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Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt]

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Christian C. ReaverChristian C. Reaver


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MessageSujet: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyMar 29 Jan - 19:43

Je lissai ma cravate devant le miroir de la chambre, une fois de plus. Cette réunion familiale me terrifiait.

- Mais en fait, quel est le problème? Tu ne connais pas Mars, tu n'es pas proche de lui… S'il te rejette, tu n'auras rien perdu.

Je me mordis les lèvres en soupirant et évitai le regard de mon épouse. Je n'avais pas envie de tout lui expliquer parce que, de toute façon, elle ne comprenait rien, de manière générale. Je lui avais confié mon état d'angoisse en me préparant pour la soirée et elle ne me lâchait plus avec ses questions. Quelques minutes plus tôt, elle m'avait même demandé si l'occasion lui permettait de venir, comme s'il n'était pas évident que personne ne voulait d'elle à ce repas. Elle n'avait rien répondu à mon: « Arrête de chercher à t'intégrer. Ma mère ne te considère pas comme faisant partie de cette famille et ça ne changera pas. » Je n'avais pas besoin du stress de sa présence en plus de tout le reste.

-Et même Vulcain, ajouta-t-elle sans qu'on l'y ait invitée, si jamais il ne veut plus te voir en réalisant qu'il n'est pas ton père… Enfin, vous n'avez jamais été proches.

-Arrête, Psyché.

-J'essaie juste de comprendre pourquoi tu rends ça si grave.

-Arrête,
répétai-je, les dents serrées, en utilisant mon pouvoir pour la forcer à obéir. Et oublie toute cette conversation depuis que je t'ai dit que j'étais angoissé.

Je la contournai pour aller chercher mon téléphone resté au salon. Le silence, si rare en sa présence, me calma un peu. Il fallait souvent un moment à ma femme pour se remettre de sa confusion quand j'utilisais ma magie sur elle. Après avoir envoyé un message à Vénus pour la prévenir de mon départ imminent et répondu à un message de la part de Raphael, je revins à la chambre où je trouvai Psyché assise sur le lit, absorbée par son téléphone.

-Je pars. Bonne soirée.

Elle m'imposa un rapide baiser sur la joue et m'abandonna vite pour son téléphone. Je ne m'attardai pas pour d'autres marques d'affection.

Cette soirée pouvait se terminer de toutes sortes de manières que je ne contrôlais pas. Il y avait déjà plus de deux ans que j'avais sauvé ma mère de son admirateur extrême. Nous nous étions timidement rapprochés, en particulier ces derniers mois. Nous n'étions pas le confident l'un de l'autre, mais nous arrivions à rire ensemble et même à nous remémorer de bons souvenirs. Des moments avant la venue de Psyché.

L'interrogatoire de ma femme avait augmenté ma nervosité. Avait-elle fait exprès de me donner l'impression que craindre une mauvaise tournure des événements n'avait aucun sens? Bien sûr que je ne connaissais pas Mars, mais j'avais aussi souhaité, dès que j'avais compris notre lien réel, développer avec lui une relation positive. Une sorte de consolation pour ce que je n'avais jamais eu avec Vulcain. Après toutes les tempêtes avec ma mère, l'éloignement de mon père, la dérive de ma relation avec ma femme et les complications avec mes rares amis, je ne savais plus à quoi me raccrocher. Je n'espérais rien de précis de cette révélation à Mars, mais j'appréhendais son rejet. Plus encore, j'avais peur que Vénus me ferme à nouveau sa porte s'il se passait quoi que ce soit de travers. J'étais prêt à me contenter de n'importe quoi de positif, et mon évident désespoir me faisait pitié.

J'arrivai chez ma mère avec quelques minutes d'avance. Je restai immobile devant la porte pendant de nombreuses secondes, cherchant mon courage. Sans le trouver, je frappai et Matt Fowl me fit entrer. Sa présence me déplaisait, mais je comprenais la décision de ma mère de le garder à ses côtés. Le besoin de soutien triomphait parfois de toutes les autres considérations. J'eus une pensée pour Raphael.

Elle ne m'avait pas confirmé les raisons de cette réunion - elle ne savait même pas que j'étais au courant de l'identité de mon père biologique. Nous n'avions pas parlé de Mars avant la mention de sa présence ce soir et nous avions à peine effleuré le sujet de Vulcain. J'étais tout de même convaincu des motivations de ma mère: elle m'avait vu utiliser le pouvoir que je tenais de Mars. Elle nous réunissait maintenant à la même table sans s'expliquer au préalable. Son comportement appelait la révélation à venir.

Je pris place à table après avoir salué ma mère et fus soulagé à la vue du nombre de couverts: seulement quatre. Mars ne venait donc pas accompagné. Un témoin de moins pour le spectacle de ce soir. Et l'absence de Psyché paraissait plus normale que si j'étais le seul à me présenter en solitaire.


-Merci pour l'invitation, à vous deux.

Je prenais soin de faire sentir mon acceptation de l'homme que ma mère avait choisi pour partager sa vie. En fait, depuis qu'elle me laissait une chance, Vénus recevait mon support sur tous les sujets qu'elle partageait avec moi. Mon besoin de validation de sa part m'inquiétait au point que je ne l'avais abordé avec personne.

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MessageSujet: Re: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyDim 31 Mar - 11:11

« Je fais un repas prochainement, seras-tu des nôtres ? » C'était à peu près tout ce que j'avais reçu de Vénus. Nous nous étions croisés quelques fois à l'occasion d'événements mondains, mais nous en étions restés à des échanges de politesse. Comment va la vie, bonne chance pour tes projets, etc. Rien qui ne puisse disposer à rétablir un lien de proximité. A vrai dire, j'avais même préféré raviver de vieux souvenirs dans les bras de son « équivalent » grec, qui lui était bien plus sympathique, comme le sont toujours les personnes désespérées et prêtes à tout pour recevoir de l'affection. Je n'avais pas une idée précise des intentions de Vénus, mais je ne disais jamais non à de la nourriture et de l'alcool gratuits ! Enfin, plus sérieusement (quoique le premier argument est très valable), je ne voyais pas l'intérêt de mener une enquête approfondie sur les motivations de la déesse. C'était une personne directe, qui ne s'embarrassait pas de détails et qui ne lançait pas d'invitation au hasard. Je ne doutais pas qu'elle avait ses raisons et que si ces raisons avaient été de me nuire, ses méthodes n'auraient probablement pas consisté à me faire venir chez elle. Qu'avait-elle derrière la tête ? Grande question. Je doute qu'elle fasse un pas vers moi pour me parler du passé, encore moins pour me faire l'étalage de ses remords. Même si elle était aujourd'hui séparée de Vulcain, elle ne m'avait jamais paru du genre à aimer revenir sur ce qu'elle avait pu faire. Trop de fierté. J'étais peut-être une opportunité d'alliance. En fait, c'était la seule raison logique qui pouvait l'inciter à revenir vers moi. Avec la chute d'Héra, j'étais le seul dieu sur l'échiquier capable de faire quelque chose pour les miens, et elle savait que je serais loyal de ce côté. Elle était également censée savoir, aussi, que, malgré les apparences, je n'étais pas aussi inconscient que je le laissais paraître. Dans tous les cas, la situation était intéressante, et j'espérais une soirée divertissante, avec un menu à la hauteur d'un dieu de la guerre débordant d'énergie !

J'avais donc accepté l'invitation assez rapidement, puis je n'y avais plus pensé avant que mon assistant m'informe ce matin que j'avais un dîner prévu chez Gabrielle Englebert. Je lui avais glissé avec un air complices que c'était une ex de mes très jeunes années, histoire de l'impressionner un peu, en ajoutant qu'elle voulait sans doute profiter de mon statut et de ma célébrité. « Les femmes sont ainsi, Paolo. Si un jour tu te fais méchamment abandonner par l'une d'elle, n'oublie pas qu'elle reviendra toujours si tu deviens un homme respectable. » « Vous pensez pouvoir la reconquérir ? » « Sans aucun doute que je le pourrais ! Mais je n'en ai plus le moindre intérêt aujourd'hui. Il ne faut pas revenir sur ce genre d'histoire, quand on va vers la grandeur et l'avenir, ce qui nous semblait exceptionnel à une époque devient insignifiant quand on s'est élevé ! » Le plus important n'est pas la vérité brute, mais ce que l'on peut faire d'un début de vérité pour valoriser son image sans qu'il soit possible de vous accuser pour autant de mentir. Qui pourrait, par exemple, affirmer que je ne pourrais reconquérir Vénus tant que je ne voulais pas le faire moi-même ? Et il était vrai que je n'en avais plus la moindre envie depuis très longtemps, même si je ne me priverais pas de faire naître un certain regret en elle si je le pouvais. C'était aussi ce qui me rendait plutôt joyeux à l'idée de ce repas. Un autre bon point était qu'il me donnait un programme tout à fait agréable pour le reste de cette fastidieuse journée de travail, que je justifierais sur le point évident qu'on ne pouvait faire mauvaise impression à un dîner diplomatique. « Bon… Cette sage leçon de vie donnée, j'ai besoin de savoir ce que je pourrais apporter à boire à ce repas… Quel bon vin as-tu bu récemment ? Aha non excuse moi, tu ne gagnes sans doute pas assez avec le salaire que je te verse pour goûter à de vrais bons vins, mais lequel rêverais-tu de boire ? » Ceux qui diraient que je suis un monstre devraient attendre de connaître la suite de l'histoire. J'ai passé une très bonne après-midi en compagnie de Paolo en faisant livrer à mon siège une série de vins rouges très chers que nous avons dégustés ensemble pour déterminer quel cru méritait d'être apporté à ce repas. Le problème avec ce genre de méthode pleine de bonnes intentions est que, même si vous optez pour deux bouteilles de chaque vin, il est difficile de ne pas résister à l'envie d'ouvrir la deuxième quand un vin vous plaît vraiment, notamment pour en faire profiter tout votre étage. C'est à ce moment d'ailleurs que j'ai déclaré que tout le monde devait cesser ses activités pour profiter de l'apéro. Il devait être tout juste 16h. Et je suis finalement parti avec les bouteilles qui n'avaient pas été ouvertes. Mais peu importe, elles étaient chères, donc forcément bonnes, si j'en jugeais au succès des autres.

Je n'étais pas extrêmement sobre en me présentant chez Vénus, mais je n'étais pas confusément ivre non plus. Ma nature divine m'aidait à tenir mieux que les humains ainsi que mes millénaires d'expérience. Et, puisqu'il était rare que je ne sois pas avec un verre à la main en société, beaucoup de gens pouvaient dire qu'il s'agissait plus ou moins de mon état ordinaire. Certains parlaient d'une manière de canaliser un certain stress social, mais je ne voyais pas le rapport. Ces gens là étaient juste des ennuyeux qui ne comprenaient pas le concept de profiter au maximum d'un événement qui impliquait d'autres individus. Sachant une chose : la présence de personne n'est pas une garantie de bon divertissement, mais la présence d'alcool, si. J'avais gardé ma tenue de la journée, une chemise rouge et un veston blanc que je gardais boutonné pour le moment car j'avais constaté avant de quitter les bureaux que je l'avais légèrement tachée et le passage au lavabo pour masquer les dégâts n'avait fait qu'aggraver le résultat en attendant qu'elle veuille bien sécher. Enfin, je n'étais pas exactement la personne la plus présentable du monde ce soir, mais j'avais deux bouteilles d'un sans doute excellent rouge, sinon elles ne méritaient pas leurs 200$ (nous en avions commandé de plus chères à l'origine mais elles ont été les premières à être ouvertes).

– Bonjour, la compagnie !

J'avais levé mes deux bouteilles pour bien montrer que j'étais digne de participer au festin : un Barbaresco et un St Emillion.

– Toujours aussi ravissante Vénus, et… enchanté monsieur !

Je m'adressais au nouveau compagnon de la déesse dont je n'avais pas retenu le nom. Je savais juste qu'il n'était pas un dieu et ne représentait pas un intérêt essentiel, sauf si sa présence au repas devait avoir son importance. Dans ce cas, il serait bon de me l'expliquer.

– Et bonjour… Cupidon, si j'ai bonne mémoire.

Je n'avais pas eu beaucoup plus de contact avec Cupidon qu'avec Vénus depuis mon arrivée sur terre. Et je le connaissais bien moins puisque je m'étais plutôt tenu à l'écart des affaires des autres Dieux depuis la « trahison » de Vénus. J'avais mieux à faire sur terre, comme m'occuper de mon Empire. Cependant, la composition étrange de la pièce ne m'échappa pas. Je faisais plutôt figure d'exclu au milieu d'une famille recomposée, à moins que je ne fasse partie de ladite famille recomposée. Je ne dis pas que j'avais exclu cette possibilité, Cupidon étant né dans un délai qui correspondait aux dernières fois que j'avais vu Vénus, et en constatant par ailleurs que les humains trouvaient eux-mêmes logiques de l'associer à moi. Mais, que Vénus soit prête, tant d'années après, à réunir tout le monde pour ce genre de révélation, je ne m'y étais pas vraiment préparé. Et l'attitude gênée, attentive et anxieuse de Cupidon, alias Christian Reaver, ne m'échappait pas. Quoiqu'il advienne, il fallait détendre l'atmosphère.

– Allez, apporte nous les verres, le tire-bouchon, je sers la première tournée. Je commence par lequel ?
Tant pis pour ceux qui diraient qu'il s'agissait de vins de table, et qu'un servait plutôt du champagne. A Rome, personne ne buvait de champagne ! Par ailleurs, je n'aimais pas attendre que l'on prenne toutes les initiatives à ma place. J'étais maître des lieux partout où l'on m'invitait, et je n'avais d'ailleurs pas attendu de savoir si un siège m'avait été attribué pour m'asseoir.

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MessageSujet: Re: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyDim 31 Mar - 20:23

«Envoyer». Il était seulement 9h00 et Gabrielle en était déjà au dixième problème réglé. À croire que tous les départements de cette entreprise étaient complètement incapables de se charger de quoi que ce soit par eux même, elle devrait revoir le budget consacré au paiement des employés, les évaluations ne seraient pas très élevées cette année. La jeune femme s’était présentée à son bureau très tôt, cette journée-là, puisqu’elle avait d’autres plans pour sa soirée. Elle jeta un coup d’œil au croissant qu’elle avait attrapé trois heures plus tôt et qu’elle n’avait toujours pas touché, son appétit ayant été étouffé par la boule qu’elle avait dans la gorge. Son orgueil l’empêchait de l’exprimer haut et fort, mais ce repas la rendait nerveuse, et pour plus d’une raison.

Elle avait croisé Mars seulement quelques fois depuis leur arrivée à New York, et elle ne s’était pas attardée à lui parler. Le voir et passer du temps avec lui la replongeait dans une version d’elle qu’elle n’appréciait pas particulièrement, même si les souvenirs qui lui venaient n’étaient pas nécessairement négatifs. Tout ce qui entourait cet homme la ramenait au visage de Vulcain, brisé par la tristesse, et la plongeait dans les remords. Savoir qu’il devait se présenter chez elle le soir-même ne l’enchantait pas nécessairement, mais certaines choses devaient être dites. Tout juste après avoir mis Cupidon au monde, Venus avait eu des doutes sur la paternité de Vulcain. Elle avait enfoui ces doutes dans un tombeau de déni jusqu’à ce que, quelques années plus tôt, son fils lui prouve que ses doutes étaient bien fondés : Cupidon avait hérité de l’un des pouvoirs de Mars. Elle avait bien pensé garder tout ça pour elle, elle avait bien réussi à le faire depuis la naissance de son fils, mais sa relation avec Cupidon s’était améliorée avec le temps, et elle avait décidé qu’il devait savoir. Cette décision impliquait que le principal intéressé devrait être mis au courant, lui aussi.

Gabrielle attrapa son téléphone cellulaire et envoya un message à Matt, l’informant qu’elle quittait le bureau pour préparer la soirée. Elle tenait à ce qu’il soit à ses côtés. Ils partageaient une demeure depuis maintenant un peu plus d’un an. Le passé de leur relation avait fait en sorte qu’ils avaient décidé d’être simplement heureux et de s’aimer un jour à la fois, ils avaient donc gardé leurs appartements respectifs pendant près de quatre ans. Le quartier Gaia était bien différent de celui où Gabrielle demeurait auparavant, mais elle commençait à s’y attacher. Elle déposa ses clés sur la petite table près de la porte. Bien qu’elle se débrouillait assez bien côté cuisine – Matt ne s’en plaignait pas - elle avait pris la décision de faire affaire avec un traiteur, elle n’aurait pas à se casser la tête.

En ce qui lui paru une demi minute, il était déjà 17h00. Elle s’était vêtue d’un jumpsuit en dentelle blanche, lui arrivant à la mi-cuisse. Elle avait évidemment complété son look avec des escarpins et des bijoux dorés. Ses cheveux dont les boucles étaient relâchées lui tombaient au milieu du dos. Lorsque Matt arriva, elle se précipita pour l’accueillir. Bien qu’il n’avait aucun lien avec la discussion qui aurait lieu ce soir-là, Gabrielle avait tenu à ce qu’il soit présent, ils en avaient beaucoup discuté et sa présence l’aidait à rester calme – même si leurs personnalités explosives rendaient parfois les choses peu calmes entre eux. Elle s’approcha de lui et l’enlaça avant de l’embrasser doucement. Généralement, la jeune femme arrivait bien à cacher ses sentiments et ses pensées, mais il était inutile de tenter de les cacher à son compagnon de vie, car il la connaissait par cœur.


- Il faut que je me calme. J’aurais horreur que Cupidon me voit vulnérable une deuxième fois, la première a déjà été assez destructrice pour mon égo. Je ne sais pas pourquoi ça me stresse autant… c’est sûr que c’est pas trop une fierté pour moi…


Bien que leur relation s’était améliorée un peu avec le temps – pouvait-elle être pire ? – Gabrielle se gardait de trop partager avec Cupidon. Après tout, il était toujours avec sa Psyché qui lui avait presque volé sa gloire à l’époque. Les humains étaient des êtres vraiment sous développés pour avoir momentanément préféré Psyché à Venus.  Toutefois, elle n’était pas le seul facteur. Gabrielle n’avait pas confiance en son fils, mais c’était peut-être simplement parce qu’elle ne le connaissait pas assez. Après tout, il s’étai passé plusieurs milliers d’années avant qu’ils ne recommencent à se parler. Elle avait simplement l’impression qu’il faisait un effort particulier pour être toujours en accord avec elle. Cupidon fut d’ailleurs le premier de ses deux invités à se présenter. Après être entré, il s’était dirigé vers la salle à manger.


-Merci pour l'invitation, à vous deux.

Gabrielle leva les yeux vers Matt à qui elle offrit un petit sourire complice. Même après cinq années à ses côtés, son cœur faisait encore un bond chaque fois qu’elle le regardait.


-Merci à toi d’avoir accepté cette même invitation, Christian.

Au même moment, le deuxième invité se présenta à la porte, un peu moins présentable et un peu plus dégourdi que le premier.
 

-Bonjour, la compagnie !


Gabrielle cligna deux fois des yeux en regardant les deux bouteilles de vin que Mars tenait dans les airs. Elle savait qu’il était du genre festif et qu’il ne détestait pas la boisson, du moins c’est ce qu’elle avait analysé de lui les rares fois où elle avait eu à le côtoyer. Il s’agissait toutefois là d’une drôle de façon de se présenter à un repas chez quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps.


- Toujours aussi ravissante Vénus, et… enchanté monsieur !


- …Merci Mars… Sois le bienvenu.


Elle l’invita à rejoindre la salle à manger et il s’adressa à Cupidon. Gabrielle en profita pour se retourner vers Matt, un peu à l’écart.

- C’est moi qui suis folle ou il a bu ?
lui dit-elle, avec le sourire radieux de quelqu’un qui échangeait des mots doux.

– Allez, apporte nous les verres, le tire-bouchon, je sers la première tournée. Je commence par lequel ?

Elle se retourna aussitôt vers son invité et lui fit un magnifique sourire.


- Oh mais celui que tu veux, mon cher Mars, tu sembles être un fin connaisseur. Je vais chercher le tire-bouchon.

Elle fit volte-face et se dirigea vers la cuisine, qui était dans une autre pièce et fit signe à Matt de la suivre.


- Je ne vois pas de quelle façon cette soirée va bien se terminer.


En parlant, elle ouvrit à peu près tous les tiroirs de la salle, sauf celui où se trouvait toujours le tire-bouchon, évidemment et commença à perdre patience parce qu’elle ne le trouvait pas.

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MessageSujet: Re: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyMar 9 Avr - 20:27

Matt ne regrettait pas de ne pas avoir eu d'enfants. Il s'en faisait la réflexion de temps à autre en observant les complications que Christian créait dans la vie de Gabrielle. Avoir la responsabilité d'un être innocent et fragile ne l'avait jamais attiré, et il avait réalisé que même une fois adulte, même des siècles après sa naissance, un enfant pouvait rester un fardeau. Celui de sa petite amie, un dieu puissant existant depuis l'Antiquité, démontrait un inquiétant besoin de se faire aimer, au point de ne jamais s'opposer ni à sa mère ni à Matt. Le démon l'avait testé quelques fois en forçant les avis contraires au sien et Christian avait presque chaque fois détourné la conversation, et c'était quand il ne se soumettait pas simplement en acquiesçant et en changeant d'avis. Il le faisait généralement assez subtilement, en s'expliquant même avec une apparente finesse, mais ses arguments manquaient toujours de substance. Matt en avait discuté avec Gabrielle, et elle lui avait confié qu'elle ne savait justement pas si elle pouvait faire confiance à son fils. Néanmoins, elle lui donnait une chance - une chance de plus - parce qu'il était son enfant. Après tout, ils n'en étaient pas à leurs premiers mensonges l'un envers l'autre.

Le démon se gardait bien de s'opposer à la proximité de la mère et du fils, malgré sa méfiance, à la fois parce que Gabrielle était capable de faire elle-même ses choix et parce qu'elle n'en ferait toujours qu'à sa tête de toute façon. Il admirait cette obstination chez elle, même quand elle l'énervait. Il choisissait néanmoins prudemment les sujets sur lesquels il donnait son avis, préférant les compromis aux disputes inutiles. Cette résolution ne venait pas sans efforts et ne le retenait malheureusement pas à toutes les fois où il avait envie de faire un commentaire indélicat.

- Il faut que je me calme. J’aurais horreur que Cupidon me voit vulnérable une deuxième fois, la première a déjà été assez destructrice pour mon égo. Je ne sais pas pourquoi ça me stresse autant… c’est sûr que c’est pas trop une fierté pour moi…

-Tu as raison: ça ne devrait pas te stresser à ce point. Ils ont tous les deux fait des erreurs aussi.


Il attira Gabrielle contre lui.

-Si ça se passe mal, il y a toujours mon pouvoir de strangulation, dit-il à la blague pour détendre la déesse.

Leur brève étreinte fut interrompue par l'arrivée de Cupidon. Matt essaya de ne pas s'amuser de son look soigné et dut détourner les yeux pour garder un air sérieux. C'était un simple repas familial, selon les informations que sa mère lui avait fournies. La cravate montrait une fois de plus son envie d'en faire trop. C'était presque mignon. Le démon n'en portait pas, ni nœud, et s'était vêtu d'un pantalon et d'une chemise, tous les deux noirs, son style habituel.

– Bonjour, la compagnie !

Le spectacle commençait.

– Toujours aussi ravissante Vénus, et… enchanté monsieur !

-Matt Fowl, dit-il d'un ton neutre, sans amorcer de mouvement pour lui serrer la main.

- …Merci Mars… Sois le bienvenu.

L'attitude des deux invités contrastait d'une manière qui ne laissait pas présager une soirée reposante.

- C’est moi qui suis folle ou il a bu ?

-L'un n'exclut pas l'autre,
répondit-il avec un clin d'œil moqueur.

Les taquineries n'avaient pas toujours leur place, mais cela n'empêchait pas Matt d'en lancer quand il en avait l'occasion, à la fois pour s'amuser et parce qu'elles lui permettaient souvent de rester en contrôle dans les situations gênantes. Il prit quelques secondes pour chercher comment harmoniser cet étrange groupe, pendant que Gabrielle et Mars parlaient vins, puis suivit la déesse à la cuisine.

- Je ne vois pas de quelle façon cette soirée va bien se terminer.

-Clairement, Mars a envie de boire du vin, et Cupidon est tout coincé. Buvons du vin, ça ne peut pas nuire. L'ambiance peut difficilement être plus bizarre que maintenant.


S'il le fallait, Gabrielle pouvait garder sa révélation pour un autre jour, voire pour son fils seulement, et le laisser se charger de contacter son père. Cette approche manquait de respect pour Mars, mais il ne paraissait pas se soucier des convenances.

Le démon ouvrit le deuxième tiroir que Gabrielle avait fouillé, en sortit le tire-bouchon et l'agita devant elle avec un petit sourire.

- Et rien ne te force à parler ce soir si tu n'es pas à l'aise, dit-il en passant un bras autour d'elle. Officiellement, ils ne sont venus que pour un repas.

De retour à la salle à manger avec Gabrielle, Matt ouvrit une bouteille et en servit à tout le monde.

-Levons nos verres à celle qui nous a réunis pour une belle soirée! Mars, nous espérons avoir droit à tes meilleures anecdotes de guerre, ajouta-t-il avec bonne humeur dans l'espoir d'intégrer le dieu à une meilleure atmosphère.

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CLARENCE:
 



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Christian C. ReaverChristian C. Reaver


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MessageSujet: Re: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyJeu 11 Avr - 13:46

Je n'étais pas allé vers Mars après avoir deviné qu'il était mon père. Bien que curieux à son sujet, je n'avais pas eu le courage de me rapprocher de lui. Proserpine m'avait ouvert la porte comme intermédiaire, comme elle connaissait bien Mars, mais j'avais refusé son implication. Compliquer davantage la situation en y mêlant d'autres gens ne pouvait que nuire à tout le monde. J'hésitais sur le meilleur plan d'action. Je stagnais parce que je craignais un rejet parental de plus. Je m'étais d'ailleurs raisonné: Mars et moi n'avions apparemment rien en commun sinon Vénus et un pouvoir magique similaire. Pourquoi serait-il intéressé à me connaître?

– Et bonjour… Cupidon, si j'ai bonne mémoire.
- Oui, bonjour,
articulai-je difficilement en sortant mon sourire des soirées mondaines.

Même si j'avais vu venir le coup, je restais sous le choc de me retrouver à table avec Vénus et Mars. La présence de Matt diminuait un peu mon angoisse, ce qui était ironique en considérant à quel point le démon me mettait habituellement mal à l'aise. Son attitude prévenante envers ma mère me réconfortait: elle signifiait que Vénus aussi paniquait. Maintenant que j'y portais attention, ses expressions enthousiastes manquaient de naturel. Je me sentais moins seul.

J'imaginais que ma mère n'avait pas invité Vulcain à la fois parce que nous ne lui parlions plus ni l'un ni l'autre, parce qu'il n'en avait rien à faire de son fils et parce que l'installer à la même table que Mars promettait une perte de contrôle totale sur la situation. J'aurais tout de même eu envie que Vulcain soit présent, soit pour avoir une preuve qu'il tenait un minimum à moi soit pour confirmer qu'il se tenait à distance parce qu'il ne m'avait jamais considéré comme son fils.

Ma mère partit avec Matt à la cuisine, m'abandonnant avec le dieu de la guerre à qui elle reprocha plus ou moins subtilement d'avoir commencé à boire avant d'arriver. Je regrettais de ne pas avoir fait de même pour me détendre. Je fis semblant de regarder attentivement l'une des bouteilles. Je m'en voulais de ne pas avoir pensé à apporter de cadeau à mes hôtes. Psyché se chargeait généralement des détails concernant nos invitations, mais elle n'avait pas été invitée et ne s'était, pour une fois, pas mêlée de mes affaires. Après plusieurs repas avec ma mère, dont une bonne partie à mes frais, les plates convenances n'étaient plus nécessaires, mais je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir mal quand même.

Je cherchais, mais je ne trouvais rien d'intéressant à dire à Mars. Habituellement, je n'avais pas de mal à faire la conversation ou un numéro de charme aux gens, mais ceux-ci étaient rarement mon propre père. Tout ce que je dirais ne pourrait jamais rattraper la distance imposée entre nous. Nous étions plus étrangers que deux inconnus, séparés par un lien brisé à l'avance.


- Le fournisseur de ce vin a envoyé plusieurs bouteilles à mon entreprise la semaine dernière. Peach en a donné aux employés et j'en ai ouvert quelques-unes avec ceux qui travaillaient tard. Une réceptionniste a fait un numéro de karaoké sans musique.

Très réussi, Cupidon. Mars a évidemment envie d'entendre parler de tes conneries au travail.

J'accueillis le retour de nos hôtes avec soulagement. Je m'accrochai à ma coupe de vin en essayant de me détendre.


-Levons nos verres à celle qui nous a réunis pour une belle soirée!

Tu parles, oui.

-Mars, nous espérons avoir droit à tes meilleures anecdotes de guerre!

J'eus un sincère sourire en me faisant la réflexion que ces deux-là avaient des anecdotes bien plus personnelles à partager. Nous faisions un drôle de groupe à table : ma mère, ses deux amants dont un était assez jeune pour être mon fils, et moi. Matt multipliait les efforts pour paraître accueillant, alors que j'avais l'habitude de ses répliques tranchantes ou moqueuses. Le soutien qu'il offrait à ma mère devant Mars me ramenait à l'absence de Psyché. Si elle avait été présente, elle aurait parlé aux moments où je ne savais pas quoi dire, sa main sur la mienne, et l'attention portée sur elle m'aurait permis de respirer plus facilement. Je détestais ma femme, mais je lui reconnaissais des qualités.

Il y avait des siècles, Psyché avait voulu s'excuser à ma mère, mais ma relation avec celle-ci demeurait houleuse et je préférais éviter une possible maladresse de ma femme, donc je lui avais fait croire que Vénus m'avait confirmé ne jamais vouloir entendre un seul mot de sa part et qu'elle irait vers elle si elle changeait d'avis. J'avais attendu le bon moment pour réparer les torts de Psyché et les miens, mais il ne s'était jamais présenté. Ces dernières années, j'avais eu l'occasion de me rapprocher davantage de ma mère. Psyché restait à distance et je n'étais pas encore prêt à risquer son intervention auprès de Vénus.


-Et d'amour! Il paraît que tu as une petite amie.

Vedette de la politique, il faisait parfois la une des magazines de potins sur les stars. Il avait été vu quelques fois avec une certaine Emilia Murphy – j'avais fait mes recherches et découvert qu'elle travaillait au Velvet Dream, un cabaret érotique.

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MessageSujet: Re: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyMer 22 Mai - 6:21

Je n’avais pas prévu un repas très amusant et, estimant qu’il serait certainement difficile de faire germer de la bonne humeur dans un repas en tête-à-tête avec Vénus, j’avais décidé d’apporter la bonne humeur avec moi par avance. L’autre intérêt de boire était de s’assommer suffisamment l’esprit pour rester absolument dans l’instant et ne pas être tenté de songer au passé, je devais bien le reconnaître. Mon intention n’était pas de rester jusqu’au bout de la nuit avec ma lointaine ex. Elle me dirait ce qu’elle avait à me dire, je n’avais qu’à aviser, manger, boire et partir vers d’autres aventures. Mais, en arrivant sur place, il était évident que j’aurais dû m’inquiéter davantage de l’organisation de ce repas. J’avais préféré en rester volontairement à l’idée qui m’arrangeait le plus. Si j’avais connu à l’avance la configuration, je ne serais sans doute jamais venu. J’aurais accepté l’invitation sur le moment. J’aurais commencé à boire exactement comme je l’avais fait. Mais, une fois assez aviné, j’aurais songé au fait que je m’amusais suffisamment à mon bureau, avec mon équipe, pour avoir envie de me prendre la tête. J’aurai peut-être fini par débarquer bien plus tard, carrément torché cette fois, en me comportant comme le dernier des sauvages, ou je me serais contenté d’un coup de téléphone insolent pour demander à Vénus ce qu’elle voulait me dire à la fameuse soirée où je n’étais pas. Les gens me disaient souvent imprévisibles, mais je connaissais assez bien mon “imprévisibilité”, qui arrivait souvent quand je projetais des catastrophes à l’avance. Alors j’avais fermé les yeux, et j’étais venu. Est-ce que cela empêcherait la catastrophe ? Pas sûr. Mais ils n’avaient pas moindre idée de celle, bien plus lamentable, que nous évitions ce soir.

Vénus s’était faite plus belle qu’elle ne l’aurait dû, Cupidon aussi d’ailleurs. Les deux avaient adopté les codes d’une soirée de gala qui ne convenait pas à un repas d’affaire, pas à des retrouvailles, ni à rien de spécial d’ailleurs, à part si le but était d’aller frimer en boîte après un apéritif-dinatoire. Ceci dit, je n’étais pas contre du tout. J’étais même prêt à les convaincre qu’il s’agissait du plan prévu depuis le début, car avec l’attitude suspecte, guindée, gênée, de tout le monde, mon but devenait plutôt d’éviter toute discussion embarrassante, même si ladite discussion était au centre du programme de cette fabuleuse réunion. Et que fichait le compagnon de Vénus ici ? C’était vraiment l’intrus de la soirée, le seul qui avait l’air un minimum détendu et en dehors des problèmes dans ce trio. Le seul étranger, qui se tenait là comme un garde-fou indiscret devant quelque chose qui ne le concernait probablement pas. Vénus n’avait donc pas le cran de me parler droit dans les yeux. Il fallait qu’elle amène son bouclier. C’était déjà une preuve qu’elle n’avait pas elle-même prévu que les choses pouvaient bien se passer. Je n’avais rien contre ce démon, mais je n’avais aucune envie de parler de quoi que ce soit de sérieux devant lui. Je ne le connaissais pas, et lui connaissait certainement déjà tout ce que Vénus pouvait dire de moi. On me prenait au dépourvu, on me mettait dans une potentielle position de vulnérabilité devant un étranger et, même, d’une certaine manière, un rival. Vénus profita d’ailleurs de mon projet d’ouvrir la bouteille pour s’éclipser avec lui dans la cuisine, sans doute pour dramatiser sur mon attitude qui s’annonçait ingérable et chaotique. Si c’était vraiment ce à quoi elle se préparait, je ne la décevrai pas, c’était décidé.

Pendant ce temps, l’autre (mon fils ?), se dandinait nerveusement sur place. Je n’enviais pas sa position. Ceci dit, je n’enviais pas la mienne non plus ! Il savait déjà. Tout transparaissait à livre ouvert sur son visage : ses inquiétudes, ses attentes, ses espoirs. Il devait bien se rendre compte aussi de la situation intenable dans laquelle l’avait mis sa mère. S’il était bien mon fils, je ne voulais pas le blesser salement, ce n’était pas sa faute si on lui avait aussi menti tout ce temps et s’il se retrouvait avec moi dans une situation tendue avec un étranger qui n’avait rien à faire dans une histoire bien plus vieille que lui. Assez platement, Cupidon se mit à me raconter visiblement ce qui lui passait par la tête, mais en visant tout de même assez juste. Avait-il déduit que j’étais déjà entamé parce que j’avais bu avec mes employés au bureau ? Je profitai de l’absence de Vénus et de l’intrus pour lui faire une réponse encourageante, car le suite le sera certainement moins.

- Tu as bien eu raison ! Il faut récompenser la dévotion de ses employés. Un bon chef est un chef qui n’oublie jamais d’avoir des attentions pour ses subordonnés, c’est ce que je dis toujours. On ne peut pas leur donner notre place, mais leur permettre de toucher du bout des doigts le sommet leur suffit. Tu vois… Ils seront sans doute fiers pendant des années de raconter cette soirée où ils se sont amusés avec le directeur en buvant un vin qu’il ne pourront plus jamais se permettre !

L’étranger revint pour ouvrir une bouteille et proposer hypocritement de trinquer à une belle soirée, en me demandant de raconter mes meilleures anecdotes de guerre. Clairement, il se foutait de ma gueule. Ah oui, j'adore, excusez-moi du peu, passer pour un gros con auquel on a pu mentir des millénaires devant un inconnu qui se tape la menteuse en question. Mais si je pouvais parler de souvenirs de guerre tout le long du repas pour éviter la discussion gênante, je n’allais pas m’en priver.

- Bien sûr ! fis-je avec le sourire jovial que je parvenais à garder intact en toute situation. J’en ai d’ailleurs menées de grandioses aux Enfers, tristement méconnues. Il faudrait réparer ça !

Et, un peu plus étrangement, Cupidon s’exclama qu’il fallait parler d’amour. Que cherchait-il à faire au juste ? L’amour était précisément le noeud du problème de cette soirée. Voulait-il mettre les pieds dans le plat à ce point ? Avait-il décidé, comme moi, de ruiner par avance le repas ? J’étais presque prêt à m’accorder tacitement sur le projet de “minimiser la casse” avec Matt. Comment pouvais-je répondre “bien” répondre à sa remarque ? Il aurait fallu l’éviter. Mais tout le monde aurait noté que j’évitais la réponse, même en sachant que c’était intelligent de ma part. La sagesse, c’est pour les faibles de toute façon. Je me tourne donc vers Cupidon en m’exclaffant :

- Une petite amie ? Qui s’amuse à raconter ça, les journaux ? - Je prends une gorgée de vin et, sans lui laisser le temps de répondre, je reprends avec un regard plus appuyé : - Tu veux sincèrement connaître la liste de mes dernières conquêtes ? Ou connaître mon secret ? - Passant un bras désinvolte sur l’accoudoir du fauteuil, j’ajoute avec ma plus belle suffisance possible et un sourire en coin, m’enfonçant davantage, au sens propre comme au figuré : - Il y en a des pas mal roulées, je dois admettre.

Qu’est-ce que j’essaye de faire exactement ? Pas un accord de paix, soyons très honnête. Peut-être que Cupidon n’avait pas du tout l’intention de me tendre une perche pour piquer au vif Vénus et Matt. Tant pis. Je ne refuse jamais les occasions qu’on me tend.

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che si fugge tuttavia!
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MessageSujet: Re: Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt] EmptyLun 7 Oct - 21:00

[Je réponds avant Gabrielle because she's no boss of me!]

Matt aurait préféré ne pas avoir à se taper un repas entier avec l'ex de Gabrielle et leur rejeton en manque d'affection. Il avait fait semblant qu'il ne voulait pas manquer l'événement quand Gabrielle lui avait demandé s'il serait présent, mais il se trouvait à cette table pour lui faire plaisir. Et un peu pour se moquer de tout le monde.

Il n'avait fait aucune suggestion quant au déroulement de la soirée. Il avait laissé l'organisatrice de cet événement unique prendre toutes les décisions librement, malgré son habitude de passer des petits commentaires quand il la trouvait à côté de la plaque. Il s'était porté volontaire pour la soutenir sur place, mais il ne pouvait pas se demander plus.
Cette situation le dépassait. Il n'arrivait pas à concevoir un mensonge si long et si bizarre. Au départ, dans l'optique de rester avec Vulcain, il était compréhensible que Vénus se soit aveuglée quant à sa paternité, pour se donner du courage et transformer positivement leur union. Mais ils s'étaient séparés depuis des siècles! Elle avait eu le temps. Elle lui avait dit avoir réalisé la vérité en découvrant récemment les pouvoirs similaires entre Cupidon et Mars, mais il la savait plus intelligente que ça.

Cupidon était peut-être le plus innocent de l'histoire. Il était assez stupide pour ne pas s'être posé de questions, ou pas les bonnes questions. Comme sa mère, il s'était certainement convaincu de ce qui lui rendait la vie plus facile, ce qui n'avait rien de courageux. Enfant, il avait fait confiance à ses parents. Il s'était probablement ensuite accroché à ses certitudes, n'ayant aucun intérêt à les confronter. Ce que Mars montrait ce soir ne donnait pas envie d'être son fils. Mais à bien y penser… Vulcain non plus ne faisait pas rêver.

L'attitude de Mars criait qu'il savait pourquoi il avait été convié par Gabrielle. C'était presque triste de le voir se donner en spectacle et ruiner ce qui aurait pu donner une chance de relancer une sorte de respect après ces longs siècles à se voiler la face tous ensemble. À lui non plus, Matt n'accordait pas son indulgence. Si la jeunesse excusait son comportement à la naissance de Cupidon, elle n'expliquait pas qu'il soit resté à l'écart avec les années. Même les humains le soupçonnaient d'être le père de Cupidon.

Tous trois avaient eu amplement le temps de chercher et assumer la vérité avant ce soir. Ils étaient juste lâches.

Cupidon vint gâcher sa tentative d'attirer Mars sur un territoire positif et sécuritaire pour le déroulement de la soirée. Le faisait-il exprès d'être toujours débile? À voir son visage, il essayait innocemment de participer à la discussion. Il était donc naturellement nuisible, ce n'était même pas voulu! Le démon se cala dans sa chaise.

-Ton fils est stupide, dit-il discrètement à Gabrielle, incable de se passer de commentaire.

Mars sauta sur l'occasion pour assombrir encore davantage l'ambiance et Matt abandonna sa bonne volonté en le voyant engloutir une gorgée de vin au milieu d'une phrase. Il était venu jouer au con, mais il n'était pas le seul con à table. Il s'empressa de remplir la coupe de Mars dès qu'elle fut redéposée sur la table, pendant qu'il parlait. C'était un tout petit geste pour insulter la vitesse à laquelle il buvait.

La remarque sur l'apparence avantageuse des femmes qu'il mettait dans son lit se voulait probablement choquante. La brutalité avec laquelle il s'était vanté de ses conquêtes, alors que la question déplacée de Cupidon parlait d'amour, avait laissé voir son besoin de se placer au-dessus de la situation. Il se sentait piégé, il se défendait en mettant le bordel.

Matt avait choisi son camp. Il n'était pas à discuter. Le démon avait prévu assumer entièrement son rôle de support pour Gabrielle. Sympathiser avec la situation de Mars ne le plaçait pas de son côté. De toute manière, l'attitude de Mars était justifiée, mais rien ne le forçait à rester. Ni même ne l'avait obligé à venir. Et rien, sinon des conventions qu'il s'amusait déjà à briser, ne le retenait de nommer le problème et d'y faire face.

-On se console comme on peut, dit-il calmement en prenant la main de Gabrielle.

Il prit soin de ne pas croiser le regard de la déesse. Insulter les invités ne faisait pas partie de ses tâches et elle risquait de se fâcher de le voir suivre Mars dans ses conneries. Il prit une gorgée de vin avec un petit sourire moqueur.

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Il faut aimer sa famille [Vénus, Mars, Matt]

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