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Un dernier verre avant de rentrer

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Messages : 128
Date d'inscription : 28/01/2014


Feuille de personnage
Phobie: Devoir renoncer à ses valeurs
Ambition secrète: Offrir un bout du monde au peuple des forêts

MessageSujet: Un dernier verre avant de rentrer Sam 29 Déc - 10:44

Détenir les clés de la ville n'avait pas changé les habitudes de Merwyn. Loin de s'éloigner du peuple, cette responsabilité nouvelle l'incitait même à s'en rapprocher. Certains disaient qu'un bon dirigeant savait se faire respecter. Lui considérait plutôt qu'un bon chef savait se faire aimer. Et nous aimons réellement celui qui nous ressemble, et peut, par conséquent, nous comprendre. Sa position au sommet pouvait laisser à penser qu'il était une personne déconnectée des réalités de la vie ordinaire. Il redoublait donc d'énergie pour convaincre les gens du contraire. C'était un devoir, mais aussi un plaisir qu'il s'octroyait dès qu'il quittait ses bureaux. Il n'était pas rare de le rencontrer dans les petits commerces, restaurants et cafés aux alentours du quartier des affaires à l'heure de la pause repas. Il s'intéressait à toutes les enseignes qui ouvraient, aimait se tenir informé de l'évolution des initiatives de chacun, en privilégiant celles des créatures magiques évidemment, mais il lui arrivait de leur faire des infidélités avec les humains. Il savait apprécier un travail de qualité, une capacité au labeur admirable et la beauté d'un esprit passionné par son activité. L'un de ses restaurant préféré était d'ailleurs tenu par des humains. Il s'y rendait au moins une fois par semaine et le faisait découvrir à des collaborateurs dès qu'il en avait l'occasion.

Le soir, il ne rentrait jamais directement chez lui. Merwyn avait aussi ses pubs fétiches. Il aimait s'installer au comptoir avec une bière fraîche pour prendre des nouvelles du barman, écouter tranquillement les conversations autour de lui, discuter avec les habitués de passage. Tous étaient des personnages à part entière, avec leurs petits surnoms, leurs drames du quotidien ou leur bonne humeur pleine de simplicité. Se faire tenir la jambe par des piliers de bar ne le dérangeait absolument pas, au contraire, il les trouvait distrayants. Tragiquement distrayants, et donc attachants à leur manière. C'étaient de braves gars, ou femmes, qui cherchaient un peu de chaleur et de compréhension dans leur vie sans grande ambition, ou traversée d'échecs. Tous n'étaient pas misérables à se rouler par terre, mais on se doutait bien qu'ils ne viendraient pas chaque soir au bar s'ils ne cachaient pas quelques blessures internes, sur lesquelles ils finissaient par s'épandre après un verre ou deux, quand la conversation ne tournait pas en débats politiques enflammés. Merwyn ne se mêlait pas directement aux groupes. Il se faisait régulièrement intégrer à la bande sans jamais son tabouret fétiche. Puisqu'il était le maire, on finissait pas l'interpeller. Son opinion avait son importance, qu'elle entre dans son domaine de spécialisation ou non. On pouvait tout aussi bien l'interroger sur les choix économiques de la ville que lui demander s'il trouvait untel trop sévère avec l'attitude de sa dernière copine. Et peu importait sa réponse, il était très rare qu'on lui donnât tort ? Qui oserait se dresser contre le maire d'une aussi grande citée ? Il devait forcément incarner la sagesse et, surtout, il était bien plus intéressant de s'en faire un ami que de le contrarier. Les gens étaient comme de petits animaux qui grognaient à distance contre un ennemi plus fort, mais qui montraient le ventre dès qu'il s'approchait. Certains individus cherchaient parfois à en découdre, bien entendu. Mais ils n'étaient jamais agressifs très longtemps devant le sourire agréable de Merwyn et ses mots apaisants, même quand il n'y pensait pas un seul mot. Et puis, sa présence signifiait souvent l'offre d'une tournée. Alors comment ne pas l'apprécier ?

Parfois, il devait aussi composer avec les admirateurs zélés, notamment les femmes qui auraient bien pris la place de sa compagne, ou même celle de maîtresse. Mais Merwyn ne donnait pas dans ce genre de corruption, bien qu'il ne se montrât pas décourageant pour autant. N'importe qui avait discuté une fois au demi-faune était convaincu de s'être lié d'amitié avec, de l'avoir intéressé entre tous les autres, pour un peu qu'il souhaitait s'en convaincre. Son pouvoir de séduction tranquille couplé à son tempérament étaient diablement efficaces. Qui désirait de l'attention en recevait autant qu'il le désirait, mais les sentiments profonds de Merwyn restaient impénétrables. Il existait entre lui et les autres une barrière tacite que personne n'osait réellement franchir. Il fallait se contenter de ce qu'il voulait bien offrir, car c'était déjà quelque chose. Tout n'était pas toujours parfait, il avait ses questionnements, ses doutes aussi, mais il estimait que s'attarder sur les problèmes ne faisait que les aggraver. Et qu'avec de la bonne volonté, une capacité à aller de l'avant, tout finissait toujours par s'arranger. Alors, il ne voulait rien compliquer, juste faire ce qui lui plaisait pour éviter ce qui allait moins bien. Se pencher sur les malheurs des autres était d'ailleurs un excellent moyen de juger ses petits problèmes aussi ridicules que secondaires. Etait-il toujours heureux de rentrer chez lui ? Préférait-il raconter sa journée à une inconnue plutôt qu'à Nichole ? Il l'ignorait. Ou, plutôt, il considérait qu'il pouvait bien s'accorder un peu de nouveauté s'il en ressentait l'envie. Après tout, il ne faisait rien de répréhensible. Et, ce soir comme à son habitude, il se tenait au bar. Le patron venait de recevoir une nouvelle bière et s'était empressé de la lui servir pour lui demander son avis.

– J'attends toujours la cuvée spéciale de notre maire ! avait-il ensuite lancé comme s'il s'agissait d'une bonne plaisanterie.
– J'espère vous la proposer au printemps, répondit-il très sérieusement. Mais ça devra rester entre nous et les clients du bar, ce n'est qu'une petite production vous savez.

Merwyn aimait depuis toujours l'idée de vivre de ses propres productions. Même à temps plein dans la politique, il prenait le temps de faire les choses par lui-même, comme élaborer ses propres bières en recherchant des saveurs inédites et intéressantes. Il avait fini par parler de son activité au patron qui avait tout de suite été enthousiaste même s'il avait affirmé ne pas vouloir en faire un commerce. Chose qui était plus ou moins honnête. Il tâtait le terrain sans en avoir l'air. Entre la bière et ses pouvoirs autour des plantes, il avait bien des choses à élaborer pour faire d'un petit projet quelque chose de plus stratégique et sournois, mais il ne voulait rien précipiter. Il tenait juste à garder plusieurs coups d'avance. Si ses boissons plaisaient au point d'être commercialisées, ce qui était prévu, qu'il perde son statut de maire ne serait pas « grave » et, en cas de besoin, il pourrait changer les composants de toute sa production. Il savait que des êtres plus puissants l'avaient à l’œil et lui laissaient le pouvoir simplement parce qu'il semblait sympathique et inoffensif.

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L'espèce humaine est dangereuse
Elle aimerait bien lui faire la peau.
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