cacher son identité aux autres êtres magiques, ce qui avait fait conclure à M. Crowley qu'il faisait partie des dieux les moins subtils et les plus inconscients. Jim pensait plutôt qu'un dieu de la guerre ne fonctionnait pas sur un système de peur et de protection comme le faisaient la majorité des felidae. Il ne craignait certainement pas les affrontements.

Jim avait temporairement laissé tomber l'entreprise de ses parents pour se concentrer sur son stage en parallèle de ses études. Après maintenant trois semaines à travailler pour Larian, il s'était familiarisé avec ses nouveaux collègues, mais aussi avec un patron plus coloré que prévu. Mars agissait le plus souvent en grand enfant, mais Jim ne se faisait pas d'illusions : le chef du parti montrait une vivacité d'esprit redoutable.

Jim passa la porte entrouverte du bureau de son patron pour aller chercher un dossier à revoir et réécrire – il en avait déjà fait quelques-uns et s'en sortait plutôt bien – sans frapper. Se retrouvant menacé d'un pistolet de jeu vidéo, il s'immobilisa avec amusement et leva les mains.

-Pari gagné ou non, je suis sous la menace. Je n'ai pas le choix d'accepter les conditions.

Il lui avait demandé trois fois de laisser tomber le surnom Jimbo, mais c'était peine perdue. Comme avec Frederik. Certains combats ne valaient pas la peine d'être menés. Melany s'était bien moquée de lui quand il le lui avait raconté et elle utilisait maintenant elle aussi ce surnom pour l'ennuyer. Ce qui fonctionnait.

Quarante pages en une page, la tâche semblait impossible, mais c'était sans compter deux aspects : la transformation de l'information en schémas et listes et l'utilisation fourbe du recto-verso.

-En supposant que j'arrive à lire une page par minute, ça me laisse vingt minutes pour me déplacer, accomplir le travail, l'imprimer et le faire approuver par Mme Wise. C'est une demande malhonnête, dit-il avec un petit sourire.

En prenant le dossier, il ajouta :

-Il me faut du temps aussi pour aller chercher le cheeseburger. À plus tard, M. Larian.

***

En un peu moins de trois heures, Jim fut de retour auprès de son patron avec un cheeseburger et une seule feuille pour remplacer l'épais dossier qui lui avait été confié.

-Est-ce que ma prochaine tâche est réellement une partie de Mortal Kombat?

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MessageSujet: Re: S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] S'amuser au travail ou travailler en s'amusant [Jim] EmptyVen 29 Nov - 13:24

En trois semaines, j'ai eu du progrès avec Jimbo, de réelles améliorations. Puisque son travail est tristement correct, je me suis penché sur son intégration sociale, chose que je n'ai jamais eu le temps de faire avec les précédents stagiaires. Impossible d'instaurer un genre de complicité avec une personne qu'il fallait corriger tous les jours et dont le travail n'avait de cesse de vous décevoir. Ils arrivaient dans mon bureau en tremblant, et repartaient en tremblant. Il m'est arrivé de faire couler quelques larmes, bien involontairement. Mais je ne suis pas un monstre, face à ces situations extrêmes, j'essaye toujours de faire un geste bienveillant en offrant un donut ou un chocolat chaud en compensation, et de bien expliquer que mon but n'a jamais été d'être méchant. Cependant, les stagiaires revenaient toujours en tremblant. Ils voulaient me faire passer pour un tortionnaire quand j'essayais juste de les faire progresser. Était-ce ma faute si les universités offraient des diplômes à n'importe qui pour des raisons de quota ? J'étais bien obligé de compléter leur formation, et, afin de ne pas leur faire perdre trop de temps, de leur signifier que le fait qu'ils puissent travailler chez moi était certainement dû à un trop grand laxisme de l'enseignement moderne qui valorisait la connaissance avant la compétence, qu'ils ne seraient sans doute jamais bon à rien dans ce genre de poste et devaient sérieusement envisager une reconversion dans une voie moins exigeante mais tout aussi stimulante, comme la plomberie. Il n'y avait rien de tragique à être ouvrier, le véritable drame, c'était de faire perdre son temps aux autres et de passer sa vie à briller par son inutilité en touchant un salaire non-mérité. Je n'appelais pas ça une attitude responsable de leur part.

Jim, comme je le disais, n'avait pas l'occasion d'être déstabilisé par mes reproches. Il avait une certaine confiance en ses capacités, un ego à l'évidence plus élevé que la moyenne, et, malgré mes tentatives, je n'avais pas réussi à le faire douter. Au contraire, il n'hésitait pas à contester mes ordres s'il les trouvait irréalistes, chose qui n'était pas acceptable dans les codes du travail. La plupart des patrons avaient des exigences exagérées. Le rôle de l'employé était de hocher la tête et de s'angoisser pour respecter au mieux les objectifs, puis de s'excuser de ne pas avoir pu terminer à temps et expliquer, à ce moment seulement, que la tâche demanderait peut-être quelques jours supplémentaires. Bien sûr, j'avais tendance à augmenter considérablement la difficulté en donnant des délais délirants. Et alors ? C'était la règle communément acceptée. Aucun stagiaire n'aurait dû revenir dessus. Mais Jim se le permettait, et, s'il le faisait avec un autre patron, il aurait pu se faire sévèrement remonter. Je le lui avais déjà exprimé pour lui signifier à quel point il avait de la chance d'avoir un tuteur comme moi, qui valorisait la réflexion indépendante plutôt que l'exécution irréfléchie, tout en précisant que je pouvais changer d'avis à tout moment.

A son entrée, il ne se laissa pas surprendre par mon arme menaçante et joua assez rapidement le jeu imprévu en levant les mains. Pas de protestation au sujet de son surnom cette fois. Je lui avais bien assez expliqué qu'il n'était pas autorisé à discuter les décisions de son supérieur, qui l'appelait comme il l'estimait pertinent. Jimbo était-il plus pertinent que Jim ? Sans doute. Ce n'était pas discutable, il n'avait pas mon expérience ni mon poste, il comprendrait un jour, s'il y avait quelque chose à comprendre. Oui, le petit stagiaire résistait un peu plus que les autres, mais il restait amusant de le contrarier et de voir, peu à peu, l'évolution de son comportement pour trouver une solution. J'étais l'ennemi, il devait trouver un moyen de me contourner. La soumission simple ne fonctionnait pas. La contestation ne fonctionnait pas. J'étais curieux, de manière cruelle, certainement, de sa capacité à trouver des parades pour sauver sa fierté. Et, quoiqu'en disent de fâcheux bien-pensants, il s'agissait d'une partie essentielle de la formation. La guerre n'avait pas disparue, on faisait la guerre tous les jours, mais sous d'autres apparences. Il fallait apprendre à faire face, il fallait être stratège et mener à son tour la guerre. Et Jim avait décidé de mener le combat en me contestant calmement et en osant dire, après une petite démonstration mathématique que j'étais un individu malhonnête. Je ricane légèrement.

– Attention, Jimbo. Je te propose de travailler 1h, tu demandes à faire 3h. Je ménage ton temps de travail, je t'accordes même du temps de loisir et d'improductivité, et tu demandes à en faire plus. Et je serais, moi, malhonnête ?

Je lève les sourcils d'un air consterné. Il n'y a pas de piège. Il n'y a aucun piège. Si je donne 1h, c'est que j'attends un travail d'1h. Jim aurait pu revenir avec un travail bâclé en me disant qu'il ne pouvait mieux faire en si peu de temps, mais il craignait sans doute que je l'accuse d'être mauvais. Mais, d'un autre côté, peut-être avais-je besoin de lui pour des sujets plus importants, peut-être avais-je réellement calculé et décidé qu'un travail d'1h me conviendrait. Qu'en savait-il ? Ce stagiaire était un sujet étrange, posé entre deux profils. D'un côté, il gardait la volonté du travail bien fait du lèche-botte qui pensait briller en étant perçu toute sa carrière comme un brave exécutant. De l'autre, il cherchait à se rebeller, à prendre un statut de petit chef, sans le je m'en foutisme habituel que l'on pouvait attendre d'un esprit indépendant. Ceux-là m'auraient vraiment rendu un travail bâclé en 1h en me disant avec un grand sourire hypocrite que c'était terminé. Ceux-là, par ailleurs, avaient tendance à garder un beau sourire et à claquer la porte très vite sans revenir. Il n'y avait pas de place pour plusieurs chefs. J'étais le chef. En plus, il acceptait de me faire plaisir avec un cheeseburger ! N'était-ce pas merveilleux ? Curieux, mais merveilleux. C'était un cas intéressant, tellement contradictoire qu'il y avait certainement quelque chose d'amusant à en tirer.

**

Il revint, comme promis, selon le temps de travail qu'il s'était fixé, à quelques minutes près. J'en étais vaguement ennuyé car il m'avait fallu trouver comment occuper deux heures de temps libre imprévues. En trois heures, j'avais reçu plusieurs personnes, ce qui avait impliqué l'ouverture de quelques bouteilles. Jim pose la feuille sur mon bureau avec le cheeseburger et me demande très sérieusement si nous allons vraiment jouer à Mortal Kombat.

– Tout dépend, as-tu toujours envie d'y jouer ? Ou as-tu un autre jeu à proposer ?

J'attrape le cheeseburger et l'ouvre, puis je le tends à Jim.

– Tu as faim, non ? Les mâles chassent pour leurs petits ou leurs femelles. Sauf erreur, je ne pense pas être l'un des deux.

C'était bien gentil à Jim de vouloir se plier à mes caprices du moment, mais ce n'était pas la réponse exacte au genre de problème social que je lui avais posé. D'un point de vue social, manger seul devant lui me rendrait impoli. En réalité, j'aurais surtout l'image moi-même d'un être faible en acceptant sa nourriture et en mangeant seul devant lui. Même si, dans les lois humaines, je serais le profiteur, et lui l'exploité. Or, ce n'était pas bon pour lui d'avoir l'air d'un exploité. En bref, cette situation n'était bonne pour aucun d'entre nous. Il aurait fallu apporter deux cheeseburger, un pour lui, un pour moi, pour créer une vraie relation virile et égale.

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