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Le chat et la chauve-souris [Frederik]

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Serpentard bien élevé
Jim V. CrowleyJim V. Crowley


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MessageSujet: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyJeu 18 Avr - 20:59

Les parents de Jim se montraient étouffants, mais ils le soutenaient en lui permettant de s'offrir le meilleur. Aux yeux de Jim, leur sévérité illustrait à quel point ils avaient à coeur la réussite de leur enfant. C'était pourquoi il se surpassait pour essayer de les couvrir de fierté. Ses efforts ne suffisaient jamais, mais il persévérait. Dernièrement, il avait eu une preuve de plus que les moyens de ses parents d'atteindre le succès devaient être la voie à suivre. Il en avait dérogé quelques mois en s'investissant auprès d'amis hors de son milieu habituel, des gens qui disaient l'apprécier en tant que personne et qui lui donnaient l'impression de vouloir forger des liens non basés sur un intérêt concret commun ,et il le regrettait aujourd'hui. Jim n'avait pas l'habitude de donner aux gens la chance de le rejeter et ne s'était pas préparé à être détesté et dédaigné de gens qui lui avaient d'abord témoigné affection et respect.

Jim demeurait assez confus quant à la part de blâme à s'attribuer. Ses anciens amis s'étaient mis d'accord pour faire de lui le seul coupable de la tournure des événements, mais le contrôle lui avait échappé bien avant que les choses dérapent vraiment. Il était convaincu d'avoir été clair avec Taylor – en fait, avec tous ses amis – au sujet de ses projets d'avenir, lesquels excluaient une relation amoureuse sérieuse. Malgré cet avertissement, Taylor s'était attaché à lui. Jim ne comptait l'avouer à personne, surtout après ce qu'il avait vécu comme une trahison de la part de ses amis, mais il s'était investi plus que prévu dans cette relation et la voir se terminer l'avait secoué. Malgré son affection pour Taylor, il n'avait pas hésité à le remettre à sa place quand il avait exigé un engagement excessif. Acculé, il s'était peut-être montré trop dur avec lui, par colère et par peur, mais il avait été honnête. Il ne se permettrait pas de mettre son avenir en péril pour Taylor. Il ne s'imaginait pas une vie à ses côtés. Taylor ne lui avait pas donné de chance de s'expliquer et Jim ne l'avait pas retenu quand il était parti bouder. Le lendemain, leurs amis en commun l'avaient bloqué sur les réseaux sociaux et Kelly lui avait écrit un long texto pour s'excuser d'avoir pensé avoir quelque chose en commun avec un fils de riches qui ne pense qu'à son futur dans la haute société, pour le traiter d'ennemi des artistes et gens vrais de ce monde, et pour lui souhaiter une belle vie vide d'amour et d'intensité. Jim avait commencé plusieurs messages pour essayer de s'expliquer, mais ce que ses soi-disant amis lui avaient prouvé de leur personnalité le décevait trop pour qu'il ait envie de marcher sur sa fierté et suivre son habitude faire des compromis pour arranger tout le monde. Il s'était finalement contenté de répondre ''Ok.'' en se disant qu'ils ne valaient ni efforts ni insultes. Il n'avait rien répondu quand Kelly l'avait relancé en le couvrant de davantage de reproches, ni quelques jours plus tard, quand Taylor lui avait écrit qu'il lui manquait.

Les gens étaient compliqués.

Se concentrer de nouveau sur ses études et sa carrière lui avait permis de retrouver un équilibre, mais l'amertume mettait du temps à le quitter. Heureusement, il se distrayait en passant du temps avec Melany et Frederik. Celui-ci était passé lui rendre visite ce soir-là et lui avait donné des nouvelles de son intégration dans le clan de vampires qu'il fréquentait depuis quelques semaines. C'était Jim qui le lui avait déniché en se servant des informations de son père, et il s'était assuré de la fiabilité de ceux qui en faisaient partie avant de proposer à Frederik de se rapprocher d'eux. L'éducation du felidae le portait à croire en la force dans l'union avec ses semblables et il avait pensé au soutien potentiel d'une sorte de famille pour son ami vampire, dont les parents n'étaient pas magiques. Ni d'un grand soutien, d'ailleurs. Jim avait remarqué avec les années que son ami se braquait dès qu'on lui posait des questions directes sur son père ou si on insinuait qu'il manquait d'intelligence. Il n'en avait pas tiré des conclusions très positives au sujet de M. Holmes.


-Tu m'étonnes, ouais, que Cameron est pas enthousiaste. On parle quand même de celui qui t'a transformé en pensant qu'il avait mis ta vie en danger en te mordillant dans le cou. Il se sent menacé, c'est normal.

En rejoignant un clan de vampires, Frederik risquait d'être découvert par M. Crowley, mais évoluer en vampire solitaire, avec Cameron Evans qui faisait davantage figure de boulet que de soutien, l'exposait à de bien plus graves dangers. Dès que Jim avait su que son ami était un vampire, il l'avait questionné, puis s'était inquiété pour lui. Si son initiative menait son père à déduire la nature de Frederik, Jim était prêt à lui tenir tête pour protéger son ami. De toute manière, les felidae ne se sentaient pas menacés par les vampires, et Jim espérait compter sur M. Crowley pour garder le secret sur la nature magique de son ami comme il le faisait pour beaucoup d'amis et contacts d'affaires.

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyJeu 20 Juin - 20:15

Frederik se sentait mieux depuis qu’il fréquentait le clan de vampires auquel Jim l’avait référé. Les membres de ce groupe étaient des vampires d’âges variés qui avaient pour but de ne pas s’attaquer aux humains pour rien. Ils avaient donc créé des alliances parmi les programmes secrets de la mairie pour obtenir du sang pour les vampires dans leurs rangs. Ils offraient un soutien étroit à leurs recrues et s’assuraient qu’ils ne manquaient de rien. Frederik avait été chaudement accueilli et il y avait toujours quelqu’un pour prendre de ses nouvelles s’il ne les visitait pas pendant quelques jours. Il avait bien entendu parler de ce clan à Cameron dès qu’il en avait entendu parler, et encore plus après sa première visite, mais ce dernier avait refusé de l’accompagner. Cameron avait déjà en place des mécanismes de survie et ne semblait pas enclin à les modifier. Il avait un contact qu’il payait pour avoir du sang et il était satisfait de cette façon de faire. Fred n’avait donc pas insisté, mais préférait le soutien du clan. Pas que le soutien de Cameron n’était pas adéquat, mais cela lui permettait d’avoir plusieurs points de vues, plusieurs façon de faire et plusieurs personnes à qui se confier. Il continuerait de se confier à Cameron, mais il aimait beaucoup pouvoir appeler d’autres personnes en cas de besoin. Sa peur de déranger était désormais vraiment moins présente et son anxiété avait légèrement diminué à ce sujet. De plus, il avait maintenant gratuitement son sang, grâce à ce réseau, et il appréciait l’économie d’argent. Il ne cherchait pas nécessairement à s’éloigner de Cameron, mais il avait pu remarquer, à force de le côtoyer, qu’ils étaient vraiment différents l’un de l’autre.

Frederik était aussi très content du soutien que lui offrait son ami Jim. C’était lui qui lui avait fourni les informations concernant le clan de vampires et il l’avait fortement encouragé à joindre leurs rangs. Son ami avait fait plusieurs recherches sur le clan et ses membres afin d’assurer la sécurité de Frederik et celui-ci lui en était très reconnaissant. Jim avait été très compréhensif et ouvert d’esprit sur sa condition. Frederik avait même eu l’impression qu’il le comprenait mieux, un peu comme quand il avait appris qu’il était dyslexique. Mais c’était peut-être dans sa tête aussi. Il n’avait pas osé en parler à Jim, parce qu’il ne voyait pas l’intérêt de le faire. Ça aurait un peu comme lui dire qu’il n’était pas un bon ami avant de savoir sa nature magique, mais ce n’était pas du tout le cas. Jim avait toujours été attentif et présent pour Fred. Celui-ci ne savait d’ailleurs pas ce qu’il aurait fait sans lui. Il aurait sûrement été recalé plusieurs fois, pour commencer, et aurait ensuite abandonné l’école face à tant d’embûches, rendant ainsi ses parents encore plus désagréables envers lui. Frederik se disait donc qu’il ferait désormais mieux d’être honnête avec Jim sur ses troubles et ses difficultés, afin que son ami le comprenne plus facilement s’il arrivait des situations malaisantes comme son excès de rage et sa crise de famine.


-Tu m'étonnes, ouais, que Cameron est pas enthousiaste. On parle quand même de celui qui t'a transformé en pensant qu'il avait mis ta vie en danger en te mordillant dans le cou. Il se sent menacé, c'est normal. 
-Je ne sais sérieusement pas si c’est tant qu’il se sent menacé, je crois qu’il est juste… comme ça… un peu… étrange…


Frederik se sentait coupable de dire du mal de son ami vampire, mais en même temps il s’était juré de toujours être honnête avec Jim. Après tout ce qu’il leur était arrivé, tout ce que Jim avait fait pour lui, c’était la moindre des choses. Aussi, ils s’étaient vraiment rapproché en tant qu’amis. Ils s’étaient confié sur divers sujets et avaient échangés des opinions politiques et des valeurs même s’ils n’étaient pas toujours en accord. Ils étaient vraiment capable de dialoguer maintenant et de se parler de tout et de rien. Du moins, c’était l’impression de Frederik.

-Don’t get me wrong, je l’aime bien Cameron, mais… il est un peu déconnecté des fois on dirait… ou alors c’est moi qui m’en invente, mais bref...

Frederik aimait beaucoup l’appartement de Jim. La décoration épurée faisait du bien au jeune vampire, c’était relaxant dans un sens puisque ça lui enlevait beaucoup de sources de distractions. Dans la maison des Crowley, et même chez lui, il y avait des tableaux et de la décoration partout, ce qui faisait en sorte que Fred se perdait parfois dans la contemplation d’un objet en particulier et son esprit se mettait à virevolter dans tous les sens, lui faisant perdre le fil de la conversation. Il y avait donc peu de choses sur lesquelles Frederik pouvait s’accrocher et il en était content. Parfois, Jim oubliait une charge de téléphone sur le coffre antique qui servait de table de salon et Frederik finissait très souvent par la prendre et l’enrouler autour de ses doigts tout en discutant avec son ami.

-Alors, depuis tout ce temps en appart, tu ne t’ennuies pas trop de vivre avec tes parents?

Frederik remarqua un livre de science sur le coffre, il laissa ses yeux analyser la couverture quelques brefs instants, puis reporta son attention sur son ami.

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyDim 14 Juil - 20:28

Jim avait expliqué vaguement à Frederik et Melany les raisons de sa rupture avec son groupe d'amis de l'université. Il avait compris qu'éviter le sujet avec sa cousine risquait d'éveiller sa curiosité, et il n'avait  jamais envie qu'elle le noie de questions. Avec son pouvoir de détection de mensonges, elle devenait vite insupportable. Il lui avait révélé qu'une histoire de sexe était à l'origine du conflit, et que tous
ses amis s'étaient alliés contre lui. Il avait prudemment choisi les informations à lui révéler pour
qu'elle ne déduise pas l'identité de Taylor. Satisfaite de ses confidences, Melany avait respecté
son désir de mettre l'événement derrière lui et ne pas en parler longuement. Frederik avait obtenu encore moins de détails. Comme il n'avait pas posé de questions, Jim avait préféré ne pas l'embêter avec sa vie personnelle. Il avait été à la fois soulagé et déçu de pouvoir si facilement lui occulter une partie de sa vie.

Il avait envisagé quelques fois, surtout après plusieurs verres, de se confier à Frederik au sujet de Taylor, en partie par amitié, mais aussi parce que son ami aussi éprouvait de l'attirance pour les hommes. Chaque fois, il avait finalement reculé à la fois par crainte de compliquer sa relation avec Frederik, par grande lassitude à l'idée de s'expliquer et parce qu'il ne savait pas comment aborder les sujets personnels. De plus, il avait bien l'intention d'honorer ses devoirs d'héritier et de fonder une famille pouvant produire une autre génération de Crowley. Après tout, il avait eu plusieurs expériences avec des filles et une seule avec un garçon. Il avait le pouvoir de rendre cette aventure insignifiante avec le temps.

Les autres créatures ramenaient souvent les felidae à une identité de chats, à la fois à cause de leur pouvoir de métamorphose et pour se moquer d'eux, mais ils étaient plus proches des lions, fonctionnant par troupes. Leurs groupes reposaient sur l'intérêt commun et s'organisaient plus froidement que les meutes de lycans, mais les parents s'efforçaient de créer un sentiment d'appartenance chez leurs enfants. Leurs alliances favorisaient la survie de l'espèce, ou plus souvent sa pureté, ainsi que l'ascension sociale. Les felidae n'agissaient presque jamais avec désintéressement et ne s'en cachaient pas. Les autres créatures savaient à quoi s'en tenir et les méprisaient souvent, mais leur transparence sur ce point leur permettait d'éviter les conflits interespèces. Au fil des générations, les felidae s'étaient convaincus de leur supériorité et préféraient de toute manière se tenir à l'écart, au plutôt au-dessus, des autres créatures. Des amitiés naissaient bien sûr avec d'autres créatures ou même avec des humains, mais elles évoluaient en parallèle aux ambitions des felidae. Les aînés se chargeaient de veiller au respect de cette règle et ceux qui ne se pliaient pas à la menace risquaient l'exclusion sociale, au minimum.

Jim ne s'en faisait pas au sujet de son amitié avec Frederik. Les Holmes faisaient partie de la bourgeoisie de la ville la plus puissante au monde, ce qui le rendait fréquentable selon les standards sociaux. Sa condition de vampire augmentait la pertinence de leur amitié : sa potentielle puissance le rendait supérieur à un être humain. De toute manière, il ne nuisait en rien à Jim, à sa famille et encore moins aux felidae de manière générale. Frederik se montrait parfois impulsif et maladroit, mais il débordait de bonnes intentions.


-Je ne sais sérieusement pas si c’est tant qu’il se sent menacé, je crois qu’il est juste… comme ça… un peu… étrange…

-Ouais, juste un peu!


Il se mordit les lèvres pour se retenir de rire. Cameron était franchement bizarre, et c'était sans compter son incompétence en tant que mentor de Frederik. Plus Jim en apprenait sur lui, moins il lui faisait confiance. Le vampire avait tout de même enseigné à son protégé plusieurs faits totalement à côté de la plaque. Était-ce par ignorance ou plutôt pour essayer de le manipuler? Il avait même quelques fois couché avec Frederik, ce qui était tout de même louche en prenant en considération son rôle de mentor et sa tendance à lui raconter n'importe quoi. Il semblait toujours bien intentionné, mais même Mme Crowley réussissait à se donner le beau rôle quand elle voulait obtenir quelque chose de son mari ou de Jim.

-Don’t get me wrong, je l’aime bien Cameron, mais… il est un peu déconnecté des fois on dirait… ou alors c’est moi qui m’en invente, mais bref...

Jim eut un petit sourire. Frederik avait tendance à se protéger quand il émettait un avis négatif ou trop fort. Il ajoutait qu'il n'était pas certain, qu'il doutait, qu'il pouvait avoir mal interprété, etc. Il s'abritait derrière une phrase qui désamorçait le conflit potentiel. Jim avait commencé à contourner ces phrases quand il souhaitait creuser un sujet avec son ami, mais il avait toujours du mal à s'exprimer avec subtilité. Et avec Frederik, c'était souvent tout ou rien dès qu'on abordait un sujet délicat : une grande passion ou une retenue qui manquait de naturel.

-Il fonctionne différemment, j'imagine. Après avoir perdu des proches, les gens s'adaptent.

Défendre Cameron lui écorchait la gorge, mais il ne voulait pas nuire à l'une des rares amitiés de Frederik. Son ami trouvait pertinent de continuer à voir l'autre vampire, en assumant de plus en plus le rôle de mentor plutôt que celui de protégé. Jim l'encourageait à questionner les enseignements de Cameron, mais il laissait Frederik décider de l'importance à donner à sa relation avec lui.

-Alors, depuis tout ce temps en appart, tu ne t’ennuies pas trop de vivre avec tes parents?

Regard de biais. Il avait l'air sérieux.

-Les commentaires quotidiens de ma mère sur mes moindres faits et gestes me manquent cruellement, tout comme le jugement silencieux de mon père chaque fois que je sors ou que je rentre. Les visites surprises des amies bruyantes de ma mère et des soi-disant contacts d'affaires de mon père qui me regardent de haut aussi… Mais je m'ennuie surtout de rendre des comptes à tous les sujets.

Sous ses sarcasmes, il avait gardé un ton enjoué.

-Et toi, tu songes à déménager prochainement?

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyVen 2 Aoû - 16:31

Frederik ne savait pas si c’était normal, mais il n’avait pas hâte de terminer ses études. Il n’était pas particulièrement pressé de devenir réellement un adulte et de devoir travailler dans un domaine qui l’intéressait moyennement. De toutes les suggestions de son père, le jeune vampire avait choisi ce qui convenait le mieux à son style de vie, mais il restait qu’il savait qu’il devrait rendre des comptes à un supérieur et se donner un horaire strict pour réussir à garder son emploi. Il savait que les gens auraient des attentes par rapport à son rendement et ses compétences et il avait peur de ne pas être à la hauteur.

Il y avait aussi le fait qu’il devrait finir par se prendre un appartement, puisque c’était ce qui était attendu de lui, une fois sur le marché du travail. Il devrait se faire un budget et se trouver un endroit à lui, pour bâtir son futur. Mais Frederik craignait si fort de laisser sa mère seule sous le toit familial, de l’abandonner ainsi aux griffes du méchant Holmes, qu’il repoussait le plus possible son départ. En étant sur place, le jeune homme pouvait intervenir et protéger sa mère lorsque son père était en crise. S’il arrivait quelque chose à sa mère parce qu’il n’avait pas pu intervenir, il s’en voudrait toute sa vie. Et il devrait trouver de bonnes raisons de ne pas se laisser aller du côté obscur.

Il regardait Jim évoluer dans sa vie de semi-adulte et il admirait le courage dont il faisait preuve. Frederik était inquiet et pétrifié à l’idée d’habiter seul et d’avoir toutes ses responsabilités. Jim, quant à lui, semblait très à l’aise dans ce qu’il vivait. Il avait rapidement aménagé son espace vital et réussissait à ne manquer de rien. Frederik savait que les parents de Jim continuaient de lui donner un coup de main même s’il avait quitté la maison familiale, mais c’était quand même à Jim de prendre le plus soin de lui maintenant. Frederik ne savait sérieusement pas s’il y arriverait, quand ce serait son tour. Heureusement, il avait moins de besoins de base qu’un humain normal. Fred oubliait souvent de boire et de manger, du temps qu’il était humain. Il était absorbé dans un de ses passes-temps, il ne voyait pas le temps passer et ne ressentait plus les signes de faim et de soif. Il se retrouvait bien souvent affaibli par le manque de nourriture et d’eau à des heures inadéquates. Il ne pouvait pas prendre un repas complet s’il était passé 21h s’il voulait faire une nuit normale. Il se retrouvait donc dans une impasse qui l’angoissait. Heureusement donc, Frederik était plus alerte aux signaux de faim et sinon, il pouvait maintenant consommer autant de sang qu’il le voulait, et ce, à l’heure qui lui plaisait, puisqu’il n’avait plus de cycle de sommeil à respecter.


-Ouais, juste un peu!

Frederik dut se retenir de ne pas faire un trop grand sourire.


-Il fonctionne différemment, j'imagine. Après avoir perdu des proches, les gens s'adaptent.
-Ouais, j’imagine…


Frederik pensait à sa mère. Il pensait aussi à Harry Potter, qui avait perdu beaucoup de gens et dont chacune des morts l’avait changé. Il baissa son regard et il fut encore une fois intéressé par le livre de science placé sur le coffre. Il aimerait bien le prendre pour le peser et savoir les pages étaient faites en quel fini. Il regarderait les images plus que le texte et il essaierait de retenir au moins une information dans le peu qu’il lirait.

-Les commentaires quotidiens de ma mère sur mes moindres faits et gestes me manquent cruellement, tout comme le jugement silencieux de mon père chaque fois que je sors ou que je rentre. Les visites surprises des amies bruyantes de ma mère et des soi-disant contacts d'affaires de mon père qui me regardent de haut aussi… Mais je m'ennuie surtout de rendre des comptes à tous les sujets.

Frederik agrandissait les yeux d’incompréhension à mesure que Jim énumérait les choses qui lui manquait. Il comprit rapidement que c’était du sarcasme et il commença à rire doucement avant même que son ami ait terminé de parler. Le livre attirait encore l’attention de Fred. Pourquoi Jim l’avait-il laissé là?

-Et toi, tu songes à déménager prochainement?

Fred ne savait pas trop comment éviter le vif du sujet en répondant à cette question.

-Un peu, mais je ne sais pas encore dans quel quartier je voudrais aller, alors ça reste des projets vagues…


Pour changer de sujet, Frederik trouva que c’était une bonne idée d’enfin attraper le livre de Jim. En le ramenant vers lui, il accrocha le verre de Jim avec le coin du livre. Le verre se renversa sur le coffre et commença à couler par terre. Frederik mit le livre sur le divan et sentit les larmes monter à ses yeux. Sa respiration était également plus rapide. Frederik se sentait comme si son coeur allait lui sortir de la poitrine. Ça n’allait pas du tout.


-Oh non! NON! Je… oh… p-pardon...

Sa voix se brisa. Il se précipita vers le coffre et prit un bout de sa chemise pour commencer à éponger le dégât le plus rapidement possible. Il s’imaginait le liquide se répandre partout dans l’appartement immaculé de Jim. Il se demanda même s’il était possible que le voisin en dessous de Jim reçoivent des gouttes. Ses mouvements étaient saccadés, ses mains tremblaient. Les larmes coulaient sur ses joues, il avait l’impression d’être entrain de bouillir et il n’arrivait pas à parler. Sa gorge le serrait, il avait l’impression qu’il aspirait de moins en moins d’air à chaque bouffée. Il ne regardait pas Jim, il ne pouvait pas. Après seulement quelques secondes à éponger l'eau, Frederik s’assit par terre, le dos contre le sofa, les genoux remontés vers sa poitrine et ses bras autour de ses genoux. Il fixait un point devant lui en pleurant toujours et avait encore la respiration irrégulière.

Il savait ce qu’il lui arrivait, ce n’était pas sa première crise de panique. Avec le temps, il avait appris à reconnaître les signes. Il savait qu’il devait se concentrer sur la respiration et s’ancrer dans le présent, mais il n’y arrivait pas facilement aujourd’hui. Son esprit ne cessait de lui répéter qu’il devait se calmer, parce que c’était la première fois qu’il faisait une crise devant Jim. Il ne voulait pas se ridiculiser. Il devait donc reprendre le contrôle, mais le fait qu’il n’y arrivait pas le faisait encore plus paniquer.

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyDim 4 Aoû - 21:38

Quelques années plus tôt, Jim craignait les débordements de Frederik. Il avait appris à les devancer, notamment en les provoquant régulièrement avant de devenir son ami. Aujourd'hui, il restait toujours un minimum sur ses gardes, mais c'était plus pour éviter à son ami la gêne de perdre le contrôle que pour se protéger lui-même. Frederik lui avait prouvé son envie de s'améliorer et avait appris à contenir son impulsivité. Les felidae appréciaient toujours l'avancement personnel et le travail productif.

Jim avait pris plusieurs cours optionnels et allongé son parcours scolaire. Il avait aussi décidé de s'inscrire à un deuxième programme pour obtenir un diplôme supplémentaire, plus orienté sur la politique. Le domaine des affaires l'ennuyait, mais sa famille ne le laisserait pas le mettre de côté. Il avait donc rusé en argumentant avec ses parents qu'une ouverture sur ce domaine était un atout en tant qu'homme d'affaires, mais surtout en tant que felidae. M. et Mme Crowley avaient rapidement tranché en faveur d'une éducation diversifiée. Jim n'avait pas exagéré et avait laissé de côté son intérêt pour les sciences; il lui restait les loisirs pour se plonger dans les aspects les plus intéressants de ce domaine. Pour ce qui était des arts, il n'avait même pas envisagé de mettre quelques cours à son horaire. Sans même tenir compte de l'avis de sa famille, Jim ne considérait pas l'art comme un choix de carrière intelligent. Les grands risques ne lui faisaient pas du tout envie.

Frederik amusait souvent Jim avec ses références populaires. Harry Potter et les superhéros de différents univers revenaient souvent quand son ami se laissait aller. Jim avait fini par les intégrer de temps en temps comme exemples quand il l'aidait avec ses études. Il avait lu que les gens avec le même genre de problèmes que Frederik apprenaient mieux avec une bonne dose d'amusement. Il l'encourageait donc à se trouver des solutions créatives quand il avait du mal avec un sujet. Avec beaucoup d'efforts, Frederik était parvenu à passer d'élève du secondaire incapable de bien compléter un test à un étudiant sérieux à l'université. Pendant ce temps, Jim avait cherché du côté des guérisseurs magiques, mais il n'avait trouvé aucun moyen certain d'aider davantage son ami.

Jim ne parlait pas autant de sa famille avec Frederik qu'avec Melany, mais il lui avait donné une bonne idée de l'ambiance entre les murs de la luxueuse maison des Crowley. Il en parlait le plus souvent par blagues et devenait mal à l'aise si son ami le questionnait.


-Un peu, mais je ne sais pas encore dans quel quartier je voudrais aller, alors ça reste des projets vagues…

Avec Frederik, il ne fallait pas aimer la précision. Il ne répondait que rarement directement aux questions qui lui déplaisaient. Soit il contournait, soit il s'égarait dans des explications à côté du sujet. Jim avait compris, par de petits indices comme la nervosité permanente de Frederik et son habitude d'éviter de parler de son père, que le foyer Holmes ne manquait pas de conflits. Il avait du mal à comprendre pourquoi son ami n'en partait pas, et Frederik ne lui donnait aucune piste. La famille de laquelle il venait lui garantissait un emploi bien rémunéré pour subvenir à ses besoins.

Jim eut un petit sourire en voyant Frederik prendre le livre. Il se laissait toujours distraire par ce qui était nouveau, coloré, bruyant ou même texturé.


-Oh non! NON! Je… oh… p-pardon...

Jim resta figé par la réaction théâtrale de son ami. Ce n'était qu'un verre d'eau. La chemise détrempée, Frederik hyperventilait, assis sur le sol, dans un état avancé de panique. Il ne l'avait jamais vu se comporter de cette manière. Il ne savait pas comment l'aider. Il n'avait ni le talent ni les outils pour consoler quelqu'un. Paralysé, il n'arrivait qu'à se reprocher son incompétence.

-Ce… Ce n'est pas… grave…  articula-t-il avec hésitation.

Jim se ressaisit et se leva du sofa pour aller s'asseoir par terre juste à côté de Frederik, assez loin pour n'avoir aucun contact physique accidentel avec lui. Il venait de comprendre que son ami n'avait pas un simple moment émotif bizarre. En recherchant sur son propre niveau d'angoisse plusieurs mois plus tôt – il voulait savoir s'il était normal –, Jim était tombé sur des informations sur l'anxiété généralisée, sur les troubles du sommeil et sur les crises de panique. Comme à toutes les fois où quelque chose l'intéressait un minimum, il s'était plongé dans l'étude de ces sujets à l'aide de sites spécialisés, d'articles et de témoignages.


-Holmes, écoute-moi bien, dit-il le plus posément possible. Tu fais une crise de panique.  

Frederik savait probablement ce qui se passait mais, s'il s'agissait de sa première crise, cette simple explication pouvait l'aider.

-Concentre-toi sur ma voix. Nomme-moi cinq choses que tu vois, quatre choses que tu touches, trois choses que tu entends et deux choses que tu sens.

Le truc original proposait de finir en nommant une chose que l'on goûtait, mais Jim trouvait ce dernier point bizarre, presque stressant. Il avait choisi de le laisser de côté.

-Cinq choses que tu vois, reprit-il lentement. Quatre choses que tu touches. Trois choses que tu entends. Deux choses que tu sens.

Pourquoi renverser le verre d'eau avait-il déclenché une crise de panique chez Frederik? Ce genre de crise pouvait survenir sans raison, mais il semblait à Jim que ce n'était pas le cas de celle d'aujourd'hui. Elle avait précisément commencé au moment de l'accident.

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyDim 15 Sep - 0:16

Frederik avait commencé à se sentir anxieux quand il était plus jeune. Il avait toujours peur, était toujours sur ses gardes, devait toujours se surveiller pour ne pas déranger et ne surtout pas réveiller la bête. La menace était bien présente, parce que quand il dépassait les bornes, son père se fâchait. Et quand son père se fâchait, ça finissait toujours dans les cris et les pleurs. Le jeune Holmes avait donc appris à ne pas faire de bêtises, ou à en faire le moins possible, pour ne pas qu’il y ait de crises. Mais il y en avait toujours, parce que tous les prétextes étaient bons pour faire une colère.  Généralement, Fred vivait ses crises de panique seul chez lui, le plus souvent dans sa chambre, mais aussi parfois dans la cuisine ou dans la salle de bains au beau milieu de la nuit. Ça lui arrivait souvent quand il avait peur que son père entendre le bruit d’une intensité légère à moyenne qu'il venait de faire. S’il allait se chercher un verre d’eau, par exemple, et qu’il échappait la porte d’armoire plutôt que de la refermer, il finissait généralement dans la même position que maintenant, mais sur la céramique froide de la cuisine chez lui plutôt que sur le tapis de son ami.

Renverser un verre sur la table de la cuisine avait souvent créé des perturbations dans le foyer Holmes. En ce moment, Fred savait ce qui lui arrivait, mais il n’était pas capable de se ramener sur terre. C’était comme s’il ne se souvenait plus des trucs à se répéter. Il savait qu’il devait nommer cinq choses, mais cinq quoi? Et si c’était six? Il n’était même pas assez bon pour se souvenir de comment se calmer les nerfs, son père pouvait bien toujours lui dire qu’il était un échec vivant. En ce moment, Frederik se sentait comme un sac de plastique pris dans le vent. Il était à la dérive et personne ne savait où il s’en irait ni où il finirait sa course.


-Ce… Ce n'est pas… grave…

De se faire dire qu’il s’en faisait avec rien ne l’aida pas à se calmer. Il savait que ce n’était rien, mais il n’avait pas pu le contrôler et il se sentait désormais comme le pire des nuls de ne pas réussir à arrêter son attaque de panique. Il fut content que Jim vienne s’asseoir à ses côtés. Juste de sentir la chaleur diffuse de son corps lui faisait du bien. Ils ne se touchaient pas, mais on aurait dit que c’était assez pour commencer à le ramener.

-Holmes, écoute-moi bien. Tu fais une crise de panique.
-O...oui… On dirait q… que-je-vais… mourir...


S’il avait réussi à parler davantage, il lui aurait répondu une réplique sarcastique, comme quoi c’était l’évidence même, mais c’était déjà pénible de répondre le minimum, il n’allait pas faire de l’attitude à son ami en plus. Jim essayait seulement de l’aider. Il ne méritait pas sa hargne.

-Concentre-toi sur ma voix. Nomme-moi cinq choses que tu vois, quatre choses que tu touches, trois choses que tu entends et deux choses que tu sens.

Frederik avait du mal à mettre de l’ordre dans son esprit. C’était comme si tout ce qu’il entendait était les battements trop rapides de son cœur et sa respiration saccadée et que la voix de Jim était très lointaine. Il comprenait ce qu’il disait, mais c’était si difficile de répondre alors que c’était plus facile de laisser le bruit de l’angoisse étouffer tout le reste. Il ferma les yeux quelques secondes.


-Cinq choses que tu vois. Quatre choses que tu touches.
-La table... la fenêtre... la porte... toi… le livre…


Frederik donnait ses réponses difficilement, mais il s’encourageait à chaque fois qu’il réussissait à nommer quelque chose. Il se déplaça pour que son bras touche celui de Jim.

-Mes genoux... ton bras... ton tapis, ton divan.
-Trois choses que tu entends.
-Ta voix, ma respiration... ma voix.


Plus ça allait et plus les réponses étaient fluides. La voix de Jim se rapprochait également, les battements de son propre cœur se calmaient et prenaient de moins en moins de place dans ses oreilles. Frederik se sentait de plus en plus en contact avec la réalité.

-Deux choses que tu sens.
-Toi et la pomme sur ton comptoir.
 

Frederik soupira et ferma les yeux. Il s’essuya le visage avec ses mains et laissa doucement aller sa tête contre l’épaule de Jim. Le jeune vampire se sentait complètement vidé. S’il pouvait encore dormir, il aurait sans doute dormi un douze heures d’affilé.

-Je suis sincèrement désolé pour tout ça. Je n’ai vraiment pas fait exprès et je vais tout ramasser et tout payer si quelque chose est abîmé par l’eau.

Frederik pris une profonde respiration. Ça lui faisait du bien de pouvoir contrôler le débit d’air qui entrait dans son corps.

-Et euh… merci de m’avoir calmé… je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi, j’ai vraiment perdu le cap… encore désolé...

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyMar 5 Nov - 20:21

Jim n'avait pas envie d'être père. Il ne détestait pas les enfants, mais ils n'éveillaient rien en lui. Ses devoirs d'héritier Crowley lui imposaient de produire au moins un rejeton dans un mariage d'intérêt et il ne s'y opposait pas directement, mais cet aspect de son avenir le déprimait. Mais son peuple n'allait pas changer. Les felidae se pliaient aux traditions; ceux qui ne le faisaient pas étaient brutalement rejetés, souvent menacés et parfois même tués. Un enfant lui paraissait moins nuisible que la mort. En se liant avec une femme prête à lui laisser beaucoup d'air, Jim pourrait se bâtir une vie stimulante en se concentrant sur sa carrière et des projets en solitaire. Il ne lui traversait que rarement l'esprit de former une équipe soudée dans le mariage. Ses parents y arrivaient, mais ils faisaient plutôt figure d'exception que de règle. Jim n'avait de toute manière rencontré aucune felidae éveillant quelque chose de fort chez lui.

Après que sa famille se soit éloignée des Hofdstater, on leur avait présenté les Velasquez, à Melany et lui, visiblement dans le but d'une alliance entre les deux familles. Rien n'avait été prononcé officiellement et les Velasquez s'étaient aussi rapprochés d'autres familles. Les Crowley en avaient profité pour s'intéresser à d'autres noms et Jim avait joué son rôle de jeune homme parfait auprès de quelques jeunes femmes. Comme un mariage felidae promettait de durer des siècles, il n'était pas mal vu de prendre son temps pour évaluer les possibilités.

L'alliance avec les Hofdstater avant l'âge adulte des principaux intéressés avaient été motivée par des intérêts communs et une possibilité d'avancement extraordinaire des deux familles, mais elle avait certainement été mal vue de la part d'autres felidae. Jim aimait découvrir les erreurs de ses parents, ça le détendait un peu. Néanmoins, Kayla n'était plus une option depuis près des deux ans, depuis que son père avait commencé à s'impliquer en politique et à nuire à son entreprise. Du moins, c'était les arguments qu'avançaient les Crowley, et Jim n'avait rien trouvé de plus en fouillant les dossiers de son père ni en questionnant Kayla à l'époque. Mais M. Crowley avait laissé filtrer des propos étranges sur "cette famille de tarés" et Mme Crowley avait dit à ses amies du club de lecture qu'une fille qui couche avec des humains et des sirènes ne serait jamais assez bien pour sa famille. Avec le temps, Jim avait un peu perdu contact avec Kayla, qui semblait avoir une vie bien remplie entre l'université et ce grand mec sirène qui prenait plein de photos avec elle. Ils s'envoyaient des messages et socialisaient lors des événements mondains, mais ils ne se voyaient pas volontairement.

Jim restait un étudiant et on lui laissait la chance de lancer sa carrière. Il profitait de ce statut pour refuser de participer à certains événements mondains et pour retarder les plans de mariage que ses parents allaient le forcer à faire. À ses cours en affaires, il avait ajouté un programme complet en politique et il envisageait par la suite de trouver un autre domaine connexe, probablement la publicité, puis de raffiner ses diplômes s'il le pouvait. Étudier était facile pour lui et c'était l'un des rares sujets sur lesquels ses parents le laissaient un peu tranquille, justement parce qu'il excellait toujours. Il ne craignait pas d'intégrer le marché du travail. Il occupait déjà un poste de stagiaire pour le parti Larian en plus de passer régulièrement à l'entreprise de sa famille, même s'il avait un peu pris ses distances au profit de son implication dans son stage et ses études. Tant qu'il restait aux études, il pouvait obtenir les points positifs de la vie d'adulte, comme l'autonomie et la liberté, tout en échappant à ses devoirs.

Jim ne bougea pas quand Frederik se rapprocha de lui et il le laissa énumérer sans l'interrompre, satisfait de le voir se calmer peu à peu. Ces deux dernières années, ils s'étaient beaucoup rapprochés et Jim le considérait comme un réel ami. Après la découverte de son vampirisme et son manque de soutien dans l'apprentissage de la magie, il lui avait offert son aide et Frederik avait accepté. Le temps passé ensemble volontairement plutôt que sous la contrainte d'un événement mondain ou d'une séance de tutorat imposée par leurs parents leur avait permis de se lâcher. Ils s'étaient même fait quelques confidences au fil du temps. Mais rien au sujet de crises de panique.


-Je suis sincèrement désolé pour tout ça. Je n’ai vraiment pas fait exprès et je vais tout ramasser et tout payer si quelque chose est abîmé par l’eau.

La tête de Frederik sur son épaule le mettait mal à l'aise, mais il ne le repoussa pas. Il étira son autre bras vers une couverture sur le divan qu'il lança sur la petite flaque.

-C'est ramassé, dit-il doucement en espérant que son geste soulignerait avec un peu d'humour à quel point le problème du verre d'eau était minime.

-Et euh… merci de m’avoir calmé… je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi, j’ai vraiment perdu le cap… encore désolé...

Ce n'était pas le moment de lui dire qu'une crise de panique finissait toujours par se calmer même sans aide.

-Arrête de t'excuser. Ce genre de crise ne se contrôle pas… Mais je t'avoue être assez étonné de ne découvrir ça que maintenant. Enfin, tu ne me dois pas de tout me dire à ton sujet…

Il prit quelques secondes pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Les discussions émotionnelles l'embrouillaient toujours. Il repensa à certains conseils qu'il avait lus en faisant ses recherches.

-Ce que je veux dire, c'est que si tu veux me parler de ce genre de trucs, tu peux le faire.

C'était nul.

-Je savais quoi faire parce que je l'ai recherché en ligne. Parce que je lisais sur l'anxiété.

C'était pire.

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MessageSujet: Re: Le chat et la chauve-souris [Frederik] Le chat et la chauve-souris [Frederik] EmptyDim 24 Nov - 15:25

Frederik ne faisait plus aussi souvent des crises de panique du genre. Depuis qu’il était vampire, il était naturellement plus rapide et discret, ce qui faisait en sorte qu’il faisait moins de bruits et de gaffes dans l’appartement familial. De plus, il était de plus de plus souvent hors du foyer à cause de ses études et du temps passé avec les autres vampires. Il ne passait rarement plus qu’une nuit à l’extérieur par contre, pour s’assurer de la sécurité de sa mère. Il contrôlait sa vie sociale toujours en fonction du fait qu’il ne pouvait pas faire confiance à son père et qu’il se devait de protéger sa mère de ce dernier. Les crises de son père avait diminuées en fréquences, mais pas en intensité. Frederik avait l’impression que comme il avait des colères moins souvent, elles étaient plus grosses. Et ça l’inquiétait de plus en plus, parce qu’il voyait bien que sa mère prenait de plus en plus de mal à s’en remettre, qu’elle était toujours plus fatiguée et triste, et Fred le voyait comme un devoir de l’aider. À part Jim et Cameron, il n’avait donc pas vraiment d’amis proches, principalement parce qu’il n’avait pas de temps pour eux s’il voulait être au domicile familial, mais aussi parce qu’il se voyait mal se rapprocher de nouvelles personnes alors qu’il ne pouvait être honnête avec eux ni sur sa nature magique ni sur l’ambiance familiale. Et encore, Cameron et lui se voyait de moins en moins depuis le retour de Kyle. Fred s’était dit qu’il aurait alors l’occasion de se choisir un autre ami, mais n’avait pas pris le temps de le faire non plus. C’était un peu la même chose du côté des amours. Fred n’avait que peu de temps à consacrer à sortir ou à draguer. Il arrivait que Fred se trouve de la compagnie pour quelques heures après un passage dans un bar, mais jamais sans avoir prévenu qu’il ne le rappelait pas, parce qu’il ne voulait rien de sérieux. Frederik n’avait pas de place pour un amoureux dans sa vie en ce moment.

Fred galérait avec ses études aussi. Ses troubles d’apprentissages lui paraissaient amplifiés également parce qu’il n’aimait pas le domaine qu’il avait choisi. Il s’était cru capable d’étudier en gestion des risques et assurances. Il avait cru que le côté humain serait plus développé, mais il s’ennuyait à mourir dans cette discipline. Il n’avait pas de très bons résultats. Il n’était pas en situation d’échec, mais il devait travailler deux fois plus fort pour obtenir de piètres résultats quand même. Heureusement que Jim l’avait aidé à se développer des outils et des techniques, car sinon il aurait sûrement tout lâché. Il avait pris une entente avec son conseiller pour pouvoir faire sa formation à temps partiel, Fred avait donc moins de cours à l’horaire que les autres, mais il en faisait durant l’été également, ce qui expliquait qu’il était quand même vraiment proche d’avoir son diplôme. Cependant, il ne se voyait vraiment pas faire ça toute sa vie. Il avait donc commencé à prendre des informations sur d’autres programmes d’études. Il songeait au marketing, mais avait aussi un intérêt pour la gestion urbaine et immobilière. Il voulait prendre le temps de bien se renseigner cette fois, alors il lisait beaucoup sur le sujet.


-C'est ramassé.

Frederik eut un petit rire. Jim faisait le con, mais le vampire appréciait la touche d’humour. Bien sûr, il savait que ce n’était pas un verre d’eau qui allait tout abîmer chez Jim et que ça prendrait en fait seulement quelques instants à ramasser.

-Arrête de t'excuser. Ce genre de crise ne se contrôle pas… Mais je t'avoue être assez étonné de ne découvrir ça que maintenant. Enfin, tu ne me dois pas de tout me dire à ton sujet…
-Je ne savais pas trop comment aborder le sujet, en fait. Ce n’est pas le genre de trucs que tu balances au milieu d’une conversation, mais j’aurais dû le faire avant.


Frederik n’était pas du genre à parler ouvertement ni longuement de ses problèmes et de ses émotions. Il avait appris jeune à ne dire que l’essentiel et ne surtout pas déranger. Ce n’était donc pas naturel pour lui de s’épancher sur ce qu’il vivait. Ce n’était pas une question de confiance, vraiment juste un fort sentiment de malaise à l’idée d’assommer quelqu’un avec ses sentiments. Il ne se voyait vraiment pas aborder ses troubles anxieux au milieu d’une conversation plus banale ou entre deux problèmes de maths avec Jim. Il avait donc préféré ne pas en parler.

-Ce que je veux dire, c'est que si tu veux me parler de ce genre de trucs, tu peux le faire.
-C’est gentil, merci…


Frederik était vraiment touché de ce que Jim lui disait. Il ressentait que son ami n’était pas vraiment à l’aise de tout ça, mais il voyait aussi qu’il faisait un effort et appréciait beaucoup. Frederik releva finalement la tête de sur l’épaule de Jim, mais ne s’éloigna pas de lui. Il se sentait encore ébranlé et la chaleur du corps de Jim le détendait tout en le gardant dans la réalité.

-J’apprécie vraiment tout ce que tu fais pour moi… Jimbo.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il lui avait dit ça. Il avait ajouté le surnom après une courte pause pour rendre ça moins intense. Il sentait qu’il ne disait pas assez souvent à Jim sa reconnaissance ni le fait qu’il était en fait son seul ami. Il se sentit mal-à-l’aise de l’avoir fait à l’instant, mais ne s’excusa pas.

-Je savais quoi faire parce que je l'ai recherché en ligne. Parce que je lisais sur l'anxiété.

Frederik leva les sourcils quelques secondes, le regard songeur et un minuscule sourire aux lèvres.

-Et… pourquoi tu lisais sur l’anxiété, dis-donc?

Son ton était léger et sarcastique. Il jouait les innocents. C’était une fausse question. Le vampire sentait qu’il savait déjà la réponse, mais il voulait que ce soit Jim qui le lui confirmes.

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