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Halloween comme vous en rêviez [Ezra]

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MessageSujet: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Lun 7 Nov - 18:22

S'il y avait une personne en ce monde que l'approche d'Halloween n'enchantait pas, c'était bien Lenny. Il méprisait cette fête pour de multiples raisons, à commencer par le fait qu'on ne pouvait pas trouver amusant de rire de l'autre-monde quand on était un medium. La naïveté des gens l'agaçait. S'ils trouvaient si drôles de faire les fantômes, ils pouvaient bien se tuer tout de suite. Ils auraient l'éternité pour hanter toutes les soirées qu'ils voudraient et il était peu probable que cette grande carrière les amuserait très longtemps. Avant, il détestait aussi de savoir à l'avance que personne ne penserait à l'inviter, mais en lui demandant tout de même s'il comptait se déguiser – comme s'il avait de vrais projets avec des amis – puis d'ajouter « en même temps, t'es déjà en vampire toute l'année non ? » Cette année, le problème était autre. Des camarades de classe l'avaient invité à une soirée et tous tenaient à l'idée de débarquer avec des déguisements thématiques censés valoriser leurs études. Ils devaient donc se trouver un personnage littéraire. Mais ils pouvaient bien choisir la marquise de Merteuil ou Dorian Gray, qui les reconnaîtrait ? C'était vraiment stupide, la plupart des personnages littéraires de renom n'avaient pas de costumes distinctifs, juste les tenues de leur époque. Il s'était beaucoup agacé à ce sujet auprès d'Ezra, en soupirant qu'il pouvait donc mettre un haut-de-forme et prendre n'importe quel nom de héros du XIXe siècle sans se tromper. C'était ridicule. Alors oui, ils pouvaient chercher des personnage précisément décrits par leurs auteurs, mais non, ils voulaient d'abord prendre des œuvres cool qui les valoriseraient dans leur tête. Au cours d'une discussion animée sur le sujet, Lenny avait fini par lancer le nom de Werther, qui avait un style déterminé. Mais il n'avait aucune envie de s'habiller comme un débile romantique qui s'était suicidé pour un amour fantasmé avec une femme marié. C'était vraiment pathétique. Cependant, Ezra s'était exclamé : « Justement, tu fais son fantôme avec la moitié du visage en sang ! » Sur le moment, ça les avait un peu fait ricaner, mais en y réfléchissant, l'idée ne lui avait pas semblé si bête.

Au final, il avait pris un certain plaisir à chercher la redingote indigo, le pantalon et la chemise jaune parfaits pour correspondre à l'époque et aux couleurs de ce débile de Werther. Ça lui avait coûté assez cher, mais il était hors de question de faire les choses à moitié. Il s'était ensuite débrouillé pour avoir accès sur Internet à des photos de personnes suicidées avec une balle dans la tête. C'était un peu dégueulasse, et il aurait probablement trouvé ces clichés insupportables deux ans plus tôt, mais à force de voir des fantômes, il réussissait à observer les choses de manière très clinique.  Au départ, il avait pensé faire appel à une maquilleuse, mais, en regardant des tutoriels pour se donner des airs de moribond tout seul, ça ne lui avait pas semblé assez compliqué à réaliser pour mériter de payer quelqu'un. Il avait fait un premier test assez convaincant peu de temps avant la soirée, qu'il n'avait pas voulu envoyer à Ezra ni à ses camarades pour la surprise, et s'était retrouvé à montrer une photo à Fred, qui n'avait pas dû comprendre ce qui lui prenait, pour avoir son avis – en précisant que c'était très important et urgent. Tout aurait été merveilleux si, une fois ce sentiment de travail accompli passé, Lenny ne s'était pas à nouveau senti très embarrassé à l'idée de devoir se montrer dans une apparence qui n'était pas vraiment la sienne, avec ce maquillage un peu osé, à une soirée où il ne connaissait presque personne. Mais il avait d'autres projets, et l'essentiel était bien entendu d'impressionner Ezra. On pouvait trouver incroyable que leur relation ait si peu évolué en près d'un an. Ils étaient devenus complices, se parlaient presque tous les jours, mais comme ils restaient sur un registre assez amical, Lenny ne voyait pas très bien comment les choses pourraient changer. Il passait son temps à redouter de découvrir que Ezra, toujours très discret, voyait quelqu'un derrière son dos, et n'osait absolument rien lui demander à ce sujet.

Il n'osait pas non plus lui parler de ses petites bêtises en soirées trop arrosées, dont il ne tirait pas une grande fierté mais qui lui donnaient au moins l'impression de vivre des choses dans sa vie. Sa plus grosse bêtise d'ailleurs, remontait à quelques mois, et il avait eu le déplaisir d'apprendre que le garçon en question serait également à là pour Halloween. Ils n'étaient pas allés excessivement loin non plus. Pour une raison très trouble, ils s'étaient retrouvés à dormir dans le même lit et à s'embrasser assez fougueusement. Il ne lui semblait pas qu'il se soit passé autre chose de plus, mais il ne pouvait pas en avoir la certitude absolue, ce qui était plutôt gênant. Il se souvenait cependant l'avoir rembarré, car cet idiot de Julian lui avait fait des demandes très indécentes en supposant qu'il avait plus d'expérience dans le domaine que lui. Malgré ce qui était bien entamé entre eux, Lenny s'était senti offensé d'être pris pour une « pute », ou quelque chose dans ce goût, et il ne savait pas à quel point il avait pu se montrer virulent. Il savait juste que Julian, qui avait officiellement une copine et ne voulait pas révéler ses penchants, l'évitait depuis, ou se montrait désagréable s'il était obligé de subir sa présence dans un groupe. C'était une situation un peu pénible. Il comptait sur leur honte mutuelle pour lui faire payer un genre de faute – qu'il avait essentiellement commise ! – et s'assurer son silence. A force d'y réfléchir, Lenny avait estimé que, non seulement il avait peu de choses à perdre de son côté, mais qu'en plus, Julian pouvait faire les frais de son pouvoir de persuasion s'il venait le narguer le 31 octobre. Ce serait même le moment parfait pour l'inviter à s'humilier publiquement. S'il réussissait à amuser Ezra de cette manière, il ferait d'une pierre deux coups. Mais il ne voulait pas juste l'amuser. Il voulait lui offrir une vraie soirée d'Halloween, avec de vrais démons sortis des enfers.

Bien sûr, Ezra lui avait déconseillé d'invoquer des démons. Cependant, Lenny tenait à le faire, et à dégoûter à vie de cette fête tous les imbéciles déguisés en monstres. Sa victime était déjà toute désignée, c'était cette pimbêche de Teresa, celle qui voulait se déguiser en Merteuil. Si son plan réussissait, non seulement il pourrait montrer ses talents à Ezra, mais, en plus, il avait toutes les chances d'envoyer cette fille en asile jusqu'à la fin de son semestre, et c'était sans prix. Il ne supportait plus sa manière de se tenir droite au premier rang, de toujours tout faire mieux que lui, mais surtout d'essayer de jouer l'intéressante en interrompant sans cesse l'enseignant avec des questions stupides sur la moralité des textes qu'ils étudiaient. Car Teresa était, malgré son choix de personnage tout à fait incohérent, une jeune fille qui se sentait investie d'une grande mission divine, le genre à le tolérer car elle devait être dans « l'acceptation de son prochain », tout en lui affirmant que ce n'était pas à elle de le punir de ses péchés. Le genre, aussi, à jouer les séductrices, chercher les compliments masculins, mais porter sa vertu en bouclier. Enfin, le genre dont il voulait voir le monde partir en miettes et piétiner encore. Alors la veille, il avait invoqué un petit démon de rien du tout pour lui proposer un pacte. Le démon pouvait lui faire ce qu'il voulait tant qu'il ne la tuait pas et n'agissait pas devant tout le monde. L'humiliation devait avoir lieu pendant la fête. Le pacte s'était scellé rapidement, puisque sa créature estimait prendre assez de plaisir dans l'histoire pour ne pas réclamer quelque chose en plus. Au pire, s'il faisait le difficile, il pouvait toujours lui accorder quelques années de la vie de sa mère ou de son frère, ça vaudrait pour tous les jours où ils l'énervaient.

Tout le monde avait été très intrigué par son idée de déguisement. Cette idiote de Teresa avait souri à retardement quand il avait expliqué qu'il avait opté pour Werther, et il n'était même pas certain qu'elle avait compris la référence. Par contre, quand on lui demanda si le maquillage était de lui et qu'il le confirma, il l'entendit murmurer un « évidemment » qui donna définitivement raison à ses projets. Il dissipa son malaise d'avoir toutes les curiosités braquées sur sa tenue en expliquant dans les détails de quelle manière il avait obtenu ce résultat. Le domaine en intéressait vraisemblablement plusieurs qui y allèrent de leurs propres expériences. Lenny les écoutait d'une oreille en attendant Ezra. Il n'avait d'ailleurs pas la moindre idée du costume qui serait le sien.
En gros, ce look sans la perruque parce qu'il faut quand même pas trop délirer.

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Dernière édition par Lenny Pinsker le Lun 3 Avr - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Dim 12 Fév - 16:29

Ezra avait passé un certain temps à regarder en ligne différentes idées de costumes faits à partir d'un fauteuil roulant. Ces dernières années, il avait passé les nuits d'Halloween sur ses jambes, vêtu de manière à ne pas être reconnu, ce qui lui avait permis d'agir en totale liberté. Habituellement, lorsqu'il sortait la nuit, le dieu devait se montrer discret. Il ne voulait pas qu'on le voie sans son fauteuil roulant et qu'on se pose des questions à son sujet. Il évitait donc les lieux où il pouvait rencontrer des gens qui le connaissaient et ceux qui disposaient de caméras de surveillance qui auraient pu enregistrer des images suspectes de lui.

En général, Ezra profitait de la nuit d'Halloween pour porter un costume original, voire même un peu débile. Il avait souri devant les idées les plus saugrenues impliquant un fauteuil roulant : un lion dans sa cage, un lapin qui sort d'un chapeau, Doctor Who et son Tardis, une souris dans un piège… Les nombreuses créations qu'il avait regardées lui avaient inspiré plusieurs options et il s'était résolu à prendre la moins bizarre. Il ne voulait pas faire honte à Lenny en arrivant en Cendrillon dans son carrosse-citrouille… Le jeune sorcier avait pris une certaine importance pour lui et lui plaire passait avant ses caprices d'originalité.

Lenny allait être en fantôme… pardon, en Werther un pathétique personnage littéraire. Ezra n'était pas officiellement tenu de participer à ce thème, mais il avait eu envie de le faire, principalement pour montrer qu'il partageait les intérêts de Lenny. Il avait donc choisi Lord Ruthven, de Le Vampire de John William Polidori (et Lord Byron), l'histoire qui avait popularisé les vampires dans l'imaginaire populaire. Il s'était trouvé un costume censé représenter les vêtements de cette époque – mais il s'agissait bien sûr d'une réplique assez bon marché, et il y voyait des défauts qui l'énervaient bien que la plupart des gens ne les remarqueraient certainement pas. Même s'il n'était pas question, dans cette histoire, du cercueil servant de lit aux vampires, Ezra avait transformé son fauteuil roulant en semblant de cercueil. Après tout, c'était pour Halloween et non pour une compétition sur l'histoire de la littérature. Le dieu avait fabriqué, avec du carton très rigide, la forme du haut d'un cercueil et l'avait installée au dossier de son fauteuil. Il avait aussi recouvert ledit dossier ainsi que le siège avec du velours rouge. Comme maquillage, en dehors d'un incontournable teint blanc, il avait noirci le tour de ses yeux avec un crayon noir, ce qui rendait ses yeux encore plus perçants qu'à l'habitude.

Lenny n'avait pas vu le costume d'Ezra, et celui-ci ne lui avait pas parlé de son idée d'inclure son fauteuil dans le déguisement, mais il avait été mis au courant de l'idée. Le dieu était tout de même impressionné par l'audace de Lenny de se déguiser en fantôme alors que ceux-ci lui faisaient si régulièrement la vie dure. Voilà une raison de plus à ajouter sur la liste de pourquoi ce jeune sorcier lui plaisait. Ezra n'en était pas à ses premiers émois amoureux. Il lui était souvent arrivé, au cours des siècles, de découvrir des personnes avec lesquelles il avait eu envie de partager jusqu'à son coeur. D'ailleurs, il avait même récemment – quand on était âgé de plusieurs siècles, les années étaient des courtes périodes – eu de forts sentiments pour une Felidae, Kayla Hofstadter. Il y avait plusieurs mois qu'il ne pensait plus tellement à elle, même si leur séparation avait été difficile pour lui. Le dieu l'avait associée à la confirmation que mener une existence du côté du bien lui serait toujours inaccessible. C'était un combat qu'il menait depuis son passage dans ce monde. Encore aujourd'hui, il savait qu'il avait beaucoup de travail à faire s'il souhaitait cesser d'être l'ombre de sa sœur.

La présence de Lenny dans sa vie mettait une sorte de baume sur la certitude que le mal le charmerait toujours. Ezra percevait une noirceur envoûtante en lui et il n'avait pas envie de lutter contre l'attraction qu'elle exerçait sur lui. Il ne se rappelait pas la dernière fois que cela lui était arrivé. Ce n'était pas une résignation mais plutôt une sorte d'abandon serein.

Même l'entrée mal adaptée aux fauteuils roulants n'eut pas raison de sa bonne humeur, ce soir-là. Il était lui-même étonnée d'être si heureux de passer une soirée collé dans ce cercueil à roulettes alors qu'il aurait pu profiter de la nuit pour être sur ses deux jambes. La perspective de passer du temps avec Lenny, spécialement lors d'une occasion originale, était plutôt excitante. De plus, il allait rencontrer ses collègues de classe et il pourrait juger lui-même à quel point Lenny avait eu raison de médire à leur sujet.


-On se rencontre enfin, Werther, dit-il d'un ton un peu théâtral.

Il s'était arrêté tout près de Lenny, après être allé se chercher un verre.

-Ton maquillage est génial. Je ne suis pas étonné que tu l'aies réussi à ce point, d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Jeu 6 Avr - 12:07

Pour une raison mystérieuse, beaucoup de personnes appréciaient réellement le personnage de Werther et trouvaient son désespoir amoureux plus beau que malsain. Lenny savait qu'il serait provocant en choisissant d'incarner une icône littéraire qu'il n'aimait pas. Et il ne fallut pas très longtemps avant qu'un « fan » se rue sur lui, tout à sa joie de reconnaître le déguisement, pour lui dire combien le roman de Goethe était brillant. Il s'était préparé à ce débat, et il valait mieux qu'il arrive en début de soirée, mais la perspective d'expliquer pourquoi il trouvait ridicule de s'identifier réellement à Werther l'ennuyait malgré tout. Il posa donc un regard presque attristé sur le jeune homme et, oubliant tous les arguments qu'il avait pu développer avec Ezra, lança en esquissant un sourire en coin : « Je pense qu'il aurait été mieux inspiré de se tuer dès le début du livre. Je rends hommage à son seul acte intelligent en 160 pages. » En réalité, son édition faisait plutôt 180 pages ; mais il ne lui semblait pas utile de retenir la préface et dérangeant d'arrondir à 200. Comprenez bien, il ne s'agissait pas d'un souci d'exactitude. Il tenait plutôt à rappeler que le sujet de ce livre restait assez pauvre pour permettre d'en écrire un volume conséquent et que le personnage n'arrivait même pas dans une presque novella à faire quelque chose de plus saisissant que se tuer. A sa manière, il se sentait très insultant. Du point de vue de ceux qui ne pouffèrent pas à sa répartie, il était plutôt méprisant. Un peu défait, l'étudiant qui l'avait abordé lui demanda cependant de s'expliquer. « Qui a envie de lire les lamentations d'un imbécile qui s'invente un amour sans se donner aucune chance ? » dit-il en haussant un sourcil. Il aurait pu considérer être comme Werther avec Ezra. Il aimait le voir, lui parler, imaginer qu'ils partageaient un lien spécial mais, puisqu'il ne se donnait pas la peine d'aller au-delà, il lui semblait plutôt excessif de noircir des pages pour exprimer sa souffrance de ne pas se sentir un peu « plus » qu'un ami. Il pourrait se lamenter le jour où il en serait certain. Et il ne se serait pas investi dans la relation si le garçon avait été en couple.

En parlant du jeune homme, celui-ci mis un terme heureux à la discussion en intervenant avec une grandiloquence qui surpris tout le monde. Personne n'était en effet préparé à voir surgir un vampire en fauteuil roulant, et il fallait admettre que le maquillage d'Ezra lui donnait un regard assez effrayant, ou plus fou que d'ordinaire. Lenny l'accueillit avec un sourire appréciateur, en évaluant rapidement le costume de son ami. Ils avaient choisi leur rôle ensemble mais chacun s'était mis à l'ouvrage de son côté. Ezra ne voulait pas d'un personnage trop naïf ou trop attendu. Il gardait comme lui le souci de ne pas se retrouver avec un double pendant la soirée et d'éviter une inspiration trop libre qui n'aurait pas vraiment de sens. Lord Ruthven avait eu droit à quelques représentations, dont une version comics peu connue mais qui affirmait néanmoins une imagerie populaire assez affirmé, celle d'un vampire portant une chemise blanche dont les manches ressortaient en corolles d'une veste noire. Une lavallière blanche ou rouge s'ajoutait au col. En soi, il s'agissait d'un costume d'époque, mais le jeu restait de savoir à quel vampire il faisait référence. Ils s'étaient beaucoup amusés à imaginer le nombre de personnes qui allaient se tromper en tombant dans le panneau de Dracula ou se creuser intensément la tête pour sortir tous les noms connus dans la fiction sans penser un instant à la créature de Polidori. En tout cas, ils étaient assortis côté explosions sanguinolentes sur le visage, et c'était déjà très satisfaisant.

– J'espère que la vue de mon sang ne vous sera pas trop pénible Lord Rutvhen, répondit-il sur le même ton empesé. Il n'est malheureusement plus très comestible.

Ezra lui fit à ce propos une remarque sur son maquillage qui l'aurait fait rougir s'il n'était pas déjà à moitié couvert de pourpre. Il n'avait pas l'habitude de s'appliquer autant pour se faire remarquer et pour la peine, il y avait été un peu fort. Il ne s'était pas contenté d'un petit trou dégoulinant, une moitié de son front semblait profondément creusée avec des bouts de crâne qui menaçaient de se détacher. C'était plus ou moins réaliste, puisqu'il était allé regarder du côté des maquilleurs de films gores et que leur exagération l'avait aussi amusé. Il ne savait pas très bien en revanche pourquoi Ezra s'attendait ce qu'il fût à ce point doué.

– Vraiment ? Je ne me connaissais pas ce genre de don. Mais c'est vrai que je n'aime pas faire les choses à moitié. Je vois que tu t'es donné de la peine pour adapter ton fauteuil, beau cercueil !

Il posa machinalement une main le long du dossier pour sentir la texture et n'essaya pas un instant de revenir vers ses autres interlocuteurs. Ils ne l'intéressaient plus du tout. Il s'éloigna au contraire doucement d'eux mais c'était sans compter l'intervention indésirable de cet imbécile de Jonathan qui lança, en se sentant probablement protégé par le groupe d'amis qui l'entourait :

– On dirait que Lenny s'est trouvé un copain aussi tordu que lui. Comment peut-on avoir l'idée de représenter un personnage de manière aussi morbide ?
– Et comment peut-on être fier d'incarner le cinquième Sherlock Holmes de la soirée ? répondit-il sans réfléchir tant il s'attendait à une attaque de l'étudiant.
– Si je l'avais fait mort, j'aurais été soudain plus original c'est ça ?
Lenny le considéra un instant avec une certaine pitié, mais sa colère s'évapora momentanément. On ne pouvait décemment pas s'énerver devant une remarque aussi idiote quand elle concernait le célèbre détective anglais.
– Considérant le scandale qui a suivi la mort littéraire de Sherlock Holmes, tu aurais même été dans une provocation intéressante. Mais je suppose que cette anecdote ne t'es jamais venue à l'esprit sinon tu n'aurais pas osé me poser cette question.
Pour cette fois, le jeune homme ne trouva rien à répondre et abandonna la partie avec une moue de dédain spécialement réservée à ceux qui aimaient faire « leurs intéressants parce qu'ils avaient trois références de plus que les autres. » Lenny soupira, haussa les épaules et prit une bonne gorgée de champagne avant de s'excuser auprès d'Ezra, mais d'une voix assez forte pour être entendue d'oreilles indiscrètes.
– Désolé pour ça. C'est un con que ça dérange de voir deux mecs ensemble parce qu'il s'assume pas.
Bon, il faisait un léger raccourci mais il était évident que Jonathan ne se serait pas rué si vite sur lui s'il n'avait pas surpris son geste assez familier sur le fauteuil d'Ezra. Il y avait peut-être une légère part de jalousie derrière tout ça. Il pouvait se sentir ignoré au profit d'un autre et, surtout, d'un garçon handicapé qui aurait dû beaucoup moins l'attirer. Mais Lenny préférait éviter de mentionner comment cette haine étrange avait commencé.

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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Lun 25 Sep - 20:23

Tezcatlipoca avait choisi son apparence humaine avec l'intention de paraître inoffensif. Un visage qui, même adulte, gardait des traits plutôt juvéniles ainsi qu'une constitution assez menue lui assuraient une avance sur ce point. Il avait toutefois peut-être exagéré son look avec de grands yeux bleus qui, plutôt que garantir son innocence illusoire, attiraient parfois l'attention sur la sombre intensité qui habitait le dieu maléfique. Il lui fallait concéder à sa sœur que sa malédiction facilitait son anonymat : on ne baissait habituellement pas les yeux vers un fauteuil roulant quand on cherchait un être magique extrêmement puissant.

– J'espère que la vue de mon sang ne vous sera pas trop pénible Lord Rutvhen. Il n'est malheureusement plus très comestible.

- Le reste me paraît tout de même très appétissant,
lui répondit-il avec un petit sourire qui laissait voir que le sous-entendu était voulu.

Ezra s'attendait à ce que le costume de Lenny soit parfaitement réalisé. Son ami savait porter attention aux détails pour rendre toute chose proche de la perfection. Cette qualité se manifestait aussi quand il était question de remarquer le moindre travers chez les autres, ce qui amusait grandement le dieu. Il se sentait toutefois souvent un peu stressé au sujet de Lenny, se demandant s'il le scrutait lui aussi à la loupe, lui découvrant des défauts qu'il méprisait en silence.

– Vraiment ? Je ne me connaissais pas ce genre de don. Mais c'est vrai que je n'aime pas faire les choses à moitié. Je vois que tu t'es donné de la peine pour adapter ton fauteuil, beau cercueil !

- Merci! Je me doutais que tu allais réaliser ton costume à la perfection et j'espérais être à la hauteur.


Ezra eut à peine le temps de remarquer que son ami admirait les détails de son cercueil avant qu'on interrompe leur conversation.

– On dirait que Lenny s'est trouvé un copain aussi tordu que lui. Comment peut-on avoir l'idée de représenter un personnage de manière aussi morbide ?
Oui, qui pouvait oser prêter un côté morbide à un vampire et un fantôme?
– Et comment peut-on être fier d'incarner le cinquième Sherlock Holmes de la soirée ?
– Si je l'avais fait mort, j'aurais été soudain plus original c'est ça ?
– Considérant le scandale qui a suivi la mort littéraire de Sherlock Holmes, tu aurais même été dans une provocation intéressante. Mais je suppose que cette anecdote ne t'es jamais venue à l'esprit sinon tu n'aurais pas osé me poser cette question.


Le dieu serra les dents en inspirant profondément pour se retenir de rire. Il devait se montrer aussi digne que Lenny, sinon la douche glaciale que venait de se prendre son interlocuteur aurait moins d'effet. Les répliques du jeune sorcier l'avaient impressionné et, même s'il essayait de ravaler son amusement, ravi. Voir cet autre étudiant échouer aussi lamentablement contre quelqu'un d'indéniablement plus cultivé que lui relevait du délice pour Ezra. S'il ne dédaignait pas qu'on affiche une certaine supériorité quand on détenait la suprématie dans un domaine, il se régalait qu'on remette à sa place une personne ignorante à l'arrogance non justifiée.

– Désolé pour ça. C'est un con que ça dérange de voir deux mecs ensemble parce qu'il s'assume pas.

Le dieu songea qu'en d'autres circonstances,  il aurait eu envie de pousser la provocation jusqu'à afficher une plus grande proximité physique avec Lenny juste pour énerver l'importun. Il préférait néanmoins rester prudent en ce qui concernait ses rapprochements avec son ami. Il n'était pas certain de son intérêt en ce sens. De longs mois d'amitié s'étaient succédés et il ne ne savait pas s'il devait les voir comme un développement lent et assuré vers une relation plus exclusive ou s'ils étaient la confirmation que Lenny ne le percevait que comme un simple ami. L'attachement d'Ezra pour lui avait pris des proportions dépassant l'affection platonique et il nourrissait une nervosité que le dieu essayait de cacher, spécialement au jeune sorcier.

- Dans quelques verres, un séduisant étudiant plus âgé le rendra peut-être plus facile à vivre.

N'ayant pas envie de s'attarder à insulter des imbéciles à couvert, Ezra entraîna ensuite Lenny plus loin pour qu'ils puissent avoir une conversation plus intéressante que ce que ces gens de bas niveau intellectuel pouvaient leur offrir. Il s'écoula près d'une heure pendant laquelle ils discutèrent de divers sujets, incluant évidemment les costumes, réussis ou non, des autres invités.

Le dieu étouffa un petit rire hautain à la vue d'un Batman de plus. Celui-là avait au moins eu l'originalité de s'inspirer du Bat-Man de Batman: Castle of the Bat en rendant son costume plus proche de la chauve-souris que de l'homme… ou encore, il n'y connaissait rien et avait simplement trouvé drôle d'être littéralement un homme chauve-souris. Il allait faire part de son mépris à Lenny quand une pirate fit son apparition et se planta droit devant lui. Il ne s'agissait pas d'une énième pirate sexy de magasin de grande surface. La jeune femme avait poussé le souci de bien représenter l'époque jusqu'à utiliser du maquillage pour avoir l'air pas tout à fait propre et même sa chevelure sombre volontairement emmêlée ne gâchait pas le charme qu'elle dégageait.

- Ezra! Je savais pas que tu serais ici. Au poste, on dit que tu ne sors jamais!

-Jessica… Oui, il m'arrive de vivre en dehors du travail. Je te présente mon ami Lenny,
dit-il en désignant l'autre jeune homme. Lenny, voici Jessica, une collègue de travail et… hum… amie.

Il avait hésité à lui donner le titre d'amie et l'avait finalement fait par politesse. Ils n'était pas vraiment proches, même s'il lui paraissait évident que Jessica avait un intérêt pour lui. Elle le lui avait fait sentir plusieurs fois malgré la fermeture qu'Ezra avait affichée. Il était arrivé quelques fois au dieu maléfique de tomber sur des filles insistantes qui le pensaient simplement timide et sur d'autres qui lui avaient laissé savoir que, dans sa condition, il devait prendre toute expression d'intérêt pour un compliment. Ces dernières attrapaient souvent une maladie très douloureuse, inexplicablement.

-Eh bien, salut Lenny! dit Jessica en lui accordant à peine un regard. Tu passes une belle soirée, Ezra? Je suis très contente de t'avoir croisé ici!

-Oui, moi aussi. Tu es avec des amis aussi? demanda-t-il, pressé de la voir repartir.

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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Mer 17 Jan - 18:12

Si le regard très froid de Lenny laissait rarement deviner ce qu'il se passait dans sa tête, il ne fut pas moins troublé par le sous-entendu frivole d'Ezra, son sourire malicieux, son regard appréciateur. C'était assez nouveau. Le jeune homme lui avait déjà adressé quelques piques à l'interprétation ambivalente, mais elle était toujours incertaine. Là, il n'était pas permis de douter. Il lui avait clairement signifié qu'il le trouvait attirant au-delà de son costume. Mais Lenny cilla à peine. Il était une calamité pour qui cherchait à décrypter ses impressions en utilisant des moyens détournés. Tout semblait glisser sur lui comme s'il y était étranger. En réalité, il s'interrogeait. Il ne pouvait pas se poser mille questions et réussir à être expressif en même temps ! Pour quelle raison Ezra lui ferait-il soudain ce genre de remarque ? Pour l'humour ? Le plaisir de le mettre mal à l'aise ? Ça ne cadrait pas avec leur relation actuelle. Peut-être l'aimait-il vraiment bien et qu'il ne savait pas comment lui envoyer un indice autrement ? C'était le plus évident. Mais, avec le relationnel, Lenny se méfiait de l'évident. Les gens étaient rarement logiques. Il ne fallait pas s'emballer quand les paroles restaient dans le domaine de l'interprétation. De toute manière, il ne pouvait pas répondre grand-chose à cela. Il aurait pu essayer. Mais son temps de réaction avait laissé passer l'occasion. Il pourrait toujours renvoyer la balle un peu plus tard dans la soirée. L'alcool l'aiderait à prendre un peu plus d'initiative et, au pire, il aurait une excuse.

Leur conversation eut à peine le temps de s'amorcer que Jonathan venait les déranger. Pourquoi n'était-il pas aussi brillant en séduction qu'en destruction méthodique de ses ennemis ? Quand il s'agissait d'être cassant, les réponses fusaient. Mais pour renvoyer un compliment, saisir une occasion d'être agréable, il n'avait plus la moindre réplique au bord de la langue. Au moins, sa méchanceté réjouissait Ezra, qui lui proposa après cette désagréable interruption de s'éloigner des gêneurs. Malheureusement, il était écrit qu'ils n'auraient pas droit à la tranquillité ce soir. Après quelques moqueries très savoureuses autour de tous les costumes minables de la soirée, une jeune fille déguisée en pirate pouilleuse déboula devant eux et s'adressa à son ami avec un enthousiasme agaçant. Lenny lui laissa faire les présentation sans réagir. Il se contenta de fixer ladite Jessica de son éternel air absent. Il n'avait pas envie qu'elle reste là, il n'allait donc pas l'encourager à se sentir la bienvenue entre eux. L'hésitation qu'avait prise Ezra avant d'annoncer qu'elle était une amie l'y incitait d'autant moins. Évidemment, les collègues de travail étaient rarement de vrais amis. Mais, en observant le physique plutôt aguicheur de la jeune femme, Lenny en déduisait plutôt que son compagnon pouvait redouter une maladresse d'un autre genre en la désignant de cette manière. Il espérait peut-être une occasion d'aller plus loin avec cette Jessica, et la désigner comme une amie risquait de la détourner de lui. Ou, peut-être qu'il s'était passé quelque chose entre eux, et il était mal à l'aise qu'elle surgisse ici, maintenant et lui rappelle cette relation au mauvais moment. Mais pourquoi serait-il mal à l'aise ? Il avait peut-être réellement décidé de lui montrer son attirance après tout. Cependant, s'il voulait jouer sur deux tableaux avec cette fille, Lenny n'était plus du tout intéressé. Elle ne lui plaisait pas. Elle n'était certainement pas digne de lui en tant que rivale.

– Bonsoir, se contenta-t-il de répondre d'une voix plate.

Il fut cependant rassuré de constater que Ezra ne se donna même pas la peine de répondre à sa question. Il se retourna rapidement vers lui pour lui poser une question anodine, signe que cette fille ne l'intéressait pas du tout. Pour le moment en tout cas. Lenny pouvait de nouveau respirer et ravaler la haine qui commençait à monter en lui.

– J'ai plusieurs connaissances de soirées, mais personne que je puisse qualifier d'amis. Je suis venu parce que tu y serais. Les soirées costumées, ce n'est pas vraiment mon truc, se sentit-il obligé d'ajouter. Mais… Je me suis aussi dit que ce serait une occasion idéale pour…

Pour se voir dans un autre contexte que celui des bibliothèques impersonnelles et caves glaciales où il fallait entrer clandestinement pour utiliser la magie sans se faire repérer. Ils n'avaient finalement jamais pu passer un moment très détendu ensemble, une soirée où l'afflux de monde ne leur demandait plus de surveiller chacune de leur parole, chacun de leurs gestes. Oui, il espérait réellement que, s'il existait un peu plus que de l'amitié entre eux, une soirée comme celle-ci pourrait les aider à briser le mur infranchissable qui se dressait entre eux. Mais il ne pouvait pas le lui dire de cette manière. Comment faisait-on ce genre de déclarations ? Dans les livres et les films, tout se passait toujours dans un contexte idéal. L'occasion venait aux personnages. A vingt ans, lui n'avait toujours pas trouvé le mode d'emploi.

– … Te montrer quelque chose, acheva-t-il en voyant Teresa quitta la salle pour se diriger aux toilettes. Je pense que ça ne devrait plus tarder. Tu veux un autre verre ?

L'alcool calmerait son inquiétude. Il ne devait surtout pas redouter l'échec de son plan. Les démons n'étaient jamais fiables à 100 %, Ezra avait souvent insisté sur ce point. Il savait qu'il avait peut-être appuyé sur le fameux bouton rouge qui déclenchait un chaos irrémédiable. Mais il était trop tard pour reculer. Les minutes défilaient. Il essaya de faire passer le temps en relançant les commentaires moqueurs sur leur entourage, mais il était à moitié ailleurs. Pourquoi personne ne criait ? Pourquoi Teresa ne revenait-elle pas ? Une demi-heure passa. Soudain, enfin, une agitation fébrile se manifesta près de l'accès aux toilettes, et se diffusa peu à peu parmi l'assistance. Le nom de Teresa fut prononcer. On disait qu'elle n'était toujours pas sortie des toilettes, qu'elle ne répondait plus, puis que du sang coulait le long des rainures du carrelage, depuis la porte obstinément close. Lenny fendit nerveusement la foule en poussant le fauteuil de Ezra. Ces imbéciles qui s'amassaient risquaient de lui faire manquer la scène qu'il avait programmée. Il se mit à pousser les gêneurs avec encore moins de ménagement.

– J'ai le passe, espèces de crétins ! Bougez de là ! finit-il par mentir pour se positionner aux premières loges.

Avec une synchronicité parfaite, le verrou sauta et la porte s'ouvrit à la volée, en blessant le visage de tous les jeunes gens qui tambourinaient dessus. Le spectacle était digne d'un film d'horreur. La main de Lenny se serra sur l'épaule d'Ezra. Quoiqu'ait pu vivre Teresa, elle était dans un état de choc profond, assise sur les toilettes, les vêtements déchirés, les jambes écartées et trop barbouillées de sans pour que l'on pût voir son intimité distinctement, les lèvres tremblantes, le regard figé sur une réalité qui la dépassait, mais qui n'était clairement pas celle du groupe horrifié qui lui faisait face. C'était un mystère digne d'Agatha Christie. Digne aussi de mettre en rage les défenseurs du secret magique. Qui avait pu agresser la jeune fille depuis l'intérieur de la cabine ? Et, même si cela était arrivé en dehors, que Teresa avait eu la force de s'enfermer dans les toilettes ensuite, comment celle-ci avait-elle pu s'ouvrir en explosant à moitié ? Le démon n'avait pas été très fin sur ce coup, mais on pouvait dire qu'il avait un certain sens de la mise en scène. Lenny était fasciné. Il ne se sentait pas tout à fait à l'aise, maintenant qu'il était confronté à la réalité de son acte. C'était d'une cruauté atroce. Une fille qui se pavanait à peine une heure plus tôt, n'était plus qu'une ombre humaine qu'on essayait de relever pour l'évacuer en priant tout le monde de s'éloigner, de détourner le regard au plus vite. Il ne resta bientôt plus que Lenny et Ezra dans les toilettes, avec une poignée de curieux qui examinèrent un instant la cabine dans l'espoir d'y trouver un indice, avant de renoncer et repartir, la mine troublée. Lenny n'osait pas croiser le regard de son ami. Il savait qu'il avait très bien compris ce qui avait pu attaquer Teresa, mais il n'était pas certain d'être approuvé, à la fois pour son imprudence et pour sa cruauté implacable.

– Je la connaissais, finit-il par dire prudemment. Ce n'était pas vraiment une personne agréable. Quelqu'un d'autre ici aurait peut-être mérité davantage cette rencontre mais je devais faire avec ce que je connaissais pour leur offrir une animation digne d'une fête d'Halloween.

Il lui lança enfin un regard plus appuyé, un peu incertain, mais avec un regard timide qui émergeait. Il n'était pas juste, après tout, de laisser les démons à la porte d'une fête destinée aux monstres et revenants.

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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Jeu 29 Mar - 10:21

Jessica avait terminé un stage de deux mois au poste de police il y avait quelques semaines. Ezra avait vite remarqué son intention de se rapprocher de lui et l'avait tenue à distance. Elle n'éveillait aucun sentiment grandiose en lui, bien qu'il ne trouvait rien de particulier à lui reprocher. Les pensées du dieu étaient bien assez occupées avec Lenny sans s'encombrer des tentatives de charme d'une humaine. Il ne l'avait cependant jamais sèchement découragée. Être apprécié et admiré le flattait, et sa nature de dieu lui interdisait de refuser tout ce qui se rapprochait de l'adoration.

Ce soir, Ezra souhaitait voir disparaître Jessica au plus vite. Il l'avait poliment saluée, mais sans chaleur, avec une expression neutre et un regard plutôt sombre. Son faible pour être vénéré ne rivalisait aucunement avec celui qu'il avait pour faire souffrir les autres. Même s'il essayait de refouler le second, il s'y abandonnait quand on épuisait sa volonté de rester respectable. Jessica s'était montrée insistante, et le dieu s'était détaché de sa résistance à la noirceur qui l'habitait, au contact de Lenny. La jeune femme l'ignorait, mais elle risquait beaucoup à chacune de ses tentatives gênantes.

Il avait lancé à Jessica la question au sujet de ses amis en espérant utiliser la réponse à son avantage, soit en mentionnant qu'elle devait leur manquer, soit en soulignant qu'il était lui-même venu à la fête pour y passer du temps avec un ami en particulier. Il avait même amorcé un mouvement pour s'éloigner d'elle. C'était avec joie qu'il avait complètement détourné son attention de la jeune fille quand Lenny avait répondu comme si la question lui était adressée.

– J'ai plusieurs connaissances de soirées, mais personne que je puisse qualifier d'amis. Je suis venu parce que tu y serais. Les soirées costumées, ce n'est pas vraiment mon truc. Mais… Je me suis aussi dit que ce serait une occasion idéale pour…

Je suis venu parce que tu y serais. Le dieu eut du mal à écouter le reste de ce que disait son ami, se repassant quelques fois cette petite phrase.

– … Te montrer quelque chose. Je pense que ça ne devrait plus tarder. Tu veux un autre verre ?

-Avec plaisir. Et je suis très curieux de voir ce que tu as à me montrer.

Ezra remarqua que Jessica n'était plus dans son champ de vision et ne la chercha pas du regard. Bon débarras. Il n'aurait plus à lui sacrifier son attention.

Le dieu se garda bien de questionner Lenny sur cette «surprise» qu'il avait pour lui, décelant sa nervosité et préférant éviter de l'aggraver. Il sentait toutefois sa propre impatience monter à chaque minute à attendre la révélation. Même s'il détestait qu'on déplace son fauteuil, surtout sans permission, il fut soulagé quand Lenny le poussa avec empressement. Il en profita pour passer ses nerfs sur ceux qui les empêchaient de passer, utilisant la carte du «Vous barrez le chemin à un handicapé!» qu'il ne sortait habituellement qu'en des cas extrêmes.

Ezra ne put se retenir de sourire en voyant les imbéciles amassés trop près de la porte la recevoir violemment en plein visage. Ils l'avaient bien mérité. Son sourire s'éteignit à la vue de la jeune fille. La scène, d'une délectable atrocité, éveillait en lui une sensation de vertige longuement appréciée autrefois. Cette sensation qu'il évitait depuis de nombreuses années, s'étourdissant de frissons inoffensifs pour se distraire, le grisait d'une manière unique, inégalable.

L'état de la fille était presque assurément l'œuvre d'un être surnaturel. Les humains étaient capables d'une violence presque infinie, mais pas sans laisser de preuves dans ces circonstances.

– Je la connaissais. Ce n'était pas vraiment une personne agréable.

La voix de Lenny le sortit de son état extatique, proche de celui d'un junkie sous l'effet de la dose tant attendue. Ezra était resté immobile alors que les lieux se vidaient, le regard dans la vague, absorbé par la vision de la scène et tout ce qu'elle lui inspirait. L'évidence le frappa juste avant que son ami confirme sa conclusion: Lenny avait orchestré cette horreur. Il leva un regard troublé vers le jeune homme.

– Quelqu'un d'autre ici aurait peut-être mérité davantage cette rencontre mais je devais faire avec ce que je connaissais pour leur offrir une animation digne d'une fête d'Halloween.

Le dieu avait beaucoup observé les reflets magiques de Lenny en tentant de différencier le potentiel des certitudes. Les événements de ce soir confirmaient ses soupçons quant à la noirceur du jeune homme. Après tant d'années à fuir tout risque réel de succomber à ses penchants sombres, le dieu aurait dû saisir l'occasion de s'éloigner de la menace que représentait Lenny pour ce fragile équilibre qu'il essayait de maintenir, mais il s'en sentait incapable après l'effet qu'avait eu sur lui la terrible scène. Sa volonté avait été vaincue, et cette défaite ne soulevait aucune amertume en lui. Au contraire, elle le transportait.

Ezra agrippa la main de Lenny pour tirer le jeune homme vers lui et le força doucement à se pencher et à approcher son visage du sien. Un baiser dans ces circonstances, avec ce décor, manquait de romantisme et s'éloignait de ses plans de rapprochements. Mais la fête entière s'était révélée surprenante, et il ne serait pas le premier à manquer de délicatesse ce soir.

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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Lun 4 Juin - 18:05

Il s'était plusieurs fois demandé quel serait son sentiment après avoir libéré sciemment un démon sur quelqu'un. Il n'avait pas réussi à projeter la moindre horreur, ni culpabilité pour ce qu'il se préparait à faire. Tout était balayé par la satisfaction de réussir, de mener l'expérience jusqu'au bout, et satisfaire Ezra. Avec tout ce qu'il était censé maîtriser, à quoi bon rester dans la théorie ? Il pouvait le faire. Et s'il avait plutôt la raison morale de le montrer plutôt que garder toutes ses connaissances pour lui ? L'idée n'était-elle pas franchement triste ? Il ne se voyait pas passer sa vie à expliquer tout ce qu'il savait faire en théorie sans en avoir la certitude concrète, comme la plupart de ses imbéciles qui aimaient se vanter de leurs talents imaginaires, en se justifiant de ne pas avoir la possibilité de les démontrer. Il se représentait les ennuyeux « Je pourrais battre cette personne si facilement que je ne vais pas le faire », ou « Je pourrais être très doué en dessin mais ça ne m'intéresse pas assez pour m'en donner les moyens » avec tellement de mépris que l'idée de suivre leur chemin l’écœurait. Tant pis si la destruction de quelques vies était le prix à payer pour son intégrité personnelle. Alors, devant le genre de massacre qu'il avait provoqué, il ne se sentait pas particulièrement troublé. Mais il n'éprouvait pas pour autant la satisfaction prévue. Les choses se passaient comme elles le devaient, c'était bien. Une impression de vide assez abyssal le traversait, un vertige devant l'absurdité totale des choses qui l'entouraient. Ça n'était pas tellement réjouissant, sans doute parce que c'était une tragédie. Il se désespérait de ne pas réussir à y goûter dans un sens comme dans l'autre, comme s'il restait dans l'incapacité d'éprouver de l'effroi comme de l'euphorie. La seule chose qui le traversait encore était sa crainte d'être allé trop loin du point de vue d'Ezra.

Ce dernier le sortit de sa torpeur en attrapant sa main. Il était resté étrangement silencieux jusqu'à présent, dans un état que Lenny ne se sentait plus la capacité d'interpréter. Quand Ezra tira sur son bras, la surprise le poussa d'abord à résister. C'était assez inattendu, mais les intentions du jeune homme ne semblaient pourtant pas hostiles, au contraire. Il se relâcha doucement en devinant qu'il cherchait plutôt à l'embrasser, même s'il ne se laissa pas totalement faire avant de toucher ses lèvres. La raison première était sa difficulté à assimiler ce qui allait se passer, puis une peur presque étouffante devant la part d'inconnu qui se présentait à lui. Il avait déjà embrassé des garçons, mais pas dans les meilleures conditions possibles, avec des conséquences assez désastreuses de son point de vue, et pas depuis plusieurs mois. Et encore, il n'avait jamais embrassé personne aussi peu alcoolisé, ce qui était assez pitoyable à admettre. Néanmoins, il devança finalement l'initiative d'Ezra, avec une impatience presque incompréhensible quand il était resté tout ce temps à moitié éteint à ses côtés. Soudain, il décida d'envoyer au loin à peu près toutes ses réserves, et aussi d'ignorer situation plutôt inappropriée dans laquelle ils se trouvaient. Il embrassa avidement, sans doute un peu trop, mais il n'avait pas l'expérience nécessaire pour connaître la demi-mesure dans ce domaine. Comme Ezra restait assis, il finit par passer une jambe autour de son fauteuil pour être au plus près de lui, et termina aussi en position assise, ce qui était très inconvenant, mais qui s'en fichait actuellement ? Il avait totalement oublié le démon, la fille détruite psychologiquement, toute l'agitation autour d'eux et le sang dans lequel trempaient leurs chaussures.

Il ne s'était jamais senti aussi proche de quelqu'un. Ce n'était pas qu'une question de physique, Ezra n'était pas le caprice d'un coup de tête, il l'avait vraiment désiré et c'était parce qu'il était spécialement important que, bizarrement, il n'osait pas l'approcher. Mais, c'était devenu possible. Et ce n'était pas juste très agréable, c'était aussi émouvant de se presser contre le corps et les lèvres d'une personne qui comptait. Autant dire qu'il avait très chaud. Il n'avait pas tout à fait l'idée d'aller plus loin parce qu'il n'était pas en mesure de gérer cette situation, et que l'endroit ne s'y prêtait pas, alors il lui était douloureux d'interrompre ce moment. Surtout qu'il n'était pas certain que son cœur réussirait à le suivre s'il se redressait complètement sur ses jambes. Pourtant, il fallait passer à la suite, quelle qu'elle soit. Les bruits de la foule derrière la porte, et les pas de curieux décidés à venir voir la scène du crime l'aidèrent à se redresser aussi vivement qu'il s'était assis. Et maintenant venait l'instant de gêne horrible qu'il redoutait d'avoir à affronter. Ils ne pouvaient pas retourner dans la soirée comme si rien ne s'était passé. De toute façon, la soirée était annulée, la musique coupée, on poussait les convives vers la sortie. Allaient-ils se quitter comme ça ? Et sauraient-ils de quelle manière se retrouver ensuite ? S'il avait eu un appartement, il aurait certainement trouvé l'audace d'inviter Ezra à passer le reste de la soirée chez lui. Mais ce n'était pas le cas. Il pouvait tout au plus l'inviter à prendre un verre s'il ne prenait pas la même initiative. En même temps, s'il ne le faisait pas, est-ce qu'il vaudrait le coup de continuer à se parler entre quatre yeux ? Est-ce que ce n'était pas le signe qu'il regrettait peut-être leur acte ? Ou qu'il avait trouvé son empressement gênant et préférait le calmer ? Non, clairement, si Ezra ne lui proposait rien de plus intéressant que poursuivre la soirée dans un bar, il pouvait tout aussi bien prendre le métro pour rentrer chez lui et ravaler sa honte. L'esprit en plein flottement de pensées contradictoires et contrariées, il bredouilla :

– Je crois qu'on devrait filer…

Ezra l'approuva et ils se retrouvèrent bientôt dans la rue, au milieu des bavardages excités et désordonnés du reste des invités. Ils s'en éloignèrent d'un accord tacite et commencèrent les hésitations adolescentes des deux incapables sociaux qu'ils étaient « Bon… heu... » « Tu... » « Non, parle d'abord. », « Je pense qu'il va falloir rentrer », « Oui ». Silence. « Je peux rentrer en métro chez mes parents », finit-il par dire sans conviction. Et Ezra de répondre qu'il préférait prendre un taxi. Ça allait vraiment se terminer comme ça ? [color=#663399]« Je vais attendre le taxi avec toi »[color=#663399], proposa-t-il en priant pour que Ezra saisisse la perche. Et il le fit, à son presque soulagement. Il lui suggéra de monter dans le taxi s'il voulait, avec l'excuse d'avoir sans doute encore une bouteille à lui servir chez lui. Il ne rentrait plus à minuit précises de ses soirées depuis quelques temps. Sa mère avait fini par comprendre qu'il grandissait et qu'elle ne pouvait pas avoir une maîtrise sur toutes ses sorties. De toute façon, il éteignait maintenant toujours son téléphone pour la décourager d'essayer de l'appeler toutes les heures, et c'était certainement aussi mieux pour elle. Elle n'avait pas la possibilité de le joindre, donc elle pouvait se concentrer sur d'autres sujets d'inquiétude. Mais il restait une angoisse, la manière dont les choses se passeraient une fois chez Ezra. Cette attente était terrible, elle lui laissait presque le temps de regretter sa folie. Dans le taxi, il lui tint timidement la main, presque figé, comme s'il n'avait jamais laissé paraître une nature plus aventureuse quelques minutes avant.

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MessageSujet: Re: Halloween comme vous en rêviez [Ezra] Lun 26 Nov - 14:19

[Je tiens à rappeler que j'aime démesurément Lenny. Merci.]

Tezcatlipoca avait toujours été un dieu patient. Il ne réagissait pas impulsivement et laissait les événements se mettre en place pour ensuite mieux en profiter. Il poussait une personne dans une direction et s'abandonnait ensuite à autre chose, le temps que son influence ait eu un effet. Son règne sur le peuple qu'il avait volé à son frère avait été de courte durée, et l'humiliation de l'autre dieu avait d'abord paru minime, mais les conséquences avaient valu ses efforts. Les humains avaient assimilé la désobéissance, garantissant un chaos impossible à contenir pour le prochain souverain. Quetzalcoatl avait été ébranlé par son échec à résister au vice, au point de s'exiler. Le système social de Tula s'était effrondré. Voilà ce qu'on obtenait quand on le poussait à bout. Le peuple aztèque l'avait craint, mais pas suffisamment. Les sacrifices qu'on lui avaient faits ne rivalisaient pas avec l'adoration continue de tout un peuple. On lui avait offert si peu, malgré sa grande puissance. Toute insulte méritait une punition. Encore aujourd'hui, même après s'être investi dans l'idée de devenir bon, il avait gardé cette mentalité. Il jouait au gentil, mais il sévissait sans remord dès qu'il se jugeait en droit de le faire.

Les humains restaient à ce jour son divertissement préféré. Il ne s'était que peu lié aux autres dieux, même après leur arrivée en masse par la brèche magique entre les mondes. Les immortels n'avaient pas la même urgence que les humains; ils se croyaient invincibles. Même si on leur garantissait la longévité éternelle, les humains agissaient comme si leurs jours étaient comptés. Ils créaient avec une passion différente. Tezcatlipoca leur devinait une peur permanente, comme s'ils sentaient inconsciemment leur fragilité et leur valeur limitée. Après tant d'années parmi eux, il avait développé une sorte de don pour repérer les plus prometteurs. Et c'était sans compter ses facultés magiques dans ce domaine. Même en luttant pour s'éloigner de son ancienne vie, il avait souvent tiré quelques ficelles et observé les conséquences. Il s'éloignait habituellement vite du chaos qu'il avait créé et recommençait à se battre contre sa nature. Répétant toujours le même cycle, il alternait les périodes de lutte douloureuse et de demi-abandon coupable. Il ne gagnait ni ne perdait jamais complètement.

Avec Lenny, l'attrait était trop fort. Il n'avait pas juste joué à le provoquer. Il s'était investi. Longtemps. Assis dans le taxi, la main dans celle du jeune homme, il réalisait qu'il était tombé dans un piège qu'il s'était lui-même tendu. Il avait arrêté de traiter Lenny en humain, en représentant d'un peuple qui devait l'adorer ou le craindre, selon son état d'esprit. Ce soir, lors de la petite représentation organisée par le sorcier, il avait été profondément bouleversé. Les humains ne lui faisaient pas cet effet, habituellement. Il osait croire qu'après des siècles à les côtoyer, il ne venait pas tout juste de rencontrer le seul humain spécial. Mais il s'agissait peut-être de celui dont il avait besoin depuis très longtemps, et qui arrivait au bon moment. Le chemin qu'avait pris leur relation lui offrait une chance de se détacher de la dualité entre son destin et celui de son frère sans aller contre son besoin de faire le mal. Cette soirée venait de lui faire lâcher prise sur le cycle duquel il était prisonnier depuis des siècles. Il était prêt à traiter un humain en égal, ce qui l'éloignait de tout ce qu'il avait connu. C'était une solution effrayante et excitante.

Comme Lenny était déjà venu chez lui, l'inviter pour un dernier verre ne parut presque pas lourd de propositions. Ezra lui servit même quelque chose à boire à leur arrivée. Il ne toucha pas à son propre verre, l'abandonnant à côté de la bouteille. Il avait passé tout le trajet dans un état second, essayant de retrouver ses esprits. Il n'avait pas su reprendre la parole de manière fluide et réalisait maintenant qu'il avait peut-être effrayé son ami.


-Lenny, ce que tu as fait à la fête était… Je suis impressionné. Je te pense capable d'accomplir de grandes choses… Tu es une personne fascinante et je...

Il avait pris sa main en lui parlant et la caressait doucement. Il n'arrivait pas à mettre en mots ce qu'il ressentait. Il n'en était pas à sa première relation, mais celle-ci promettait une nouveauté comme il ne se souvenait pas en avoir connu. On était loin des déclarations d'amour un peu théâtrales qu'il avait l'habitude de faire pour qu'on s'attache à lui avant de s'investir réellement.

-Je ne suis pas doué pour bien exprimer ce genre de choses, mais mon intérêt pour toi est spécial.

Ezra se tut et tira légèrement sur la main de Lenny pour l'inviter à se rapprocher de lui. Il était prêt à reprendre ce qu'ils avaient mis sur pause à la fête et avait l'impression que son envie était partagée. Il avait évidemment envisagé ce type de rapprochements avant ce soir; Lenny l'avait attiré dès le début. Il s'était toutefois d'abord concentré sur son potentiel magique, puis sur leur amitié. Ensuite, toutes les raisons avaient semblé bonnes pour repousser cette conclusion. Il était maintenant clair pour lui que la peur l'avait retenu dès le moment où il avait senti une particularité dans leur relation. Aujourd'hui, il n'avait pas cessé d'être effrayé, mais ses raisons avaient changé. Il acceptait de sombrer.

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