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Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane]

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MessageSujet: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyMer 22 Mai - 20:49

Je frappai une fois de plus le visage de l'autre démon de mon poing enflammé. Il y avait plusieurs coups déjà qu'il ne répliquait plus, mais il me restait de la colère à laisser sortir.

Tristan m'avait dit que j'étais émotif. Il savait toujours comment me faire enrager, là était la nuance. Il me piquait à chaque occasion, et je me montrais habituellement bon joueur. Je ne me privais pas non plus de le combler de moqueries et nous nous lancions des défis amusants. Il nous arrivait de déraper et de nous disputer. Le mauvais caractère était un trait commun à toute ma famille. Mon frère savait démontrer un calme déroutant quand il était fâché, et ses remarques se faisaient de plus en plus personnelles quand il n'arrivait pas à avoir le dessus.

Aujourd'hui, Tristan s'était donné comme mission de ridiculiser mon contact avec mon père. Je l'avais ennuyé un peu trop fort au sujet d'un vampire dont il parlait comme d'un dieu à vénérer et, vexé, il s'était lancé dans une comparaison gratuite avec mon père. Il paraît que je cherche son affection par besoin d'être valorisé. Je m'étais vite enflammé pour me justifier: je détestais quand il me prêtait des intentions secrètes, surtout à ce point à côté de la plaque. J'avais une curiosité concernant mes origines de faune ainsi qu'un intérêt pour cette communauté et il serait stupide de passer à côté d'un lien durable avec mon père, qui m'offrait une voie vers ce qu'il restait de ce peuple. Il n'était pas question de son amour pour moi - après l'avoir rencontré quelques fois, je doutais de son acceptation à long terme de ma nature démoniaque - et encore moins de quêter son approbation sur mon identité et mes choix. Tristan ne m'avait pas laissé le temps d'ajouter que j'avais commencé à planifier des manières de tuer mon père avant même de le rencontrer; il s'était empressé de souligner avec condescendance que c'était mignon de voir ce côté de moi.

-Ta sensibilité est touchante.

Il s'efforçait à ne rien comprendre.

-Tu sais que je déteste discuter avec toi quand tu es si stupide, avais-je dit en soupirant.

Je l'avais entendu m'accuser de fuir le conflit parce que j'étais trop émotif, mais je n'avais rien répliqué. Il ne servait rien de parler à un sourd. Il fallait préparer un dessin. J'étais assez patient pour étendre mon plan sur plusieurs semaines. Mes phéromones magiques allaient me donner une bonne avance pour intéresser son petit ami vampire. Je ne prévoyais pas le lui prendre entièrement; je voulais juste le distraire assez pour qu'il soit moins investi auprès de mon frère. On verrait bien qui était le plus émotif.

J'étais allé me calmer et réfléchir à mon plan dans un bar démoniaque où on servait surtout des âmes en peine à torturer, ces humains trop nuls pour devenir des démons puissants. J'y avais surpris une conversation entre deux démones qui se moquaient d'un de leurs semblables dont l'ambition dépassait tristement la puissance.

-Salut les filles. Ce que vous racontez me semble hilarant. Je vous échange quelques consommations contre l'histoire au complet?

Moins de deux heures plus tard, après de très bons moments en compagnie des deux démones, je débarquais chez Casture pour découvrir un œuf de basillic sur le point d'éclore.

-C'est ton futur Léviathan?

M'enflammant en entier, je ne lui avais pas laissé le temps de répondre et j'avais commencé à frapper. Son expression de terreur ainsi que le récit détaillé fourni par mes amies du jour m'avaient convaincu sans que j'aie besoin d'attendre ses explications.

Calmé après mon débordement de violence, j'éteignis mon pouvoir de combustion et j'enclenchai celui d'altération de la mémoire pour changer ce qui venait de se passer dans l'esprit de Casture. J'attrapai l'œuf et me composai un air paniqué.

-Pourquoi tu ne bouges pas? Ils vont revenir!

Il me suivit sans poser de questions, convaincu que je venais de le sauver de démons qui voulaient lui prendre l'œuf de basillic pour le détruire. Je le conduis jusqu'aux quartiers qu'occupait Tiamat et l'agrippai par le bras pour le tirer vers ceux-ci lorsqu'il se mit à hésiter. Je ne connaissais la déesse que de loin, et je doutais qu'elle sache qui j'étais. Je m'étais tenu à distance en attendant qu'une occasion de faire bonne impression se présente. J'appréciais avoir des dieux puissants de mon côté, et ils exerçaient sur moi une certaine fascination. Leur puissance inégalable éveillait en moi une passion indescriptible.

-Ô puissante déesse, je viens vous prier de m'offrir quelques minutes de votre précieux temps, dis-je sur un ton exagérément cérémonieux en déposant l'œuf devant elle. Je vous apporte deux offrandes.

J'avais renforcé mon pouvoir d'altération de la mémoire sur Casture pour lui rendre confuse l'identité de la déesse. Il ne se débattait plus pour se libérer de mon emprise, laquelle était nécessaire pour éviter qu'il fuie en se téléportant.

-Casture ici présent a beaucoup d'ambition - une belle qualité, quand elle ne se jumelle pas à la stupidité. Il a imaginé s'offrir de la puissance en devenant maître d'une nouvelle génération de léviathans. Il a commencé par préparer la naissance d'un basillic, qu'il avait prévu transformer magiquement pour le rendre de plus en plus puissant. Il veut s'en servir pour se faire craindre partout aux Enfers. C'est assez mignon comme projet voué à l'échec.

Casture essaya de s'enfuir et je le lâchai brusquement, le poussant entre Tiamat et moi. Je l'enflammai en entier. Il ne pourrait pas trouver la force de se téléporter dans ces conditions. Ses cris ne m'empêchèrent pas de reprendre un ton solennel pour m'adresser à la déesse.

-Je me suis dit qu'un traître prétendant arriver à vous égaler et s'imaginant pouvoir déshonorer votre nom méritait votre courroux.

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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyJeu 23 Mai - 7:48

Les flots sanglants, où des âmes se noient pour l’éternité, se jettent contre les falaises qui les obstruent. Autrefois, quand on se rendait à ce bout du monde, on pouvait y faire face à son gouverneur colossal et monstrueux. Aujourd’hui, la forme qui émerge de l’océan est humaine, une femme de trente-cinq ans dont la chevelure blonde aux reflets roux et aux racines brunes s’écoule sur ses épaules et ses omoplates tandis que les goutes salées continuent d’en faire de même sur sa peau nue. Autrefois, sa voix caverneuse pouvait surpasser les plus bruyants cris. Aujourd’hui, sa voix est suave même si, derrière son apparence de douceur, elle cache une forte violence, comme un courant de reflux sous des eaux placides.

Les contrées maritimes de l’empire infernal sont curieusement absentes de la Divine Comédie mais je ne saurais en tenir rigueur à Dante, Léviathan apparaissant en tant que démon au XVIe siècle pour prendre en popularité au XVIIe. Au début du XIVe, lorsque le chef-d’œuvre de la littérature médiévale a été rédigé, le Léviathan restait le monstre du chaos décrit dans le Livre de Job ; même si nombre d’auteurs et d’artistes assimilaient sa gueule à l’entrée des Enfers. Pourtant, la description biblique n’en faisait rien.

« "Voici que le chasseur est trompé dans son attente ; la vue du monstre suffit à le terrasser. Nul n’est assez hardi pour provoquer Léviathan : qui donc oserait me résister en face ? Qui m’a obligé, pour que j’aie à lui rendre ? Tout ce qui est sous le ciel est à moi. Je ne veux pas taire ses membres, sa force, l’harmonie de sa structure. Qui jamais a soulevé le bord de sa cuirasse ? Qui a franchi la double ligne de son râtelier ? Qui a ouvert les portes de sa gueule ? Autour de ses dents habite la terreur. Superbes sont les lignes de ses écailles, comme des sceaux étroitement serrés. Chacune touche sa voisine ; un souffle ne passerait pas entre elles. Elles adhèrent l’une à l’autre, elles sont jointes et ne sauraient se séparer. Ses éternuements font jaillir la lumière, ses yeux sont comme les paupières de l’aurore. Des flammes jaillissent de sa gueule, il s’en échappe des étincelles de feu. Une fumée sort de ses narines, comme une chaudière ardente et bouillante. Son souffle allume les charbons, de sa bouche s’élance la flamme. Dans son cou réside la force, devant lui bondit l’épouvante. Les muscles de sa chair tiennent ensemble, fondus sur lui, inébranlables. Son cœur est dur comme la pierre, dur comme la meule inférieure. Quand il se lève, les plus braves ont peur, l’épouvante les fait défaillir. Qu’on l’attaque avec l’épée, l’épée ne résiste pas, ni lance, ni le javelot, ni la flèche. Il tient le fer pour de la paille, l’airain comme un bois vermoulu. La fille de l’arc ne le fait pas fuir, les pierres de la fronde sont pour lui un fétu, la masse, un brin de chaume ; il se rit du fracas des piques. Sous son ventre sont des tessons aigus : on dirait une herse qu’il étend sur le limon. Il fait bouillonner l’abîme comme une chaudière, il fait de la mer un vase de parfums. Il laisse auprès de lui un sillage de lumière, on dirait que l’abîme a des cheveux blancs. Il n’a pas son égal sur la terre, il a été créé pour ne rien craindre. Il regarde en face tout ce qui est élevé, il est le roi des plus fiers animaux"… J’espère que vous me pardonnerez la publicité mensongère. »

J’ai parlé fort, essayant de surpasser les cris sans perdre de ma douceur en une réussite dont seul l’un de mes interlocuteurs pourra témoigner. L’autre est trop occupé à hurler. Sa souffrance est l’une des rares choses que je ne puis envier, d’autant plus que la brûlure est la pire douleur qui soit. Cependant, elle est appropriée et j’en aurai fait de même, moyennant avoir eu une discussion d’abord.

D’une profonde inspiration, je savoure les odeurs de la mer et de la chair. Cela ne surprendra personne, même ici je ne puis retourner à cet indistinct aspect de monstre colossal. L’envie d’une telle puissance brute est compréhensible et celle de mon passé me conduira une nouvelle fois dépasser l’affaiblissement de ma nouvelle forme, comme je l’ai fait de mon enfermement en ce monde. Cependant, cette incarnation primordiale est, disons-le, hors de propos. Difficile d’agir de manière constructive ainsi formée. C’est une question de bon sens que de rester à l’échelle humaine lorsque l’on joue avec des humains et affiliés. Loin de moi l’idée de nier un certain grosbillisme a ma nature mais je suis ambivalente, comme toujours. Une ambivalence que les deux démons dans mon dos représentent à merveille.

Lentement, je tourne mes yeux sur le côté, pupilles et iris entrainant mon visage. La gorge accompagne, l’épaule au-dessous suit le mouvement. De trois quarts dos, je vois celui qui m’assaille l’ouïe et l’odorat avant de passer à celui qui s’est contenté de flatter le premier sens. Difficile de détailler le flambé, tandis que le flambeur mesure approximativement ma taille et partage une carrure svelte bien plus musclée pour sa part. Ses yeux hétérochromes sont cependant un vrai régal, la cohabitation du bleu et du marron dans le gauche étant tout aussi marquante que sa couleur fétiche qu’il porte si bien. Et, en parlant de vrai régal…

« Je suppose que tu préfères ta viande très cuite mais attention à ne pas la laisser brûler, dis-je quand les hurlements perdent de leur vigueur, terminant de me retourner pour faire face. Aparté mis à part… c’est toujours un plaisir de créer l’Envie. »

Bras le long du corps, j’abaisse les yeux mais pas le menton jusqu’à ce qu’il reste de… Casture, je crois. L’idiotie ne cessera jamais de m’émerveiller, son incapacité à reconnaitre ses propres limites pouvant la porter au-delà du raisonnable ; en bien comme en mal. Beaucoup de gens se demandent comment font leurs leaders pour être aussi incompétents. Pour trouver la réponse, il faut changer la question : comment des incompétents font pour atteindre des positions d’importance ? Tout simplement parce qu’ils sont incapables de percevoir les limites de leurs compétences et qu’ils agissent avec la confiance en eux qui partagent leur croyance de leur propre valeur à ceux qui les regardent. Et que la plupart des gens sont plus attirés par des leaders dotés d’une confiance en eux et d’un charisme pratiquement narcissiques plutôt que d’une humilité et d’une intégrité souvent ennuyeuses. Quand je dis que l’idiotie ne cessera jamais de m’éveiller, ce n’est dirigé contre personne en particulier.

Après m’être avancée, je m’accroupie sur celui que mon pêché à consumé métaphoriquement au point que la mésaventure lui arrive littéralement. La curiosité de ce que je vais en faire est bien présente dans mon esprit : s’il est trop brûlé, il ne sera pas utile à grand-chose mais, s’il ne l’est pas, il peut servir mes intérêts que cela soit comme contracté ou comme repas. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Et les erreurs sont faites pour apprendre, pour s’améliorer… surtout quand on part d’aussi loin.

« Une nouvelle génération de léviathans… Qu’est-ce qu’un Léviathan ? »

Je marque une pause, mon regard océanique passant d’un interlocuteur à l’autre pour en revenir au premier.

« Un monstre du chaos, si colossal qu’il est capable d’avaler une baleine entière et de déclencher des cataclysmies ? Je ressens l’envie, tant de pouvoirs contre les autres… »

Puis au second.

« Un dieu mortel, à qui l’on cède une part de sa liberté en échange d’autre chose, qu’importe laquelle ? Je ressens l’envie, tant de pouvoirs avec les autres… »

Lentement, je me relève. Tête légèrement penchée sur le côté, je fixe le limier qui m’a invoquée et dont le nom comme le visage me sont inconnus. Pour l’heure.

« Pour moi, l’honneur c’est comme la virginité : quand on l’a on peut en être fier mais après on vit très bien sans. Cela étant, pour ta loyauté comme tes offrandes, je t’accorderai de mon temps. J’ai une douzaine de jours avant la prochaine nouvelle lune. »

Souriant de complicité, je marque un nouveau silence. Malgré le lien que j’entretiens avec les Enfers, je ne suis qu’une déesse infernale à temps partiel. A défaut de pouvoir me téléporter hors d’ici comme un démon, y descendre ne m’est pas bien difficile. Je ne vois pas où irai-je d’autre lors de mes morts, même quand celles-ci arrivent en avance.
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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyMer 19 Juin - 21:24

Maman disait qu'il fallait toujours s'assurer d'être le plus fort. Elle ne m'avait pas enseigné à dépasser tout le monde en puissance magique ou physique - c'était impossible, même sans compter la menace que représentaient les dieux. J'avais néanmoins reçu une éducation soutenue pour pousser au maximum mes capacités, et je mettais les bons efforts depuis mon enfance pour m'améliorer. Remarquons que je ne parle pas de «grands» efforts, mais bien de «bons» efforts. Mettre toute sa volonté au service d'un but et se démener ne sert à rien concrètement: il faut prendre les moyens les plus intelligents. Aussi, je savais fuir, et je préférais la survie à un orgueil bien gonflé, même si je ne reculais qu'en risque réel de mort, à la fois par fierté et pour cultiver une réputation tenant les emmerdeurs à distance. Bref, je débordais toujours de confiance en moi, même quand la situation me faisait douter. Je m'appuyais sur mes capacités et ma ruse… et je m'en sortais toujours plutôt bien. Je n'hésitais que rarement avant de frapper: je réfléchissais très vite, et je savais trouver des solutions aux problèmes que je générais. Je connaissais mes zones de faiblesse et je les contournais.

J'essayai de garder mon attention entière sur le monologue infini de la déesse, me laissant envelopper malgré moi par son aura particulière. J'espère ne pas avoir à retenir ce qu'elle me raconte.

-Je suppose que tu préfères ta viande très cuite mais attention à ne pas la laisser brûler.

De l'humour! Et de l'humour noir, en plus. Je me détendis. Avec toutes les horreurs qui se passaient aux Enfers, beaucoup perdaient l'envie de blaguer. Leur psychologie m'échappait: rien ne me semblait assez grave pour ne pas en relever un minimum le ridicule. Irene m'avait déjà boudé longuement à cause d'une blague sur sa jumelle décédée que je n'avais pas pu me retenir de faire.

-Voilà pourquoi on me confie rarement la cuisson des repas, dis-je avec un sourire en éteignant l'autre démon.

J'avais compris que Léviathan désirait que le débile arrête de crier, et je préférais devancer les désirs d'une déesse aussi puissante. Je repris le malheureux, bien amoché mais pas mort, par le poignet pour le retenir de se téléporter et aller se soigner en sécurité. Je ne voulais pas égarer mon cadeau!

-Aparté mis à part… c’est toujours un plaisir de créer l’Envie.

-Oui, je me suis dit que cette situation comportait aussi un côté agréable.

J'appréciais souvent les gens qui voyaient grand, mais Casture n'étaient pas de ceux que je respectais. Il n'avait pas conçu un projet d'envergure: il s'était aveuglé volontairement pour flatter son propre égo. Il n'avait pris en compte ni ses capacités, ni les risques, ni le côté stupide de son idée. Il n'avait fait preuve ni de jugement ni de prudence. Il s'était jeté au loup: dans cas-ci, moi. Mais si je n'avais pas saisi cette occasion, d'autres auraient porté une attention dangereuse à Casture. Il n'avait pas réfléchi aux conséquences en dehors de celles qu'il souhaitait.

-Une nouvelle génération de léviathans… Qu’est-ce qu’un Léviathan ?

J'avais conscience qu'il ne s'agissait pas d'une vraie question. Les dieux aiment se perdre dans leurs délires. Il ne faut surtout pas leur en faire la remarque.

- Un monstre du chaos, si colossal qu’il est capable d’avaler une baleine entière et de déclencher des cataclysmies ? Je ressens l’envie, tant de pouvoirs contre les autres…

J'étais perplexe. Enfin, tous les gens un peu censés espéraient plus de puissance. Je restai silencieux. Je ne m'étais pas présenté chez Tiamat pour obtenir une faveur, mais sa manière de souligner que je souhaitais être plus puissant, alors que je lui connaissais la capacité d'augmenter les pouvoirs des autres, éveillait mon intérêt. Cette visite servait simplement à me présenter sous un jour positif aux yeux de la déesse, et j'étais prêt à changer mes plans si mon attitude la vexait mais, chose certaine, je n'allais rien lui demander aujourd'hui. Je comptais prendre le temps de la mettre de mon côté un minimum plutôt que profiter à court terme d'un nombre limité de faveurs ordinaires.

-Un dieu mortel, à qui l’on cède une part de sa liberté en échange d’autre chose, qu’importe laquelle ? Je ressens l’envie, tant de pouvoirs avec les autres…

Elle s'adressait à Casture, mais je ne perdis pas un mot: hors de question que je sacrifie ma liberté pour plus de magie, ou pour n'importe quoi, aujourd'hui ou même plus tard. Celui qui tirait les ficelles conservait le véritable pouvoir et je refusais d'être le pantin de qui que ce soit. Je préférais mon statut relativement modeste à une grandeur illusoire.

- Pour moi, l’honneur c’est comme la virginité : quand on l’a on peut en être fier mais après on vit très bien sans. Cela étant, pour ta loyauté comme tes offrandes, je t’accorderai de mon temps. J’ai une douzaine de jours avant la prochaine nouvelle lune.

Je m'abstins de souligner que la virginité n'avait aucune gloire à mes yeux (j'avais compris la blague, tout de même), et que je n'avais pas besoin de douze jours de son temps, mais bien de seulement quelques minutes, et je m'inclinai respectueusement et me présentai.

-Merci de m'accorder votre temps. Je suis Alistair Keating, un démon-faune qui vous admire et respecte comme vous le méritez… pas comme d'autres, ajoutai-je en secouant un peu Casture que je tenais toujours par le poignet, ce qui lui arracha de petites plaintes aigües.

Je m'avançai un peu, traînant mon offrande sans y porter vraiment attention.

-Comme vous devinez l'Envie, je ne vous apprends rien en vous annonçant que mes ambitions sont assez floues, et que j'ai un intérêt pour la puissance. Mais je ne suis pas venu aujourd'hui vous déranger pour supplier pour un don de votre part. Mon intention était simplement de vous exposer mon admiration et vous faire ce cadeau. J'avoue avoir agi en partie par impulsivité.

Je lâchai enfin Casture, après l'avoir tiré devant moi, juste devant Tiamat. Mal en point, il n'arriverait pas à se téléporter sans attirer notre attention avant d'achever de disparaître. De toute manière, il n'avait nulle part où aller maintenant pour échapper à cette déesse.

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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyVen 21 Juin - 16:44

C’est car il la laisse brûler qu’on confie rarement la cuisson des repas au limier, le sourire est partagé. Et ladite cuisson stoppée ; Casture aura peut-être encore une utilité. Quant à l’agréable de la situation, il faut savoir en savourer autant que l’on peut sinon la vie, comme la mort, perd de sa saveur. Est-il plus déprimant que de ne plus goûter que la cendre ? Torture à essayer. Plus tard, pour l’instant je me concentrer sur les deux démons. Sur leur symbolique. Sur la mienne, également. Le monstre du chaos… le dieu mortel… le limier semble déprécier le second, pourtant celui qui offre le plus de possibilités. "Avec", non "contre".

Je ne m’embarrasse pas de la réaction cependant, poursuivant mes paroles à son attention selon mon intention. Une belle marque de respect précède remerciement et présentation, tous trois appréciés. "Alistair Keating", le nom me dit quelque chose, "démon-faune", la précision m’éclaire, "qui m’admire et me respecte comme je le mérite", cela est polysémique ; "pas comme d’autres", c’est plus clair. L’autre concerné couine faire à une légère brutalité que l’ardente précédente lui démultiplie, puis est trainé à mes pieds alors que le limier poursuit.

Je le regarde avec attention, une attention silencieuse, une attention immobile à l’exception de ces yeux qui le fixent. Je devine l’Envie, le terme est bien choisi ; lui a deviné que je n’ai pas d’empathie, les sentiments des autres me restant étrangers malgré mon habitude à lire leurs émotions, mais cela ne m’empêchera pas de continuer mon mysticisme. Quant à ne rien m’apprendre en m’annonçant des ambitions floues, c’est là une démonstration magistrale de ce qui tombe sous le sens. La puissance, cependant, est un fait. La puissance du monstre du chaos, également ?

Mon visage se penche légèrement, yeux et oreilles changeant leurs points de perception, lorsqu’il n’est pas question de me déranger, ce qui est fait, pour supplier, ce qui n’est pas fait, pour un don, ce qui reste à voir quant à sa faisabilité. Une intention de simplement m’exposer admiration et faire "ce cadeau". Mes paupières se plissent un instant.

« Présidant à l’instabilité, je ne saurais reprocher l’impulsivité, dis-je avec un sourire unilatéral qui me conduit à redresser la tête. L’irrespect, en revanche… »

Alors que le limier a relâché la proie qu’il a rapporté, j’accepte celle-ci en posant un pied et le collant au sol dans un râle plus long que le précédent. Je me suis déjà faite plusieurs fois avoir par des démons s’enfuyant instantanément, je ne prendrais pas le risque que celui-ci se retire ainsi. Et puis de l’eau fraiche c’est bien contre les brûlures, même si la blessure de Casture est au-delà de remèdes de grand-mère et les goutes qui me courent dérisoires ; et salées. S’il en avait, je mettrais du sel sur ses plaies métaphoriquement et littéralement. Comme il n’en a pas, je me contente d’une douloureuse métaphore.

« Car nous parlons d’irrespect, Casture. Quel que soit le Léviathan en lequel tu crois, il n’en est qu’un : moi. »

Maintenant ma pression pour qu’il ne s’échappe pas, je me détourne de lui de la vue lorsqu’ils cessent de m’agresser l’ouïe. J’en reviens donc pleinement à Alistair Keating, dont le nom m’est partiellement connu : Keating, c’est la collectionneuse d’hybride démon. Je ne me souviens plus son prénom, misant sur Irene s’il me fallait lui en donner un, mais l’idée de croisement avec d’autres espèces avait attirée ma curiosité, après tout ce n’est pas une activité m’étant étrangère d’une certaine façon, et le fait qu’elle soit à l’initiative d’une mère m’avait d’autant plus amusé. Cela étant, tant que la mère Keating n’aura trouvé de dragon, je ne crois pas avoir de raison de me mêler de ses affaires. Sauf si ses affaires viennent à moi. Impulsivement ou pas.

« Ton exposition est faite, Alistair, et saches-là appréciée. Avant de tacher de la mériter, je suis curieuse d’une chose : tu as mentionné deux offrandes, en échange de mon temps. L’admiration est-elle la seconde, ou me faut-il aussi gagner celle-ci ? »

D’un pas qui saura être douloureux au Casture qui me sert d’appui, j’avance à nouveau vers Alistair. Un instant après avoir libéré le premier, je m’accroupie puis m’assois dessus. Mes mains s’enroulent autour de mes jambes repliées tandis que mes yeux continuent de fixer le démon compétent. Mon expression est mystérieuse, tant il est à la fois possible que ma curiosité soit joueuse comme méfiante. Possiblement des deux. Alistair n’est pas une menace mais je n’ai pas fini de l’évaluer. Intelligent, impulsif selon ses dires et c’est bien la seconde partie qui est la plus importante, admiratif, ambitieux, planificateur. Il n’aurait pas parlé d’ambitions floues si lui-même n’était pas capable de les voir. Or, je suis une créature marine et distinguer dans le trouble fait parti des choses que mon environnement m’incite à faire ; ou à trouver une alternative.

« Ta famille est connue jusque dans les contrées maritimes. Si je ne dirais pas que c’est un honneur de te rencontrer, considérant mon parallèle avec la virginité, tu es une curiosité. Installe-toi, je t’en prie. »

L’une de mes mains l’invite à s’assoir, tapotant sur Casture afin qu’Alistair s’installe à mon côté et participe à l’enseignement sur l’irrespect au démon qu’il m’a ramené. Pendant qu’il le fait, je m’occupe moi-même à changer de position, pour me tourner vers l’océan infernal et ses victimes encore moi bien loties que notre siège improvisé. Cependant, leur sort à elles est réglé, celui de Casture encore sur la balance ; dépendra de comment il prend sa leçon. Leçon que j’agrémente en étendant les jambes et en me penchant en arrière, me retenant avec les bras. Je suis parfois trop bienfaisante, cela diminue un peu mon poids sur lui-même si cela assure ma stabilité malgré lui. Jambes l’une sur l’autre d’aise, regard vers la mer éclairée de nombreuses âmes phosphorescentes et son horizon noir, je lâche une question avec toute la légèreté du monde.

« Quelle définition donnes-tu à la puissance, Alistair ? »
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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyMar 13 Aoû - 14:40

J'étais craint aux Enfers, comme tous les démons plus puissants que la moyenne. Les faibles m'évitaient. Enfin, ceux qui n'étaient pas trop cons. Certains me provoquaient, souffraient puis mouraient. Je ne trouvais jamais de patience pour jouer avec eux très longtemps. S'ils ne représentaient pas un défi, ils me faisaient perdre mon temps. Un affrontement trop facile à gagner n'améliorait pas ma réputation et ne me divertissait pas.

J'aimais fréquenter les dieux à la fois par intérêt pour mon avancement personnel et parce qu'ils étaient passionnants. Je leur offrais un peu d'admiration et ils me repayaient avec tout un spectacle. Je m'assurais toujours de leur laisser savoir que je les trouvais supérieurs et infiniment dangereux. En général, ils l'étaient - je ne choisissais pas de fréquenter des dieux flétris -, mais presque tous les dieux se pensaient plus puissants qu'ils ne l'étaient vraiment. Dans leurs mythologies respectives, les divinités vedettes régnaient, bien sûr, mais la brèche avait changé les rapports de force pour tout le monde. Un dieu souverain parmi des dizaines d'autres divinités aux origines différentes et aux talents variés ne valait que ce que sa débrouillardise et ses contacts pouvaient lui apporter. La force brute n'était qu'une donnée parmi les autres. Il suffisait que quelques dieux s'allient pour en renverser un plus puissant qui sortait des rangs.

Loki était parvenu à se faire craindre de beaucoup de divinités et de mortels en tant que dirigeant de la ville, puis il avait été écarté. Il y avait bien des rumeurs comme quoi il avait mis en scène sa propre mort pour revenir plus tard, mais les faits confirmaient qu'il n'avait pas pu conserver sa place de dirigeant. Il avait rebâti New York, mais on ne se souvenait de lui que comme d'un fou furieux. J'avais exposé à Proserpine, et même à Mars, comment son parcours reflétait l'échec. Même s'il revenait et reprenait le pouvoir, il ne serait qu'un dictateur de plus à faire tomber. Il avait tenu le pouvoir et l'avait laissé s'échapper. Je m'efforçais à ne pas risquer ce type de parcours et je ne convoitais jamais une puissance trop lourde à porter. Heureusement, mes capacités me permettaient de viser tout de même très haut si je le faisais avec prudence.

D'un oeil extérieur, ma vie ne reflétait pas la prudence ni la retenue. On me reprochait souvent mes accès de colère tout comme mon enthousiasme intarissable quand une idée me passionnait. Ce qu'on remarquait rarement, c'était le contrôle derrière l'impulsivité. Je réfléchissais encore plus vite que j'agissais, et mes actions ne tombaient jamais par hasard. Elles servaient toujours une motivation déjà analysée. Je regrettais rarement une décision. Toutes les tempêtes que je lançais, j'y étais préparé.

Tiamat accepta mon excuse d'impulsivité, qui en soit n'était pas un mensonge. Je n'avais pas prévu venir la trouver aujourd'hui. Aujourd'hui. J'avais des idées la concernant, ainsi que beaucoup de divinités, depuis beaucoup plus longtemps, et je n'attendais toujours que la bonne occasion de me lancer.

Je souris à la mention de la seconde offrande. J'aimais quand les dieux attendaient quelque chose de moi. En fait, j'adorais posséder quelque chose qui faisait envie à une autre personne, que ce soit concret  ou non.

-Mon admiration est un bonus!

Je désignai l'oeuf que j'avais posé devant Tiamat à mon arrivée.

-Voici mon autre offrande. Elle est moins... musicale que Casture, mais elle promet beaucoup d'amusement. C'est le fruit de sa petite expérience. Notre viande brûlée a peut-être réussi à créer un basilic. Ça vous ferait un animal de compagnie sympathique ou un dîner unique.

J'aurais pu garder l'oeuf, attendre son éclosion et ajouter le basilic à ma petite collection d'animaux infernaux, mais mettre Tiamat de mon côté valait beaucoup plus à mes yeux. De toute manière, j'avais l'éternité devant moi pour en créer un selon mes propres conditions. Ces animaux n'étaient pas si difficiles à mettre au monde; c'était leur conférer une puissance divine qui relevait de l'extraordinaire. Casture y était-il parvenu? Dans un cas comme dans l'autre, je ne voulais pas de son bébé reptile. Il risquait de m'attirer des problèmes avec les dieux - et à voir la réaction de Tiamat en découvrant ce projet, cette considération se révélait juste.

-Oui, ma soeur sirène me parle régulièrement de ces lieux si intéressants en mer.

Bon, j'étais une curiosité. On me la faisait régulièrement, celle-là. L'hybridation intriguait. On me questionnait sur mes capacités, sur mes faiblesses, sur tous les détails qui perdaient de leur clarté avec le mélange d'espèces. Je me plaisais à ne jamais expliquer. Aucun intérêt pour mes talents ou mes limites ne pouvait avoir de motivation positive. J'avais grandi entouré de démons; je savais que l'ennemi était toujours partout.

Sa question sur la puissance était un piège. Avec les dieux, tout était un piège. Je pris le temps de caresser doucement les cheveux de Casture. Je m'étais assis sur lui à la demande de la déesse et je lui offrais un peu de tendresse pour augmenter sa confusion et sa terreur.

-Un champ d'action sans limites.

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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyMar 27 Aoû - 9:48

Son admiration est un bonus, cela m’amuse et je le manifeste d’un sourire comme d’un soufflement. Sans surprise, son autre offrande est l’expérience de Castur. Moins musicale que son "créateur", en effet. Moins confortable aussi. Plus prometteuse, possiblement. Les deux options que finit par évoquer Alistair Keating concernant ces promesses maintiennent mon sourire. Cependant, l’interrogation quant à la nature de l’œuf m’influence : est-il un œuf de basilic enchanté pour devenir un "Léviathan" ? Ou bien un œuf de serpent modifié à l’aide du sang d’une gorgone pour donner un basilic grec ? Ou encore un basilicoq, confondu avec la cocatrix à la naissance plus difficile encore ? Dieux merci, puisque je me permets l’expression, l’éclosion ne saurait tarder. Avec elle, les réponses. Quant à sa nature. Quant au fait que je l’élèverai ou le dévorerai.

« Tes options me plaisent. »

Même si elles ne méritent de s’y attarder pour l’heure. L’œuf qui m’est donné, néanmoins, trouve la sécurité de mes cuisses. L’installation se poursuit, tout comme la discussion. Les sirènes, voilà également des désignations confondues entre les peuples de l’Antiquité et ceux du Moyen-Age… et on ne se limite qu’au bassin méditerranéen. L’intérêt est cependant aux mers des enfers, océan souterrain autrefois dédié à mon époux. Elles ont bien changé depuis qu’Apsu encadrait l’Axis Mundi, histoire pratiquement oubliée avec une autre confusion : celle de Bahamut et du Béhémoth. Dernier témoignage de la trinité proto-divine, le trio du Léviathan, du Béhémoth et du Ziz reprend beaucoup de la mythologie mésopotamienne ; ainsi semblait-il logique que, entre le premier me correspondant et le troisième correspondant à Anzu, le Béhémoth soit Absu. C’était le cas pour Bahamut. Cependant, sur Bahamut se tenait Kuyūthā, le bœuf cosmique. L’Esprit de la Terre. C’est la chrétienté qui les a confondus. Et c’est un hors sujet.

Le sujet en était à la famille Keating, dont la sœur sirène peut être considérée comme des miens, de sujets. A loisir, je n’ai jamais été très regardante là-dessus. Je suis la Gouverneure des Contrées Martines et la Grande Amirale des Enfers car personne ne peut m’y disputer leur suprématie ; enfin, ne pouvait. Les flots sont le chaos, quand bien même ils ne sont plus primordiaux. En émergent ceux qui le méritent, les autres se noyant à jamais. Cela étant, je suis tant liée à la nature qu’à l’Etat : quiconque passe un contrat social avec moi bénéficiera des avantages liés à sa concession, cela limite également cet état de quasi-guerre qui règne dans les flots. Etat sur lequel Castur a voulu tenter sa chance. Etat sur lequel Alistair l’a obtenue. Pour quoi, finalement ?

« Un champ d'action sans limites. »

Assise sur le siège gémissant d’autant plus qu’Alistair le titille, bras en appui et jambes tendues, cuisses supportant l’œuf offert, je cligne des yeux. Un clignement lent. Un clignement doux. Antique. Mon sourire a disparu. Je regarde l’horizon.

« Je nomme cela "liberté". La capacité de faire tout ce qu’on est capable de faire, parce qu’on est capable de le faire. »

Ainsi donc, la quête d’Alistair Keating est d’augmenter ses possibilités. Il n’est pas différent de la plupart de ceux venant à ma rencontre. Castur a utilisé la sienne pour tenter de me détrôner. Alistair a utilisé la sienne pour tenter de s’attirer mes faveurs. Et pourtant, lorsqu’ont été évoqué les visages du Léviathan, lorsqu’ont été opposé le monstre du chaos capable de détruire ceux qui lui font face et le dieu mortel capable de leur apporter puissance et liberté en échange d’une limite, Alistair a choisi le premier ; tout comme Castur. Est-il ici dans l’espoir d’amadouer le dragon, accomplissant au final similaire action que celui qu’il a dénoncé ?

« Tu m’envies, dis-je paisiblement, sans que cela soit une question. C’est l’origine de ton admiration. Un compliment, à son instar. Cependant… tu n’es pas prêt à assouvir cette Envie. Pas à aucune des deux manières que j’ai énoncées, quand bien même l’une d’elle t’attire plus que l’autre. C’est cela, le flou qui entoure tes ambitions. Je suis une piste, parmi d’autres. Je suis une piste, que tu explores. Reste à savoir si tu m’emprunteras et, le cas échéant, comment tu le feras. »

Je ne tente pas d’endormir sa méfiance en montrant ce que je sais. Au contraire, certaines déductions indésirables l’accroitront. Je tente de dissimuler ce que je sais en en énonçant une partie. Il n’est pas le seul à explorer, à envisager, à anticiper. On se teste.

« J’interromps là mon énoncé de ce que tu sais déjà, poursuis-je en tournant mon regard de l’horizon à mon côté. Ma démonstration de ce qui saute aux yeux. A ton tour. »

Je fixe Alistair. Une piste qui tend des pistes, serpentante et changeante. Je ne fais rien pour cacher ma présence incommensurable. Je ne fais rien pour cacher l’intensité de mes yeux. Je laisse Alistair plonger son regard dans l’abîme afin que je le regarde à mon tour également.
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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyLun 7 Oct - 19:43

Je maintenais des relations positives avec plusieurs dieux. Les deux plus particulières étaient avec Proserpine et avec Jormungandr, séparément. Proserpine soulevait non seulement mon admiration sincère - peu de dieux infernaux rivalisaient avec sa puissance et son statut - mais aussi une sorte de fascination inexplicable. J'étais son fan, s'il fallait le dire simplement. J'avais menacé des artisans pour qu'ils me fabriquent des trucs à son effigie. J'avais étudié son histoire ainsi que celle de Perséphone, pour les comparer à son avantage., bien sûr. Je lui envoyais des offrandes de temps à autre, et je prenais soin d'en envoyer aussi à son mari de temps en temps pour ne pas donner l'impression que je voulais nuire à leur couple. Je m'amusais beaucoup dans mon petit délire.

Jormungandr - Jormu - était plutôt un ami. Des gens s'étonnaient encore de nos jours de découvrir qu'un démon pouvait avoir des amis. Nous étions le mal et bla bla bla… Mais en quoi est-ce dangereux d'avoir des défauts sans avoir de qualités? Certains démons manquaient de complexité, c'était vrai. Nous nous démarquions en moyenne par notre méchanceté et notre égoïsme, mais nous avions aussi des points forts qui nous gardaient en vie et encore choisis comme alliés après des siècles de mauvaise réputation. Pour faire régner le chaos, même du côté du mal, il fallait des nuances et des extrêmes. Si ma rencontre se passait bien avec Tiamat, je devais lui faire un jour rencontrer Jormu. Entre gros serpents divins, ils allaient probablement avoir beaucoup à partager.

Mes suggestions concernant le futur basillic plaisaient à la déesse. Ce qu'elle en faisait ne me regardait pas et ne m'intéressait que modérément. Un animal infernal qui ne m'appartenait pas retenait mon attention seulement quand il était phénoménal ou quand je voulais me le procurer. Un bébé basilic, ça restait moins impressionnant qu'un chien de l'enfer, et plus chiant à sortir sur Terre.

Elle me parle de liberté et je comprends que d'un point de vue de déesse, les limites sont un concept plus flou. Je dois lui préciser ma pensée.

- La puissance repousse les frontières de la liberté. La différence est dans l'ambition. On peut être libre tant qu'on n'a pas de buts plus élevés que sa condition. Dès qu'une personne a un sens de la vision, elle découvre l'importance de la puissance pour abolir les limites et aller toujours plus loin.

Bien sûr que je l'envie. Les dieux ont un potentiel illimité. Les plus faibles d'entre eux manquent souvent surtout de stratégie pour avancer. J'écoute Tiamat me dicter l'évidence en cherchant pourquoi elle me parle de moi. C'est finalement une tactique pour me forcer à parler à mon tour. Je n'ai rien de spécial à dévoiler ou que je crains qu'elle devine. Je suis reconnu pour mon côté bruyant. Je garde la subtilité comme arme secrète pour les cas délicats seulement. Plus on se montre honnête, plus les gens se sentent en confiance. Plus ils acceptent facilement un mensonge.

Je me laisse envoûter par son regard. L'expérience est unique. Je ne sais pas si elle cherche à déceler quelque chose en moi ou si elle profite simplement de l'effet que sa présence a sur les mortels. Qu'elle creuse, si ça l'amuse. Je ne crains pas qu'elle me devine, ça nous sauverait du temps en nous évitant d'autres explications d'un côté comme de l'autre.
Vient le moment où elle attend une réponse de ma part.

-Si je dois parler de ce qui saute aux yeux, je vais devoir frôler l'insulte, dis-je pour la préparer. Les dieux ont en commun le besoin d'être adulés et un ennui qu'ils ont du mal à combattre seuls. Je sais être la solution pour les deux.

Je ne me vante pas. Je sais faire appel à l'intensité des dieux, parce que la mienne dépasse généralement celle des mortels. Ça explique mon nombre réduit de relations durables en dehors de ma famille. Pour ce qui est de la vénération, je ne suis pas un fidèle standard. Je ne prie pas, je ne remercie pas et je ne dédie pas des moments précis dans l'année pour me livrer au culte d'une divinité. Mais je fais des offrandes, je me montre admiratif et je rends service avec enthousiasme. J'ai fait mes preuves avec Proserpine. Je sais aussi m'émerveiller devant son royaume avec Pluton et je fais les compliments les plus originaux à Bellone.

-J'ai l'Envie du pouvoir, mais j'ai aussi l'Orgueil de me croire digne d'attention sans me soumettre à un marché.

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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyMer 9 Oct - 5:34

La puissance repousse les frontières de la liberté, je suis en accord. La différence au sein de l’ambition demande plus de réflexion, Alistair me fournissant les siennes : on peut être libre tant qu’on n’a pas de buts plus élevés que sa condition. C’est un point de vue que je ne partage pas réellement, puisqu’on peut être prisonnier de sa condition et l’accepter, cependant j’admets non seulement ne pas avoir de buts plus élevés que ma condition et avoir la condition la plus confortable de la création ; qu’importe qu’on ait tenté de me la retirer en me démonisant.

« Dès qu'une personne a un sens de la vision, elle découvre l'importance de la puissance pour abolir les limites et aller toujours plus loin. »

Alistair a donc une vision, motivation à repousser toujours plus loin son champ d’action pour qu’il devienne "sans limites". Il y en aura toujours, même le plus puissant des êtres peut être vaincu par une coalition de créatures moindres. Cela étant, cette révélation peu surprenante confirme qu’Alistair n’est pas sincère ; envers moi, peut-être envers lui-même. Ses ambitions sont "assez floues", selon ses propres mots, mais il en a une vision. Et il veut la puissance pour l’accomplir, pour être plus que l’hybride qu’il est aujourd’hui. Son impulsivité l’a peut-être fait saisir l’opportunité représentée par Castur mais il avait déjà un plan auparavant. Reste à savoir si c’est là une méthode.

Sans un mot, Alistair admet m’envier. Il m’écoute avec attention et perplexité. Il se moque d’être ainsi analysé. Se laisse emporter par les embruns de mon regard. Fait face, sans peur, sans malaise, sans appréhension. Finalement, répond.

« Si je dois parler de ce qui saute aux yeux, je vais devoir frôler l'insulte. »

Voilà un trait d’humour qui m’amuse, me faisant plisser les lèvres et cligner des yeux. Les divinités ont le besoin d’être adulés… c’est une généralité qui revient à mal connaitre certaines. Je ne parle pas des craintes, ce qui reste une forme d’adulation, mais de celles qui se passent des humains ou acceptent leur oubli. L’ennui est une généralité cependant plus majoritaire : effectivement, l’immortalité apporte son lot de difficultés. A tout expérimenter, on peut perdre le goût de choses ; personnellement, je le conserve par la simplicité. Quand au fait qu’Alistair sait être la solution au besoin d’adulation comme de stimulation…

« Je n’en doute pas. »

La présente situation en est un exemple et j’anticipe qu’Alistair puisse mener similaire train de vie, ne serait-ce que pour son propre plaisir. Cela étant, je constate également qu’il s’en tient à des généralités plutôt que d’aborder mon cas, soit par rétention d’information soit parce que je ne suis rien d’autre qu’une divinité pouvant servir ses intérêts. Son Envie du pouvoir. Son Orgueil de se croire digne d’attention sans se soumettre à un marché.

N’est-ce pas d’un marché tacite dont nous discutons ? Découvrir les ambitions de l’autre. Découvrir nos manières d’y répondre. Heureusement, le problème d’Alistair est moins avec le marché qu’avec la soumission. Alistair Keating veut l’autarcie. Il veut une chose que même la plupart des divinités n’a pas. Cependant, il ne semble pas le voir. Ce qui me fait m’interroger sur l’étendue de cette occultation.

Entrouvrant la bouche, je prends une inspiration puis expire brièvement.

« Je peux repousser les frontières de ta liberté, reprends-je avec flegme. Je peux repousser les frontières de ta liberté jusqu’à ce que tu joues à égal avec ceux pour qui tu frôle l’insulte. Même Satan ne peut te permettre pareille chose. »

Je suis consciente que je ne peux tenir cette promesse : mon affaiblissement actuel m’en empêche. Cependant, ses aspects secrets et temporaires me permettent d’en jouer tout de même, sachant que l’on ne s’engage à rien. L’Envie. Alistair envie le pouvoir des dieux, je lui fais donc savoir que je pourrais le lui donner. Pourrais.

« Je peux faire cela sans te soumettre. Regarde mes fils. Ni Baal ni Belzébuth ne sont mes subordonnés, pour ne pas dire qu’ils ont trouvé des moyens de se montrer supérieurs à moi. »

Je suis l’un des quatre Princes Infernaux, d’ampleur égale à Satan, Lucifer et Bélial. Cependant, je suis également Chevalier de l’Ordre de la Mouche, dont Baal est Grand-Croix et Belzébuth le Maître. Cela ne me gène pas réellement, les enfants ont besoin de s’affirmer et tant que leur respect pour leur mère demeure j’en serais satisfaite. Evidemment, c’est un point remis en cause par la crise d’adolescence mais il ne sert à rien de revenir quatre mille ans en arrière.

« Cependant, tout comme je comprendrais que tu préfères rester du côté qui adule et divertit, tu comprendras que je ne donnerai rien sans échange équivalent. Tes offrandes t’ont rendu digne d’attention. Maintenant, nous discutons. »

Ironiquement, le marché qui serait le moindre contraignant à Alistair est celui de base envers les humains : vendre son âme. Cela ne lui coûterait rien dans cette vie ni ne le soumettrait. Cependant, je ne suis pas certaine qu’Alistair ait une âme à vendre. Les démons, comme les divinités et nombre d’autres créatures dans ce royaume souterrain, n’ont pas d’âmes car ils sont des âmes. D’où qu’un être humain décédé puisse être transformé en l’un d’eux, son âme remodelée aux Enfers en une sorte de petite ascension. Cependant, Alistair étant déjà de ce niveau d’existence, c’est la grande ascension qui l’intéresse. C’est pourquoi, même s’il en avait une, je ne suis pas certaine que ce soit l’âme d’Alistair qui soit la plus intéressante à négocier. "Dès qu'une personne a un sens de la vision, elle découvre l'importance de la puissance pour abolir les limites et aller toujours plus loin", pour le citer.
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MessageSujet: Re: Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] Il n'y a qu'un seul Léviathan [Thomasine T. Océane] EmptyMar 26 Nov - 18:36

Il fallait le dire, les dieux étaient quand même drôlement chiants. Tous. Même mes préférés. Naître puissant, ça te donne un sacré ego. Difficile d'avoir une vision réaliste quand depuis toujours, tu domines tout le monde. Les dieux aimaient qu'on les admire, qu'on les vénère… Ils se posaient moins de questions qu'un mortel quand on s'inclinait devant eux ou quand on leur faisait des faveurs. Ils étaient habitués aux fidèles, aux rituels, aux offrandes… Ils étaient aussi habitués à apprécier ceux qui les aimaient. C'était un truc de quoi profiter.

J'avais travaillé pour ma puissance. Mes bases n'étaient pas les plus modestes, mon hybridation m'ayant donné des facultés particulières et une force dépassant celle des autres démons de naissance, mais je devais à mes efforts réfléchis mon niveau aujourd'hui. Pour un humain, j'étais simplement un adulte. Pour un démon, je venais à peine de naître. Si j'étais né dieu, je ne serais pas tombé dans l'oubli comme la plupart de ceux qui avaient passé la brèche. J'aurais amplifié ma puissance rapidement et j'aurais paufiné mes spécialisations et mes incarnations pour ne jamais passer de mode.

Certains démons étaient aussi des divinités à cause de leur puissance ou de leurs origines. Rien ne m'interdisait d'ajouter un aspect divin à mon hybridation si j'en avais un jour la chance. Mais quand je voyais certains déchets mythologiques qui traînaient à New York, je ne me faisais pas d'illusions sur les limites du pouvoir des dieux. On pouvait le gâcher et probablement le perdre.

Tiamat m'affirma ne pas douter de mes capacités à lutter contre le manque d'attention et contre l'ennui. Je me fichais de savoir si elle mentait: elle m'ouvrait la porte vers une forme d'entente. À partir du moment où on accepte officiellement un comportement, on ne peut plus le reprocher ou en regretter les conséquences sans se ridiculiser. Tiamat me permettait donc de l'apprécier et la divertir, et je pourrais toujours y revenir si un autre de mes comportements lui déplaisait un jour.

Je souris avec un air détaché sa mention d'étendre ma propre liberté. Si elle m'aidait, je lui devais quelque chose, donc je diminuais ma liberté. Elle ne pouvait pas m'offrir ce que je voulais réellement, même si elle en était convaincue. Je ne voulais pas un cadeau - les cadeaux venaient avec des obligations. Je voulais le cadeau et le reçu; je voulais avoir le plein contrôle. Et c'était ce que j'avais quand je ne prenais pas d'arrangements, même si la puissance supérieure des autres me limitait et me forçait à la prudence. Je n'étais pas venu vers elle pour des échanges inutiles.

-C'est une offre généreuse et je vous en remercie. Je prendrai le temps de la considérer, mais ma situation n'est pas urgente.

De la lâcheté? Plutôt de l'intelligence, oui. Je ne voulais pas insulter la déesse, mais sa manière de me coincer avec son offre de puissance - et ne nous faisons pas de films: de puissance grandement inférieure à la sienne - attisait ma méfiance. Je ne serais pas son petit dieu domestique. Parce que c'était ce qu'elle me proposait, être une divinité liée à elle, une divinité dont elle contrôlait la puissance et probablement la spécialisation.

Sa mention de Satan était curieuse. Avait-elle l'habitude des comparaisons défavorables avec lui? Déesse de l'Envie, cultivait-elle son propre péché à l'endroit du Diable? Il était beaucoup plus populaire qu'elle, avec un culte sans cesse renouvelé. Je ne le connaissais pas personnellement. En fait, je l'avais volontairement évité. J'attendais d'avoir une raison de le voir. Je ne pouvais pas me présenter en fangirl devant lui comme devant les dieux moins reconnus parce qu'il recevait ce type d'accueil aux Enfers et sur terre depuis des siècles. Il me fallait un moyen de l'impressionner ou de l'intéresser.

Je ne dis rien sur Satan, préférant éviter les pièges potentiels. Baal et Belzébuth pourraient être des exemples convaincants, mais on ne parlait pas du même contexte. Ils étaient tous deux nés il y avait une éternité, avant l'existence des mythologies à l'œuvre aujourd'hui, avant leurs liens avec les Enfers. On ne se battait pas pour le pouvoir, ni même pour la survie, de la même façon qu'aujourd'hui. Facile de ne pas trahir quand il n'y a rien à gagner à le faire.

-Si je décidais de franchir le pas, que demanderiez-vous en échange? Vous savez que je suis curieux.

Je ne feignais pas mon intérêt: même convaincu que je ne souhaitais pas prendre d'entente, je voulais savoir ce qu'elle avait à y gagner.

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