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Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny]

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MessageSujet: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyMar 26 Mar - 20:36

J'avais longuement hésité à aborder ce sujet avec Lenny. Après tout, il était probablement au courant, et j'allais peut-être susciter sa méfiance envers moi sans l'aider. Sa relation avec Ezra Colfer ne me regardait pas. Les choix de Lenny ne me concernaient pas non plus. Mais je m'inquiétais. Je n'étais pas profondément attaché au jeune homme, mais je ne souhaitais pas qu'il lui arrive du mal si je pouvais l'empêcher. De manière générale, je préférais éviter la souffrance aux autres. N'allez pas m'imaginer un trait de personnalité glorieux! Je ne me jetais jamais au-devant du danger par bonté d'âme pour sauver les plus faibles; j'essayais juste de me montrer décent dans un monde chaotique.

Je ne prenais pas mes interprétations pour des certitudes mais, avec ce que je connaissais des dieux, je ne me permettais pas de laisser Lenny partager le lit d'un dieu maléfique sans le savoir. Quand il avait eu le choix, il m'avait mis au courant du danger que représentait la déesse Proserpine. Il aurait été injuste de ne pas lui rendre la pareille. C'était pourquoi je l'avais invité chez moi aujourd'hui pour lui dire ce que je savais.

Comme il était de nature très directe, j'allais vite être fixé sur ce qu'il pensait de mon intervention dans sa vie. Je ne craignais pas de le fâcher, pas après tant de fois à jouer sur sa patience par curiosité. C'était son petit ami qui m'effrayait. Si Lenny lui rapportait mon implication dans leur relation, il était possible que je me retrouve avec un dieu maléfique sur le dos. Mon pouvoir d'autoguérison avait ses limites, malgré mes entraînements pour le développer, et je me voyais mal créer un poison assez puissant pour neutraliser un dieu en colère. Contrairement à Loki, Tezcatlipoca - mais quel nom de merde - n'était pas entouré d'ennemis. Je ne pouvais compter sur personne pour m'en débarrasser. Et je n'avais plus d'amis puissants pour le dissuader de m'éliminer.

Je n'avais pas tenté de rapprochement avec Gabrielle depuis sa demande de délation pour condamner les pirates qui menaçaient les dieux. Comme il n'y avait eu aucune attaque informatique majeure contre nos dirigeants secrets, j'en déduisais qu'ils avaient été localisés sans mon aide et éliminés. Mon ancienne amie me boudait probablement toujours, mais j'avais franchi une autre étape. Je n'acceptais ni ce qu'elle m'avait demandé de faire ni la conclusion des événements. Plus que la colère, la résignation me gardait à distance. Le comportement de Gabrielle prouvait son mode de pensée, lequel plaçait les humains à un stade inférieur à celui des dieux. Je n'avais pas la prétention de comparer la puissance et la durée de vie des divinités à celles des mortels, mais se baser sur ces seuls critères pour déterminer la valeur d'une personne m'apparaissait limitatif. Au-delà de la triste simplicité de son raisonnement, Gabrielle m'avait prouvé qu'elle me traiterait en pion dès que la situation le demanderait. Je m'en voulais d'avoir placé ma confiance en elle, mais aussi d'avoir donné l'impression qu'on pouvait me dominer.

J'avais passé ces dernières semaines à faire la fête. Je n'arrivais pas à être seul et je n'avais envie de voir personne, donc m'enivrer avec des inconnus m'offrait l'étourdissement dont j'avais besoin. Ma découverte de l'identité du petit ami de Lenny avait bouleversé ma relation avec Ethan et je m'en distrayais parce qu'il n'y avait aucun problème à affronter. Que des conclusions désolantes. Je devais avoir hérité du don de ma mère pour mal choisir mes relations. Même en évitant d'être en couple, j'avais réussi à me compliquer la vie. Je devais avoir ramolli avec les années; auparavant, je gardais mes amis à une distance assez sécuritaire pour que leur trahison ne me fasse pas souffrir.

Je fis entrer Lenny, le saluai et lui offris à boire. Il y avait aussi des biscuits directement dans la plaque de cuisson, sur la table de la cuisine, que je lui désignai en lui disant qu'il pouvait se servir. La solitude me faisait redécouvrir mes dons en cuisine. J'avais acheté un mélange à biscuits déjà préparé; les limites de mes talents se trouvaient rapidement.

J'avais laissé de côté les t-shirts débiles pour mon rendez-vous avec Lenny et j'avais opté pour un haut noir qui ne laissait pas transparaître la braise magique sous la peau de ma poitrine. Habituellement, j'en choisissais un spécialement vulgaire quand je le voyais, juste pour m'amuser de son air ennuyé. Il y avait maintenant quelques années que nous étions… pas vraiment amis, mais nous nous voyions de temps en temps pour nous user les nerfs mutuellement. Je l'avais d'ailleurs embêté à propos de son petit ami quand je pensais encore qu'il s'agissait d'une personne normale.

J'évitai de soutenir le regard de Lenny trop longtemps en feignant la bonne humeur malgré mon angoisse. En dehors des fêtes, je m'étais occupé à faire du ménage, et mon appartement m'apparaissait un peu vide. La grande bibliothèque de mon salon, bien que plutôt remplie, me semblait dépeuplée. Je l'avais vidée des livres d'Ethan, que j'avais sortis de mon décor pour arrêter de les voir, mais j'avais été incapable de les jeter. Ils étaient au fond d'un placard, mais gardaient leur fantôme sur les tablettes qu'ils avaient occupées.

-Alors, du nouveau? demandai-je en m'installant dans mon moelleux sofa.

Avec de la chance, il allait m'annoncer qu'il avait rompu avec le dieu maléfique.

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyMar 14 Mai - 7:06

- Alors ?
La quinquagénaire échevelée le fixait avec un regard halluciné.
- Alors, rien du tout.
Il aurait dû se douter qu’une femme avec des cheveux partiellement teints en roux - là où la teinture placée aléatoirement avait bien voulue se mettre - et accoutrée d’un pantalon trop ample pour avoir été élégant un jour, dans quelque culture que ce fût, n’avait que des fables à lui raconter. L’e-mail qu’il avait reçu la veille laissait déjà deviner un esprit assez délirant. Mais il lui avait accordé le bénéfice du doute. Les réels cas de possession ou de maison hantées n’avaient pas de profils type. Une personne fantasque, propre à s’imaginer toute seule des contacts avec l’au-delà pouvait en recevoir par accident. Il ne pouvait pas deviner à l’avance. Au pire, Lenny avait songé qu’une personne prête à payer un exorciste sur Internet pour satisfaire ses délires était assez naïve pour avaler n’importe quoi. Mais, sur le moment, ça avait été plus fort que lui. Il ne pouvait pas approuver cette femme dans ce grand n’importe quoi, même si la décoration de sa maison pouvait laisser supposer que tout avait été disposé par une sorte de monstre qui n’avait rien d’humain.
- Comment ça ? Vous ne ressentez pas l’aura malsaine de cette pièce ?
- Ah si, je la ressens. Mais si vous voulez mon avis, vous devriez plutôt faire appel à un conseiller feng-shui qu’à un exorciste pour régler votre problème.
- Vous pensez qu’une réorganisation de mon espace pourrait m’aider à en chasser les mauvaises ondes ? demanda-t-elle sans relever l’insulte, comme souvent avec ce genre d’énergumène.
- Sans aucun doute ! Bonne continuation !
- Mais attendez…, dit-elle en clignant bêtement les paupières sans serrer la main qu’il lui tendait. Et votre exorcisme ?
- Je viens de vous dire qu’il n’y avait pas le moindre esprit frappeur ici.
- Mais je vous ai fait venir pour un exorcisme, je sais qu’il y a une présence chez moi qu’il faut chasser !
- Je rêve où vous m’avez payé tout en vous pensant plus compétente dans le domaine que moi. Etes-vous aussi stupide ?
La dernière question lui avait échappé. Il avait tiré ses conclusions tout haut. Mais ce n’était pas grave. Ce n’était jamais grave avec ce genre de personnes. Elles n’existaient pas vraiment. C’était toujours comme si tout glissait sur leur esprit, comme si rien ne pouvait avoir de prise réelles sur elle et la manière, discutable, dont elles avaient été programmées le jour maudit de leur naissance.
- Mais vous n’allez rien faire de plus ?
- Que voulez-vous que je fasse au juste ? Une danse de marabout pour vous rassurer ? Une incantation en latin ? demanda-t-il en haussant un sourcil.
Pour l’incantation en latin, ça aurait été assez facile. En récitant quelques passages d’un auteur antique qui lui restaient en tête, il aurait pu faire illusion sans grande difficulté. Les gens étaient prêtes à payer pour des choses qu’elles ne comprenaient absolument pas tant qu’elles avaient l’air convaincantes et au-delà de leurs compétences. C’était d’ailleurs ce qui l’avait motivé à tenter de se faire de l’argent de poche en proposant ses services dans un domaine non-reconnu par le moindre diplôme sérieux que ce soit. Néanmoins, même s’il existait assez d’âmes crédules pour s’autoriser de la malhonnêteté et qu’aucune preuve dite scientifique ne pourrait prouver son honnêteté, par ailleurs, c’était au-dessus de ses forces de faire l’imbécile devant du vide, aussi invisible que soit l’hôte indésirable quand il était bien présent.
- Mais je n’en sais rien moi ! s’agaça la femme. Faites ce que vous avez à faire enfin !
- Je vous ai déjà dit que je n’ai rien à faire, car la seule personne tordue qui hante cette maison, c’est vous !
- Sortez tout de suite de chez moi ! Venir chez les gens pour les insulter ! Non mais vous vous prenez pour qui ?
On nageait décidément en plein délire. Cette discussion n’avait plus aucun sens.
- J’aurais bien dû me douter avec votre jeune âge que vous n’aviez pas la moindre compétence.
Il lui jeta un regard furieux mais se retint de s’énerver en retour.
- Bon… Vous voulez une maison hantée ? Vous en aurez une dès ce soir. Je vous assure que vous allez regretter de ne pas m’avoir cru quand je vous ai juré que vous m’avez demandé de me déplacer pour rien.
- Comment ? Que voulez-vous dire ?
Le ton de sa voix, ou quelque chose dans son expression, avait dû radicalement changer car sa “cliente” semblait de nouveau le prendre au sérieux et s’inquiétait de ce qu’il n’allait faire. Mais il ne répondit pas et ferma la porte un peu plus violemment qu’il ne le voulait. Son activité n’en était qu’à ses débuts mais il n’était pas certain de la tenir s’il devait enchaîner d’autres expériences de ce type. Les gens étaient épuisants, et ce n’était pas comme s’il tenait absolument à les aider. Il voulait surtout que ces imbéciles lui donnent de l’argent. Il avait aussi son mémoire de littérature à terminer. Mais il le faisait pour la beauté du travail bien fait. Il avait commencé des études, il les terminerait, même s’il ne se voyait plus vraiment d’avenir dans le domaine. Ses préoccupations étaient trop éloignées de celles qui l’avaient poussé à viser l’enseignement universitaire. Et, maintenant qu’il arrivait à la fin de la fac, il ne voyait pas du tout comment il pourrait partager ses connaissances avec tous les futurs imbéciles qui suivraient. Il avait déjà eu bien assez de mal à supporter ceux de son âge pendant ces cinq années, alors comment ferait-il avec des êtres plus jeunes et ignorants que ceux qu’il avait eu à subir ?

A peine sorti, il envoya un message à Ezra pour lui dire combien sa “dernière cliente” lui avait tapé sur les nerfs. Franchement, 80 dollars, ce n’était vraiment pas assez pour ce qu’elle lui avait imposé. Il devait penser à augmenter ses tarifs de visite, déjà que cette conne s’était étonnée de le voir débarquer en jeans et T-shirt clair, sans il ne savait quel accessoire débile pour l’apparat. Il écrivit ensuite à Drake pour le prévenir qu’il aurait finalement 30 mn d’avance, si c’était possible. C’était possible. Tant mieux. De toute façon, qu’est-ce que Drake pouvait avoir de mieux à faire ? ça faisait cinq ans que ce type le “harcelait” et ne semblait avoir rien d’autre de particulier à faire de sa vie que s’intéresser à la sienne. Après, il avait beau le critiquer, il n’avait jamais refusé l’un de ses rendez-vous. Il ne savait pas vraiment déterminer la relation qu’il avait avec le jeune homme, mais c’était, étrangement, sa seule relation proche de l’amitié qui soit durable et stable depuis qu’il avait quitté le lycée. Drake était une sorte de témoin vivant de son évolution, de toutes les étapes qu’il avait passé depuis l’adolescent timide de dix-sept ans qu’il avait rencontré, même s’il était très loin aujourd’hui de tout connaître sur son compte. Mais chacun ses secrets, et Drake en avait de très nombreux aussi, à n’en pas douter.

Cependant, le rendez-vous de ce jour était assez inhabituel. Drake n’avait jamais été jusqu’à l’inviter chez lui. Et il eut un autre indice qu’il se passait un truc anormal quand il remarqua qu’il était habillé aussi sobrement que lui, cette fois. Petits fous et verres déjà préparés sur la table de son séjour. Que se passait-il ? Était-ce bien Drake ? Il allait lui faire une déclaration ou quoi ? Lenny suivit son invitation pour s’installer en gardant un air méfiant. Il n’aimait pas ça. Trop d’éléments anormaux pour que ça ne soit pas une sorte de traquenard… Mais il ouvrit néanmoins une bière qui était laissée à sa disposition. C’était précisément le genre d’attention qu’il attendait après sa visite catastrophique, même si Drake ne pouvait pas avoir la moindre idée de ce qu’il venait de vivre. Il le lui expliqua vaguement comme ce dernier lui demandait ce qu’il y avait “de nouveau”.

- Bof, rien de spécial. Je viens de me farcir une gogole persuadée de voir des fantômes à travers ses lampadaires à fleurs et j’ai toujours mon mémoire à finir. Mais après, j’arrête. ça me gonfle. Et toi ?

Il soupira avec une expression blasée rappelait qu’il n’avait, au fond, pas tant changé depuis ses dix-sept ans, et but une longue gorgée de bière.

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyLun 8 Juil - 21:22

Depuis mon éloignement avec Ethan, je ne manquais pas d'occupations. Nous passions beaucoup de temps ensemble, mais j'avais toujours mené une existence bien remplie, donc c'était presque naturel de palier son absence avec plus d'activités que ce que mes temps libres me permettaient. Comme tout le monde, il n'avait fait que passer dans ma vie. Je n'avais pas besoin de lui pour être heureux. Je ne regrettais pas son départ; je ne regrettais que la confiance que je lui avais sacrifiée. Les gens finissaient toujours par révéler leurs côtés décevants. Je m'y habituais avec le temps. Et la solitude qui venait avec ma résignation était facile à assommer de petites fêtes ou de longues lignes de code sur mon ordinateur.

J'avais toujours aimé le changement. Je valsais d'un cercle d'amis à un autre selon les occasions, je jonglais les emplois comme des passe-temps et j'avais quitté mon pays sans garantie de retour simplement par envie d'une existence plus excitante. J'accumulais des expériences dont on m'avait reproché le manque de cohérence, mais qui m'offraient une évolution stimulante. Ma vie était une suite de souvenirs disparates et je ne craignais pas d'y ajouter de nouveaux tournants. Ces dernières semaines, je m'efforçais de dénicher le plus de promesses de nouvelles occasions excitantes possibles pour contourner l'absence d'Ethan. Les fêtes restaient une solution facile: il y en avait toujours une quelque part avec de nouvelles personnes. Deux jours plus tôt, j'avais d'ailleurs fait la connaissance d'un cinéaste débutant qui m'avait offert un rôle dans son film. Et ce n'était même pas un porno!

Lenny n'était pas vraiment un ami, et ce n'était pas par dévouement envers lui en particulier que je prenais tant de risques. Il aurait simplement été injuste de faire autrement : je pouvais le prévenir. Au départ, j'avais été intéressé par ce blondinet parce qu'il m'intriguait. J'avais toujours du mal à résister à l'envie de provoquer les gens et je l'avais rapidement classé comme une sorte de défi. Ses réactions me surprenaient souvent. Je le traitais un peu plus comme un personnage que comme une personne et, même si les gens n'existaient pas que dans le but de me divertir, sa présence dans ma vie me distrayait. Il était comme un de ces cousins qu'on voyait de temps en temps pour prendre des nouvelles sans vraiment regretter une complicité plus profonde. Lenny était ma famille éloignée de consolation : sa présence ne voulait rien dire, mais le perdre m'aurait fait bizarre.

À l'air méfiant de Lenny, je me demandai s'il avait peur de ma cuisine ou plutôt de mes intentions, mais je ne commentai pas. Les gens s'étonnaient toujours quand je m'éloignais de leurs perceptions. Je cultivais joyeusement ma réputation d'égoïste parce que j'appréciais la simplicité des relations avec des attentes basses, mais il m'arrivait tout de même souvent d'avoir des petites attentions pour les autres. Elles étaient toutefois plus souvent du registre informatique et, dans tous les cas, je les justifiais rapidement par mon propre plaisir. J'avais envie de cuisiner, j'avais été excité par le défi de créer cette application de téléphone cellulaire, j'avais suivi l'impulsion d'acheter ce truc, etc.

Je me détendis à la vague description de la cliente de Lenny parce que son ton et sa manière de la décrire me comblaient de cette sécheresse qui me plaisait tant chez lui.

-Tu dois quand même avoir ton lot d'illuminés avec ce genre de service!

Je n'avais pas été choqué en apprenant que Lenny utilisait ses dons de médium pour se faire un peu d'argent. Plus jeune, j'avais moi-même vendu le poison que mon corps générait - enfin, le sérum de vérité seulement. Depuis l'ouverture de la brèche, la fortune que j'avais volée me permettait de ne travailler que si j'en avais envie sans m'inquiéter au sujet de mes finances. J'avais été espion par plaisir et par défi. J'avais dansé au Velvet Dream pour les deux mêmes raisons. Ces dernières années, je m'étais tenu plus tranquille, en partie à cause de mes conflits avec Loki, Héra puis Vénus, mais j'enquêtais tranquillement à mon propre compte sur les dieux et les autres êtres puissants en ville. Mes services d'informaticien me servaient plutôt d'excuse pour voir des gens et fouiller en direct dans leurs données personnelles.

-Tu arrêtes quoi? Les études? Mais je pourrai plus me moquer de toi si tu n'es plus un petit geek littéraire! Enfin... je trouverai bien un truc! Tu vas faire quoi? Exorciste à plein temps?

Je ne savais jamais si Lenny prenait de mes nouvelles par simple politesse ou par curiosité. Il se déplaçait tout de même pour me rencontrer; il devait avoir une forme d'intérêt pour ma vie.

-Rien de tellement nouveau… Je continue à me mêler de ce qui ne me regarde pas, dis-je en essayant de sourire.

J'avais prévu faire un peu la conversation pour ne pas bombarder mon invité dès son arrivée, mais je n'arrivais pas à contourner mon impatience habituelle. Lenny était assez observateur pour remarquer que je n'agissais pas avec naturel, et assez susceptible pour s'en vexer avant que je m'explique. Il nous arrivait souvent de petites frictions accidentelles. Je manquais parfois de finesse, mais Lenny s'exprimait avec la sensibilité d'une arme automatique.

-J'ai justement découvert une information… étonnante, en discutant avec une charmante demoiselle à une fête - tu l'aurais détestée avec son tutu bleu et sa brassière à paillettes.

Je pris une gorgée de ma bière pour donner l'impression que je laissais planer le suspense avec amusement.

-Tu comptais me cacher longtemps que ton copain est un dieu?

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyMar 3 Sep - 17:01

– Ouais, j'ai plus de cas psychiatriques que de vraies personnes possédées. Mais vu que les illuminés le sont souvent parce qu'ils s’ennuient dans leur vie, ils ont de l'argent à balancer pour la trouver plus palpitante…

La remarque de Drake l'avait presque déjà lancé sur toute une conversation au sujet de sa nouvelle activité, de tous les débiles qu'il y croisait et du fait que ça reste un domaine lucratif, sans qu'il soit nécessaire d'avoir le moindre pouvoir. Les prétendus « prêtes exorcistes » étaient surchargés par la demande, et l’Église elle-même avait fait passer des lois pour séparer les réels cas de possession des délires schizophrènes afin de limiter les abus. Il ne voyait pas très bien de quelle manière des personnes sans aucun dons, mais convaincues d'en avoir, pouvaient faire la différence, mais il y avait une conscience générale que le déchaînement soudain de démons et mauvais esprits en tout genre sur ce monde n'avait rien de très crédible. Mais, peu importait. Une personne convaincue de son histoire et avec les moyens de l'être était prête à payer les services de n'importe qui pour se donner raison, pour justifier à sa manière étrange sa place dans le vaste jeu de l'existence. Drake lui demanda s'il comptait faire cette activité à plein temps, après avoir essayé de le chambrer, comme d'habitude. Néanmoins, tout en haussant un sourcil dédaigneux, Lenny voulait bien lui accorder le point cette fois. Et si ça pouvait lui retirer par la même occasion une raison de se moquer bêtement de lui, ça lui convenait très bien.

– Ok, les élèves de lettres craignent. T'as raison, allez, c'est un truc de poseur. Et quand on sait que seule la surface de ce qui existe dans ce monde se trouve dans les livres officiels, j'ai pas l'impression que la littérature universitaire ait grand-chose à m'apporter. Donc exorciste à plein temps, pourquoi pas. Mais je réfléchis à des aménagements. Je sais que les tarés sont ceux qui paient le mieux, mais faut pouvoir se les supporter à temps plein, et là j'ai des doutes.

Comme toujours, Drake lui répondit très vaguement quand il lui retourna la question. Lenny s'y attendait. Il ne savait même pas pourquoi il lui avait demandé des nouvelles de sa vie. Par réflexe, plus que par politesse. Cela faisait longtemps qu'il ne s'attendait pas à recevoir de grands détails sur l'existence de Drake Varner, et il l'avait accepté. Non qu'il ne serait pas intéressé d'en apprendre davantage, mais il n'avait pas non plus d'intérêt à se battre pour obtenir ce genre d'information. Drake était le genre de personne qui se satisfaisait de manière malsaine de la vie des autres. Il lui donnait ce qu'il souhaitait parce que c'était toujours flatteur d'avoir une personne qui s'intéresse à vous sans que vous n'ayez fait le moindre effort pour. Et on avait vite à se dire que c'était sans doute parce que cette personne ne vivait rien de très palpitait de son côté. Drake l'encourageait encore dans cette conclusion. Ceci dit, sa dernière remarque interrompit un instant sa gorgée d'alcool. Il continuait à se mêler de ce qui ne le regardait pas. Si on ajoutait la situation un peu particulière dans laquelle ils se trouvaient, il s'attendait au pire. Qu'est-ce que cet imbécile curieux avait à lui sortir cette fois ? Il avait découvert une information. Le regard de Lenny redevint définitivement méfiant. En plus, il prenait un malin plaisir à faire durer le suspens en mentionnant la tenue débile de la nana avec laquelle il avait eu une conversation. Et il laissa encore planer un silence. Lenny laissa quand à lui échapper un soupire. Ce qu'il pouvait être agaçant. Et tout ça pour lui sortir quoi ? Que son copain était « un dieu ». Là, sa mine se renfrogna. Ça voulait dire quoi encore ? Et qu'est-ce qu'il avait à le fixer avec son air entendu ?  

– C'était qui cette conne ? lâcha-t-il sans trop y réfléchir. Le genre de meuf torchée qui traîne dans des soirées déguisées débiles et se vante de ses conquêtes d'un soir ? Laisse tomber, t'auras pas ce genre de détails Drake.

Il était sérieux de l'avoir invité pour essayer de parler de sa vie sexuelle ? Il devait bien s'y attendre, c'était bien son genre. Déjà à l'époque, il essayait toujours de savoir avec ses expressions dérangeantes s'il avait un petit ami. Il fallait vraiment qu'il se calme. Et puis, il allait devoir discuter avec Ezra de cette histoire de fille alcoolique qui racontait à n'importe qui en soirée qu'il était un dieu. Même si ça ne lui plaisait pas beaucoup, Ezra lui avait avoué avoir eu des aventures avant lui. Malgré son statut d'handicapé, il savait se débrouiller apparemment. Normal quand on était aussi mignon après tout. Il avait donc fini par l'accepter, parce qu'il n'avait pas vraiment le choix et puis, de toute façon, ça appartenait au passé. Il ne savait pas ce que Drake essayait de faire, mais il n'arriverait certainement pas à lui faire douter de la fidélité de leur couple. Qu'il se trouve une vie personnelle satisfaisante à la fin !

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyMer 9 Oct - 20:29

Ces derniers temps, je me relevais souvent d'une fête pour me préparer à aller à une autre. J'alternais les soirées privées, les événements mondains et les nuits de débauche. Je buvais sur place, modérément ou beaucoup selon l'occasion, et je finissais souvent de m'enivrer une fois chez moi. Je restais plus sage à ce niveau quand je revenais avec une conquête, mais le résultat était le même: je pouvais me coucher bien assommé. J'avais aussi passé deux bonnes semaines, à coups d'environ cinq jours à la fois sans faire d'autres activités, devant mon ordinateur à coder, à chercher et fixer l'écran sans bouger. J'alternais ainsi tornade et inertie, privilégiant le mouvement parce qu'un trop long arrêt menaçait de s'éterniser. Ainsi, après quelques jours sans bouger, je fonçais vers la première raison que je trouvais de sortir m'étourdir.

J'avais repoussé ma rencontre avec Lenny même si elle était inévitable. Je n'avais pas ruiné ma relation avec Ethan pour finalement me replier et lui donner satisfaction.

Lenny ne parlait pas de ses nouveaux projets d'exorcismes comme d'une passion mais plutôt comme d'un moyen de profiter des riches gens chiants. Ça me plaisait. À l'époque, je n'avais eu aucun scrupule à vendre mon sérum de vérité à n'importe qui. Si les gens ne savaient pas comment contourner les questions auxquelles il ne voulaient pas répondre, ils n'avaient qu'à assummer leurs mensonges. Je n'avais offert à aucun client mon poison. Je ne voulais pas qu'on remonte jusqu'à moi s'il y avait une enquête sur un meurtre. Comme il existait beaucoup de moyens d'empoisonner une personne ou de lui faire du mal, je n'aurais pas pu vendre mon poison bien cher la pièce. C'était pareil pour l'option hallucinogène: les gens faisaient déjà affaire avec des dealers normaux. Le sérum de vérité me garantissait une clientèle assez sournoise pour éviter les problèmes et un revenu intéressant. Avec tout l'argent que j'avais détourné à l'ouverture de la brèche, je ne me faisais plus chier aujourd'hui à utiliser mon pouvoir pour les autres. Je m'en servais presque exclusivement pour m'amuser.

Mon travail d'informaticien n'était pas non plus lié à des besoins financiers. Je l'exerçais surtout pour le plaisir de fouiller dans les données personnelles des autres et pour me distraire. Aller effacer des photos de gens nus d'un site de partage pendant qu'ils attendaient, gênés, faisait partie des petites joies de la vie. Je profitais aussi de mon accès à certains appareils et réseaux pour m'ouvrir des portes plus facilement vers des sources d'information. Pirater la mairie n'avait plus de secrets pour moi, mais notre gouvernement immédiat n'était que l'un de mes sujets d'intérêt variés.

Je souris avec un peu d'arrogance quand Lenny exposa son dégoût pour les étudiants de lettres. Il y avait quoi… une minute qu'il avait abandonné ce programme?  Néanmoins, il avait raison. Tout le système scolaire passait volontairement à côté de la magie. Il ne servait à rien de s'accrocher à un cadre qui servait à limiter plutôt qu'à structurer. Je n'imaginais pas les bases de notre société changer bientôt. Même les dieux craignaient le chaos que la révélation de la magie risquait de créer, et ils étaient les plus puissants êtres magiques de notre monde. Les quelques vagues qui avaient été faites dans ce sens ces dernières années avaient été étouffées par l'envie de s'aveugler qui caractérisait une bonne partie de la population. Les gens n'étaient pas difficiles à informer, ni à convaincre dans une certaine mesure, mais ils repoussaient les changements.

Je m'attendais à ce que Lenny réfute la vérité, mais sa manière de le faire me surprit. Je mis quelques secondes à comprendre ce qu'il s'était imaginé dans sa petite tête. Ce n'était pas injuste de sa part, puisque j'avais l'habitude de lui passer des commentaires sur ce thème pour l'ennuyer. Mais c'était inattendu. Je lui répondis en souriant, mais je ne ris pas: j'étais beaucoup trop stressé par la situation générale pour rire.

-C'était une belle brune qui travaille comme serveuse pour un traiteur et qui écoute toutes les conversations dans les soirées mondaines. Bon, je dis pas que c'est impossible qu'elle se soit tapé ton petit copain - vu ce que tu tires comme conclusions, il doit être un débauché qui couche avec n'importe qui… mais c'est pas de ça que je veux te parler.

Je perdis mon sourire. Le piquer un peu m'avait un peu détendu, mais je continuais à paniquer. S'il fallait qu'il me force à lui prouver les origines des son copain, je risquais de perdre patience. J'avais déjà fait beaucoup d'efforts pour lui. Même s'il ne le savait pas. Il avait quand même intérêt à être un minimum reconnaissant.

-J'ai bien vérifié l'info avant de t'en parler, évidemment. Que ce soit une rumeur venant d'une fille qui a bu ou d'un ministre à une partie de poker, je fais mes recherches avant de croire quelque chose. J'ai jamais perdu mes compétences d'espion.

Je pris une gorgée de bière pour lui laisser le temps de bien enregistrer que je ne blaguais pas.

-Ton copain est Tezcatlipoca, le dieu aztèque de la nuit, la discorde, la providence… Bref, c'est le dieu le plus craint de sa mythologie. Je me suis dit que tu aimerais le savoir.

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyMar 22 Oct - 11:03

Pourquoi Drake s'acharnait-il à lui donner des informations sans intérêt ? Il ne lui avait pas demandé comment était cette fille mais son identité. On s'en fichait qu'elle soit brune, blonde ou chauve, jolie de son point de vue, de son travail de prolétaire ou de ses passions dans la vie. Lenny attendit avec ennui, en manifestant son impatience en tapotant du bout du doigt sur son verre. Drake cherchait à l'embrouiller. Sa parole était confuse. Il n'affirmait pas qu'elle ait pu coucher avec Ezra mais n'en avait pas la certitude pour autant. Donc, que signifiaient ses histoires de dieu ? Qu'est-ce que cette fille venait faire ici ? Mais, au lieu d'apporter des réponses, il préféra suggérer que ses conclusions lui permettaient donc de traiter son copain de débauché. Lenny fronça les sourcils avec contrariété. Pourquoi fallait-il encore qu'il se fasse avoir par cet imbécile pénible ? Toujours à prétendre lui avoir fait dire ce qu'il n'avait pas dit.

– ça n'a rien à voir ! s'emporta-t-il en renonçant à s'expliquer davantage.

Aucune argumentation valable ne lui venait, ce qui était d'autant plus agaçant, alors que les accusations de Drake étaient totalement injustes. Néanmoins, dire qu'il ne pouvait pas connaître dans le détail toutes les relations de son partenaire pourrait faire dire à Drake qu'il semblait décidément bien peu renseigné sur Ezra, même s'il était évident qu'il n'allait pas lui demander d'établir une liste et que même une liste pourrait comporter des lacunes volontaires. Et qu'il était parfaitement normal d'estimer qu'une fille qui se permettait de dire des choses ambiguës sur son copain était une potentielle conquête, surtout quand l'information venait de Drake qui fréquentait, lui, des milieux de débauche et n'aimait que les informations qui pouvaient le mettre mal à l'aise. Bref, sa réaction à lui était justifiée, et il n'avait par conséquent aucune raison de s'en défendre. Le regard de Lenny s'assombrit encore. Étrangement, alors que la situation semblait idéale pour continuer à le provoquer, Drake sembla y renoncer. Il abandonna son sourire. Il lui parla maintenant de sources qu'il avait vérifiée. Quelle information ? Encore cette histoire de dieu ? Voulait-il réellement parler d'un dieu au sens propre, ou juste de sa capacité à fouiller la vie privée des gens ? Lenny défronça un sourcil pour le hausser doucement, quitta sa contrariété pour un air blasé. Sa nouvelle expression ne bougea pas d'un cil quand Drake lui lâcha toute la révélation. Son copain était quoi ? C'était quoi ce nom à coucher dehors ? Un dieu aztèque, voilà autre chose. Ah pour faire des recherches, il en avait faites. Ezra avait une gueule de mexicain peut-être ? Le sérieux du jeune homme ne l'alertait pas particulièrement. Il imaginait très bien Drake rester sérieux si son but était de lui faire une blague pour l'inquiéter.

– T'as passé combien d'heures à répéter ce nom débile pour me le sortir aussi naturellement ? lança-il sans s'émouvoir en reprenant une gorgée de bière.

Mais Drake continuait de le fixer avec sa tête sérieuse, comme s'il attendait une meilleure réaction de sa part. Il voulait quoi ? Qu'il se mette à hurler de terreur parce qu'il lui avait parlé, en gros, d'une divinité issue de la mythologie considérée comme la plus sadique du monde ? Il le sous-estimait franchement s'il voulait l'émouvoir avec la promesse d'un scénario digne d'un film d'horreur bien naze.

– Merci pour l'information, je sais maintenant comment faire plaisir à Ezra en égorgeant des humains pour son anniversaire.

Il était vrai qu'il avait déjà averti Drake qu'une déesse dangereuse le suivait quelques années plus tôt. C'était une chose qu'il avait quasiment oubliée depuis. Il était vrai aussi que Drake n'avait pas mis sa parole en doute quand il l'avait averti que Proserpine avait tendance à tuer les humains qui sympathisaient de trop près avec elle. Mais, en même temps, ce n'était pas son genre d'inventer de telles blagues. Était-ce le genre de Drake ? Sans doute. Mais le rappel de ce souvenir lui fit un instant reconsidérer les choses. Franchement, ce ne serait pas du tout correct de la part de Drake de se moquer de lui alors que ses avertissements concernant Proserpine n'avaient rien d'élucubrations et qu'il avait pu en avoir la confirmation. La démarche de Drake était peut-être sincère, ce qui ne l'empêchait pas d'être absurde. En devenant plus sérieux à son tour, Lenny posa son verre et reprit d'une voix très calme :

– Je connais Ezra depuis des années. Je sais qu'il est plus ancien qu'il en a l'air, mais je ne vois pas pourquoi il m'aurait caché ce genre de chose.

Son ton même se voulait rassurant. Si Drake s'inquiétait, il s'inquiétait pour rien. La situation était différente. Quand il s'était agit de Proserpine, Lenny avait vu sa plus récente victime, il lui avait parlé. Mais de simples informations n'étaient pas des preuves tangibles. On pouvait être un bon enquêteur mais se perdre quand on cherchait la confirmation d'une chose précise. Il fallait bien qu'il comprenne que ça n'avait aucun sens. Sa relation avec Ezra était parfaitement stable et sérieuse. Ezra lui avait suffisamment parlé à cœur ouvert pour qu'il n'ait pas de doutes concernant ses sentiments et sa volonté de construire quelque chose de durable avec lui, ce qui semblait compliqué avec un mensonge aussi énorme. Et puis, franchement, qu'est-ce qu'un dieu maléfique aztèque irait faire avec lui ? Il arrivait certes aux dieux de s'amouracher d'humains, ce n'était pas impossible, mais la statistique était tellement ridicule qu'il ne lui semblait pas pertinent de la considérer, surtout le concernant.

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyMer 23 Oct - 16:50

Me mêler des affaires des autres comportait toujours un certain danger. Surtout quand ces autres étaient des dieux puissants. Loki avait failli me tuer, et je n'avais pas survécu grâce à ma puissance mais grâce à l'intervention d'un autre dieu. Un dieu à qui je devais aussi le pouvoir qui me tenait en vie, jeune et à l'abri de la plupart des attaques physiques. Si la longévité éternelle m'avait d'abord angoissé, elle me détendait désormais. J'avais tout le temps devant moi pour me lancer dans des projets et profiter de ce que ce monde avait à offrir sans craindre de vite devenir un vieillard épuisé et esseulé.

En général, je me tenais loin des affaires des dieux. Je m'informais, mais je n'agissais pas directement. Il aurait été plus prudent de rester à l'écart de l'anonymat volontaire de Tezcatlipoca, mais je n'avais pas pu résister à l'envie de voir éclater tout le bordel potentiel, surtout après la réaction d'Ethan. Je ne souhaitais pas faire du mal à Lenny - je voulais d'ailleurs le protéger - mais ça me plaisait de nuire à un dieu qui profitait d'un humain. De la même manière, je me réjouissais d'avoir refusé à Gabrielle une faveur qu'elle exigeait.

En apprenait mon implication - je comptais sur Lenny pour ne pas m'épargner en le confrontant -,  Tezcatlipoca risquait de vouloir s'en prendre à moi. Selon Ethan, il n'était lié à aucun dieu important et il ne se mêlait ni de politique ni de la grande vie sociale de New York. Puissant ou non, il n'était pas de taille contre Thot et Vénus qui étaient à la fois magiquement redoutés et populaires auprès des autres dieux et de la population. D'un œil extérieur, j'étais assez intouchable. J'étais le jouet de deux divinités puissantes! Dans les faits, Vénus ne se porterait jamais à ma défense, mais notre amitié flétrie suffisait à faire de moi sa petite possession aux yeux des autres divinités. On n'avait pas envie de lui déplaire et briser ce qui lui appartenait. C'était le même principe pour Thot, et même davantage si on considérait que la plupart des dieux ignoraient probablement notre éloignement. Et parce que nous avions été plus proches. On pouvait aussi ajouter au compte mes liens flous avec Hel, avec qui j'avais été vu à différents événements mondains. Dix secondes de recherche sur moi prouveraient aussi que j'avais survécu à Loki quand il dirigeait encore la ville. Mes liens et mon passé avec plusieurs dieux me rendaient gênant à tuer. À moins d'être particulièrement impulsif, Tezcatlipoca ne risquait pas de m'éliminer; et si on se fiait à comment il passait sous les radars depuis des siècles, il ne semblait pas manquer de subtilité. Je me mettais en danger en paniquant, mais je n'aurais pas agi si je n'avais pas eu ces conclusions de mon côté.

Je soupirai au commentaire de Lenny sur le nom réel de son petit copain. Je comprenais sa méfiance parce que j'avais tendance à me moquer de lui de manières originales, mais je voyais mal comment il pouvait croire que j'avais inventé un truc aussi tordu juste pour rire. Nous connaissions tous les deux l'existence des dieux, et il s'agissait d'un sujet sérieux qui pouvait nous mettre tous les deux en danger. J'aimais tout tourner à la blague, mais je n'avais pas l'habitude de crier au loup. Je ne comprenais pas l'attitude de Lenny. Je m'attendais à une brusque argumentation contre la vérité, voire même des accusations parce que je me mêlais de sa vie. Mais il refusait juste calmement la réalité.

Je baissai les yeux sur mon verre à son explication de l'improbabilité d'un mensonge de son copain. Il n'avait pas de mal à croire à la possibilité d'être lié à un dieu: c'était un mensonge de celui qu'il aimait qu'il n'arrivait pas à imaginer. Je ne m'étais pas préparé à ce type de réaction. Je n'avais pas envisagé une telle confiance de sa part.

-Je suis désolé… articulai-je rapidement avant de relever les yeux de mon verre. Les gens cachent souvent des choses. Les dieux…

Les dieux mentent mentent aux mortels et les manipulent. Je ne pouvais pas dire ça. Même si c'était vrai, il n'était pas prêt à l'entendre.

-Il y a beaucoup de dieux en ville et ils sont prudents avec leur identité. Tez… Ezra a peut-être préféré attendre de mieux te connaître avant de te révéler son identité, au départ. Et après… quand ça fait longtemps qu'on ment ou qu'on cache un truc, il n'y a plus de manière naturelle d'en parler, et on s'enfonce.

Je me retrouvais à défendre son petit dieu maléfique. C'était ridicule. D'un autre côté, je ne connaissais de lui que sa réputation et sa nature réelle. Ses motivations à mentir n'étaient pas obligatoirement mauvaises. Il restait détaché de la micro-société des dieux modernes, et il avait quitté sa propre mythologie. Il ne se comportait pas comme la majorité des divinités.

-Il t'a quand même laissé savoir qu'il est plus ancien qu'il le paraît. Il t'a peut-être laissé d'autres indices?

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MessageSujet: Re: Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] Je préfère quand ma conscience dort [Petit Lenny] EmptyLun 4 Nov - 18:36

Drake avait baissé les yeux sur son verre. Drake lui avait présenté des excuses d'un air réellement gêné et sincère. Si c'était une blague, elle n'était absolument pas drôle. Enfin, Lenny n'avait jamais beaucoup rit aux plaisanteries de Drake, mais il en comprenait l'intention et le mécanisme. Là, les choses étaient différentes. L'humeur n'était donc pas à la plaisanterie. Il était vraiment persuadé de lui livrer un scoop, et cela commençait franchement à l'agacer. Son « je suis désolé » eut droit à un regard contrarié. Ne venait-il pas de lui dire que ses soupçons étaient très certainement infondés ? Mais Drake persista en essayant même de lui proposer une explication plausible au silence d'Ezra sur sa prétendue nature divine. Il le forçait à considérer la possibilité. Si Ezra était un dieu qui souhaitait construire une relation sur un plan d'égalité avec lui, dire qu'il était un dieu aztèque aurait pu mettre d'assez grandes barrières entre eux. Il aurait pu craindre de ne pas être aimé pour ce qu'il était et ce genre de bêtises que l'on trouve dans les romances. Mais, en même temps, quand on débutait dans la vie, on avait pas forcément envie de s'engager avec un être millénaire très puissant pour qui il était très possible de n'être qu'un passe-temps. Et même si le passe-temps durait une dizaine d'année, c'était une perte énorme quand il fallait refaire sa vie à un âge plus avancé, après s'être fait abandonné sans aucune explications. Ezra avait-il ce genre de projet en tête ? Ne rien dire pour se donner la possibilité de disparaître vers une herbe plus verte ? En même temps, Lenny ne lui avait pas non plus facilité de potentielles révélations avec ses réactions quand il avait appris son âge ancien, ses nombreuses existences depuis la Renaissance. Il s'était déjà beaucoup inquiété de n'être qu'un visage de plus dans sa très longue vie et c'était quelque chose qu'il pouvait facilement remettre sur le tapis quand il était en colère contre lui, souvent parce qu'il se sentait négligé et entrait dans une sorte de phase parano à cause de ce qu'il savait de lui. Or, même très âgés, Ezra restait un humain. Or, s'il fallait ajouter une dimension divine, ses peurs seraient bien plus justifiées et il avait pu avoir de vraies raisons à ne pas aller plus loin dans les aveux.

– On voit que tu connais bien le sujet…, lança-t-il acerbe, sans faire d'efforts, malgré ses réflexions.

Ce n'était pas parce que Drake le forçait à considérer la chose qu'il y songeait avec sérieux et lui accordait plus de crédit. Voilà qu'il s'accrochait à l'ancienneté d'Ezra pour lui signifier qu'il lui avait pourtant donné des indices, et il insista encore, pour savoir quels autres indices auraient pu filtrer.

– Sérieusement, Drake, commença-t-il agacé, qu'est-ce qu'un prétendu dieu du mal aztèque peut me laisser comme preuves éloquentes ? Son dernier costume d'Halloween ? Une sonnerie de portable mariachi ? Une passion pour le chocolat ? Un amour inconditionnel pour l'or ?

Ou alors… Son regard perdit un instant de sa dureté. Non, c'était ridicule, Drake le forçait tellement à considérer ses idioties qu'il allait finir par l'inciter à se convaincre tout seul. Il détestait cette impression de se faire manipuler. On trouvait toujours des biais de confirmation quand on cherchait à justifier un sujet précis, c'était même pour cette raison qu'une grande partie des études universitaires étaient totalement bidons, et leurs élèves avec, sauf lui, bien entendu. Mais… Pourquoi Ezra s'était-il intéressé à lui ? Il ne s'en était pas caché, il aimait toujours le lui rappeler et le complimenter à ce sujet. Il avait aimé sa noirceur qui le plaçait, selon ses propres mots, au-dessus du reste des humains qu'il avait pu rencontrer. C'était ainsi, d'ailleurs, qu'il le rassurait lorsqu'il s'inquiétait de l'importance que pouvait bien avoir leur relation pour un sorcier de plusieurs siècles. Au-dessus des humains… Et ne lui avait-il pas offert un spectacle sacrificiel pour le séduire, avec l'intuition profonde que c'était la meilleure façon de gagner toute son estime ? Il l'avait embrassé pour la première fois dans des toilettes pleines de sang, à côté d'une jeune fille hagard et meurtrie, et cela avec une passion brutale, loin de toute la réserve qu'il lui avait montré auparavant et qui avait souvent manqué de le décourager. Il aimait jouer à malmener toutes les personnes qui le contrariait, à élaborer des plans raffinés et sadiques pour les faire souffrir. Lenny ouvrit une bouche hésitante, et la referma presque aussitôt. Il n'y avait rien dans tous ces « indices » qui ne puisse être oralisé. Drake n'était certainement pas prêt à entendre ce genre de choses et il était trop imprévisibles pour que ce soit prudent de lui révéler que ses pouvoirs dépassaient la simple connexion avec des esprits. Actuellement, il semblait vouloir l'aider. S'il savait ce qu'il faisait de son temps libre, il était aussi bien capable de changer l'idée et chercher à lui nuire. On ne savait jamais avec lui. Enfin, oui, Ezra était certainement une personne que l'on pouvait qualifier de maléfique. Mais ça ne justifiait pas toutes ces accusations. Il rouvrit la bouche pour demander sur un ton plus mesuré :

– Tu dis que tu as fait des recherches. Donne moi un indice qui t'a incontestablement permis d'arriver à cette conclusion.

Après tout, c'était Drake qui arrivait avec ses soi disant informations dont il ne lui disait rien, pas lui.

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